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TOLAND ET LEIBNIZ L INVENTION DU NEO-SPINOZISME
DAGRON
VRIN
34,00 €
Épuisé
EAN :9782711621682
Cette étude prend pour point de départ l'échange entre Leibniz et Toland (1701-1702) sur la religion naturelle, la réflexion, l'immortalité de l'âme et la nature de la substance. Ce débat est à l'origine des célèbres Lettres à Serena (1704). Dans sa confrontation avec Toland, qui constitue un moment charnière de la genèse des Nouveaux essais, Leibniz discute les thèses de Locke sur la réflexion et rédige pour l'occasion sa Lettre sur ce qui passe les sens et la matière, où il entreprend d'inscrire la topique des connaissances, exposée dans ses Méditations de 1684, dans l'architectonique du Système nouveau. John Toland est connu pour avoir soutenu, dans ses Lettres, que "la matière est aussi essentiellement active qu'elle est étendue", de même que pour son projet d'une philosophie "panthéiste". Souvent interprété comme un simple gauchissement matérialiste de la pensée de Spinoza, ce panthéisme trouve au contraire son origine dans une critique de la doctrine spinoziste et cartésienne de l'attribut. Tirant la leçon de la réforme leibnizienne de la notion de substance, mais aussi des controverses contemporaines sur le dynamisme newtonien et la métaphysique de la participation (Henry More, Anne Conway et Georg Wachter), Toland livre une série d'arguments et de thèses originales, qui marqueront de manière décisive la pensée des Lumières.
Comment penser l'être ou la nature indépendamment de la figure de l'ordre ou du monde ? On pourrait caractériser par cette question le défi philosophique de Giordano Bruno. On sait qu'il conduit à une cosmologie infinitiste qui en constitue le versant le plus spectaculaire et le mieux connu. Le travail qui est ici présenté propose une autre voie, centrée autour de la pensée de l'"être un et infini" élaborée par Bruno dans le De la causa, qui constitue le noyau théorique de sa philosophie. Bruno propose une interprétation "dialectique" du discours métaphysique qui fait procéder les formes d'évidence et d'analogie de l'activité figuratrice de la raison humaine. Si, selon une formule célèbre, le philosophe est un peintre et un poète, cela signifie que ces règles de la pensée ne sont en aucun cas une grammaire de l'être : elles sont des instruments de figuration de l'être infini et univoque dont il s'agit de saisir tout à la fois la fécondité et les limites.
Qu'il soit aujourd'hui accepté dans ses significations les plus subversives ou que l'on débatte de son contenu réel, le concept de "Lumières radicales" s'est imposé dans les études historiographiques sur le XVIIe et le XVIIIe siècles: au maximum, comme un concept opératoire déjà mis en ?uvre avec succès ou, minimalement, comme un objet d'interrogation et de discussion entre chercheurs. Tout le monde s'accorde sur l'existence d'une "radicalité" au c?ur des Lumières. C'est sur le sens, le statut et l'histoire de cette "radicalité" plus ou moins clandestine que s'interrogent les différentes études qui composent cet ouvrage, ainsi que sur la continuité ou les ruptures caractéristiques de l'émergence des pensées et des mouvements contestataires depuis le milieu du XVIIe siècle. Existe-t-il un seul et même mouvement unitaire de la libre pensée au début de l'ère moderne? Quelle place attribuer au libertinage érudit vis-à-vis de ce qui deviendra les Lumières "radicales"? Le panthéisme, qui apparaît comme une position majeure du combat des Lumières radicales, enveloppe-t-il un athéisme lui-même radical ou n'exprime-t-il que le fond inavoué voire la vérité même de toute religion? A la lumière des différentes études qui composent cet ouvrage, c'est la multitude des "radicalités" (dans les contenus, les méthodes, les principes, etc.) qui s'impose.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.