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Commun-Commune. Penser la Commune de Paris (1871)
Dupeyron Jean-François
KIME
29,00 €
Épuisé
EAN :9782841749959
Cet ouvrage renvoie tout d'abord les "légendes" de la Commune à leurs insuffisances et à leur rapport biaisé aux faits. Puis il examine, sans préférence affirmée, la pensée des actrices et des acteurs, en s'efforçant d'en restituer aussi fidèlement que possible la pluralité. Trois principales conceptions de la Commune se combinèrent souvent au sein du mouvement pour définir celle-ci : soit comme un simple conseil républicain garant des franchises municipales de Paris, soit comme un gouvernement révolutionnaire central de la France, soit comme le complément politique des organisations de travailleurs dans la restructuration socialiste de la société. Pour ne pas réduire la Commune à un appendice meurtrier du passage de l'Empire à la République d'ordre, il faut réhabiliter la révolution théorique inachevée et la quête d'une alternative à la République bourgeoise qui mirent une population en mouvement autour de ces trois axes politiques. Dans cet esprit, la modeste mais ferme ambition de cet ouvrage est de contribuer à l'exploration de la philosophie politique et des pratiques politiques qui circulèrent dans le Paris libre du printemps 1871 et qui, aujourd'hui encore, portent des enseignements pour les révolutions contemporaines du Commun.
Cet ouvrage propose un travail pluridisciplinaire d'exploration de la question de l'expérience de bien-être et/ou de mal-être des élèves en proposant de revenir au singulier, à l'intime, à la qualité d'être, à la vie humaine et à sa difficile recherche de sens. La question du bien-être étant en effet très idéologisée aujourd'hui, les auteurs ont uni leurs efforts pour penser cette question " à hauteur d'enfant ". L'insertion d'interchapitres ajoute ainsi des illustrations concrètes aux préoccupations plus théoriques de certaines analyses. Un lexique des concepts principaux est disponible en fin d'ouvrage pour aider le lecteur à se repérer dans les différents sens des concepts de bien-être, de qualité de vie, etc. Bénédicte Courty est maître de conférences en psychologie. Ses travaux s'organisent autour d'un axe majeur constitué par la psychologie des émotions et par l'étude de ses relations avec d'autres dimensions telles que la motivation, le bien-être, la qualité de vie, la satisfaction personnelle et professionnelle/scolaire (problématique du stress et de l'épuisement professionnel).
Montaigne a été beaucoup lu ; il a été plus encore commenté, et bien plus encore cité de façon morcelée. Le travail qui est présenté dans cet ouvrage n'a pas pour vocation d'ajouter quoi que ce soit d'important à ce légitime fourmillement de commentaires. Il se propose modestement d'examiner un point précis de l'oeuvre montanienne - ses propos sur les Indiens et sur les "Cannibales" du Brésil - et d'enquêter sur les "raisons" qui ont incité Montaigne à écrire ce qu'il a écrit à leur sujet. Le verbe "enquêter" est ici important : il suppose que la liberté des commentaires soit momentanément supplantée par l'effort de rigueur dans l'établissement des données. Cet effort porte sur plusieurs motifs de recherche : les sources et leur fiabilité des témoignages, la situation de Montaigne, son processus d'écriture etc. Le travail que cet ouvrage possède ne s'intéresse donc pas pour l'essentiel au sens du texte montanien, mais plutôt à l'histoire singulière de la production de ce sens, de ce sens et pas d'un autre, donc. Une "rumeur savante" perdure d'ailleurs autour de la validité de l'idée, chère à Lévi - Strauss, d'un "Montaigne précurseur des anthropologues" et fin connaisseur de la réalité sociale des Indiens Tupinambas dont il parle dans les Essais. Pour examiner cette idée, alors que d'ordinaire nous nous intéressons au Brésil de Montaigne, c'est-à-dire au sens de ses propos sur le Nouveau Monde et sur ses "Cannibales", c'est plutôt sur les traces du "Montaigne du Brésil" que cette enquête lance son investigation, sur la piste de ce que ses propos révèlent de sa façon d'écrire et de penser. C'est donc à une reconstitution de l'acte d'écriture philosophique que cette enquête se consacre, Alors que bon nombre de commentaires voient dans le chapitre XXXI du livre premier des Essais (" Des cannibales ") un texte fondateur pour l'image européenne du "bon sauvage", l'enquête sur son processus de production exhibe un processus d'écriture plus complexe, dans lequel des souvenirs de lecture et des rumeurs ont tenu lieu de "connaissance" et d'informations" des Indiens. En fait Montaigne ne savait rien des "cannibales" et n'a pas grand-chose d'un "précurseur" des méthodes en anthropologie. Ce constat, bien loin d'invalider les lignes qu'il leur consacra, fait d'autant mieux ressortir son positionnement philosophique humaniste et le fait que les Essais ont su dire quelque chose d'essentiel : le barbare n'est pas celui que l'on croit... Philosophes, anthropologues, historiens, amoureux des lettres, trouveront dans cette étude matière à découvrir ou à redécouvrir un Montaigne plus complexe qu'on ne le dit d'ordinaire.
En Occident, la relation adulte/enfant a longtemps été structurée par des liens de domination, au sein d'une tradition assignant clairement leur place aux enfants. Dans ce cadre posé comme " naturel ", seuls les excès dans l'exercice de l'autorité parentale ou dans l'imposition de la discipline éducative pouvaient faire çà et la l'objet de critiques. Mais pas les principes mêmes de cette autorité et de la soumission des enfants à l'ordre des adultes. Naïvement, nous croyons aujourd'hui que ce rapport de domination aurait changé avec la modernité et qu'aujourd'hui l'enfant serait pleinement reconnu comme un sujet porteur de droits, dont la personnalité serait d'emblée mise en avant dans les protocoles éducatifs. Mais l'examen de nos idées sur l'enfance révèle une situation plus complexe... Ce livre n'est pas un manuel d'éducation. Il propose simplement au lecteur l'étude des représentations de l'enfance et de certaines de leurs conséquences éducatives, en espérant que chacun pourra reconnaître çà et là, dans les idées des philosophes, ses propres conceptions plus ou moins implicites.
Cet essai de philosophie, d'anthropologie et d'histoire de l'éducation vise à outrepasser le duo classique entre public et privé pour proposer modestement des pistes en vue d'une école des communs, entendue comme une troisième voie permettant de reconstruire ou de réinventer la forme scolaire.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.