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UNITE DE L'ETRE ET DIALECTIQUE L'IDEE DE PHILOSOPHIE NATURELLE CHEZ GIORDANO BRUNO
DAGRON
VRIN
46,00 €
Épuisé
EAN :9782711614134
Comment penser l'être ou la nature indépendamment de la figure de l'ordre ou du monde ? On pourrait caractériser par cette question le défi philosophique de Giordano Bruno. On sait qu'il conduit à une cosmologie infinitiste qui en constitue le versant le plus spectaculaire et le mieux connu. Le travail qui est ici présenté propose une autre voie, centrée autour de la pensée de l'"être un et infini" élaborée par Bruno dans le De la causa, qui constitue le noyau théorique de sa philosophie. Bruno propose une interprétation "dialectique" du discours métaphysique qui fait procéder les formes d'évidence et d'analogie de l'activité figuratrice de la raison humaine. Si, selon une formule célèbre, le philosophe est un peintre et un poète, cela signifie que ces règles de la pensée ne sont en aucun cas une grammaire de l'être : elles sont des instruments de figuration de l'être infini et univoque dont il s'agit de saisir tout à la fois la fécondité et les limites.
Cette étude prend pour point de départ l'échange entre Leibniz et Toland (1701-1702) sur la religion naturelle, la réflexion, l'immortalité de l'âme et la nature de la substance. Ce débat est à l'origine des célèbres Lettres à Serena (1704). Dans sa confrontation avec Toland, qui constitue un moment charnière de la genèse des Nouveaux essais, Leibniz discute les thèses de Locke sur la réflexion et rédige pour l'occasion sa Lettre sur ce qui passe les sens et la matière, où il entreprend d'inscrire la topique des connaissances, exposée dans ses Méditations de 1684, dans l'architectonique du Système nouveau. John Toland est connu pour avoir soutenu, dans ses Lettres, que "la matière est aussi essentiellement active qu'elle est étendue", de même que pour son projet d'une philosophie "panthéiste". Souvent interprété comme un simple gauchissement matérialiste de la pensée de Spinoza, ce panthéisme trouve au contraire son origine dans une critique de la doctrine spinoziste et cartésienne de l'attribut. Tirant la leçon de la réforme leibnizienne de la notion de substance, mais aussi des controverses contemporaines sur le dynamisme newtonien et la métaphysique de la participation (Henry More, Anne Conway et Georg Wachter), Toland livre une série d'arguments et de thèses originales, qui marqueront de manière décisive la pensée des Lumières.
Presque toute l'histoire de Constantinople se résume et se concentre dans son hippodrome, le plus romain de ses édifices: d'abord un monument de la vie citadine parmi d'autres, aux IVe siècle, il devient, aux Ve-VIe siècles et jusqu'à la prise de la ville par les croisés en 1204, la matrice d'une culture authentiquement populaire et un pôle de la vie politique. C'est moins à cette longue histoire et à ses prolongements légendaires qu'à la dynamique et la symbolique des jeux que s'intéresse ici Gilbert Dagron. Dépourvues en elles-mêmes de contenu social mais servant à l'expression d'affrontements de tous ordres, les courses donnent lieu à une étonnante confrontation entre un pouvoir célébré dans sa toute-puissance et un peuple porteur de légitimité. La rivalité des "rouleurs", les Bleus et les Verts, dans l'hippodrome et parfois en dehors, se charge en effet de sens multiples, à la fois politiques, sociaux et religieux. Si les courses, déjà "laïcisées" à Rome même, sont condamnées par l'Eglise comme "païennes", c'est parce qu'on y redécouvre de vieux rituels sous-jacents et qu'elles exaltent, dans la Nouvelle Rome chrétienne, une religion de l'Empereur chrétien qui n'est pas tout à fait celle des clercs. Mais derrière l'indignation des chrétiens les plus ardents, il faut lire une fascination qui leur fait voir toutes sortes d'analogies et d'oppositions entre l'hippodrome et l'église, entre les courses et la liturgie.
Alors que les Français sont sensibilisés au risque du sida, le virus et ses modes de contamination restent encore largement méconnus d'une part de la population : les 100 000 sourds profonds de naissance. Ce constat inacceptable est le point de départ d'une recherche sur l'épidémie de sida au sein de la population sourde, dont cet ouvrage rend compte. Mais ce livre va plus loin. Au-delà de la question du sida, il ouvre un débat plus vaste sur les Sourds et la santé. Manque d'informations, difficultés d'accès aux soins, absence d'écoute... c'est l'inadéquation de notre système de santé aux besoins des personnes sourdes qui se trouve ici révélée. Pour " garantir un droit égal à la santé pour tous, dans le respect de la différence de chacun ", cet ouvrage explore de nouvelles pistes, comme celle expérimentée à l'hôpital de La Salpêtrière (accueil et soins en langue des signes). Emergence de nouveaux dispositifs, de nouvelles pratiques, impulsion de politiques de santé adaptées à la diversité de la population... sont autant de signes d'un changement des mentalités. En s'inscrivant dans cette perspective, ce livre participe du débat sur les évolutions nécessaires de nos services publics.
428 est une année sans presque autre événement mémorable que la chute du royaume d?Arménie, perdu aux confins d?un Empire romain déclinant. Pourtant, cette année ordinaire est loin d?être une année sans histoire : rien n?est fait, rien n?est joué, tout est en train de se faire. Le paganisme s?étiole avec panache, plusieurs fonctionnaires civils et beaucoup de commandants militaires ont des noms qui quelques années auparavant auraient semblé barbares. Les temps changent, imperceptiblement : le crépuscule de l?Antiquité devient l?aube du Moyen Âge.Giusto Traina propose un tour du monde romain en 365 jours, où le lecteur découvre villes, palais, monastères, et surtout, à côté des grands noms comme Saint Augustin, Théodose II, ou le roi des Vandales Genséric, les figures peu banales et hautes en couleur du Sarrasin al-Mundhir, du Copte Chenouté ou encore de l?extraordinaire Galla Placidia, qui fut successivement épouse d?un roi barbare, impératrice d?Occident, et enfin reine mère du jeune Valentinien III.Giusto Traina est historien et professeur d?histoire romaine à Sorbonne Université.Traduit de l?italien par Gérard Marino.Notes Biographiques : Docteur en histoire de l'art (Paris 4, 1986). Professeur d'histoire romaine à l'Université de Lecce, Italie, et professeur associé d'histoire ancienne à l'Université de Paris 8 (en 2006).
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.