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L ANIMAL SELON CONDILLAC UNE INTRODUCTION AU TRAITE DES ANIMAUX
DAGOGNET
VRIN
8,50 €
Épuisé
EAN :9782711616848
Nul ne lira un Traité aussi surprenant que le Traité des animaux de Condillac publié en 1755, un an après le Traité des sensations. Dans un premier temps, il s'agit pour Condillac de sauver son propre système : puisque la sensation définit la base de la connaissance et du psychisme, comme l'animal en bénéficie (il voit comme nous), il faut lui réserver ce que l'homme en retire, et en conséquence, écarter les théories qui rabaissent l'animal (réduit à une pure machine). Le second moment institue la comparaison entre l'homme et l'animal et défend l'idée d'une continuité entre eux : l'animal est susceptible de juger, de penser, de représenter, etc. C'est grâce au langage (les signes d'institution) que l'homme va pouvoir prolonger et dépasser l'animalité qui ne peut tabler sur des signes naturels - cris et gestes faiblement communicatifs. Il faudra un long temps pour que soit emprunté pareil chemin (les Lorez, les von Frisch entre autres) et encore ces biologistes ne sont-ils allés qu'à la moitié du parcours condillacien. Le Traité des animaux est donc un texte prémonitoire et décisif : il n'est plus nécessaire d'abaisser l'animal, afin d'élever l'homme, cesse l'opposition entre eux.
Cet ouvrage, initialement publié sous le titre Nature en 1990, ici augmenté d'une communication de Georges Canguilhem, La question de l'écologie, est toujours d'actualité. Le mot de " nature " recouvre tellement de sens qu'il finit généralement par inclure le même et son contraire. De plus, chaque siècle l'a transformé et surchargé de problèmes spécifiques ou de fonctions nouvelles, ce qui ajoute à l'indéfinissable. Nous tenterons de démêler cet écheveau tant notionnel qu'historique. Le philosophe doit d'autant plus s'attacher à ce thème carrefour qu'il se situe à la rencontre de nombreuses disciplines : la théologie, la morale, la science, le droit, l'art. Nous en appellerons d'ailleurs à toutes. Il va de soi que nous ne pouvons pas, aujourd'hui, ne pas aborder les problèmes de l'écologie et de l'environnement parce que le monde moderne, c'est-à-dire industrialisé, se réclame d'une " nature à préserver ", afin de nous sauver de la pollution et même de l'asphyxie. La nature tient alors un rôle purificateur, défensif. Ce livre s'est d'abord voulu une spectrographie : suivre l'idée de la nature et ses fonctions, depuis son avènement chez les Grecs. Ensuite il s'emploie à réfuter " le naturalisme ", mythe dangereux, envahissant, séduisant même. Il tente de lui dérober ce qui fascine en lui, afin de lui enlever sa raison d'être et ainsi de nous en garder. Bref, il propose un point de vue à la fois panoramique et critique.
L'automatisation des tâches, le remplacement et la transformation des support ont bouleversé l'antique problème de la moisson des données, celui de la Mémoire culturelle. Il ne suffit pas de collecter, il faut classer et soumettre à une grille d'appréhension, qu'on ne cesse pas d'affiner, toutes les informations recueillies. Après quoi, de cette savante " mise en forme " jailliront des conclusions : ce traitement qualificatif permet déjà de régénérer le savoir. A partir d'exemples, l'auteur tente de dégager et d'illustrer ce " triplet " a) enregistrer ou capter ; b) concentrer et organiser et c) améliorer et transfigurer des messages. L'art lui-même est touché, autant que la science ou la société, par cette méthode générale de la Collection. Ainsi, le Musée, malgré ses détracteurs, ne sert pas à récapituler le passé, mais précisément à empêcher son retour, à indiquer les chemins explorés qu'on ne peut plus emprunter. S'il nous montre la vie étincelante d'hier, il nous incite moins à la ressusciter qu'à la prolonger. Finalement cette discipline, qui crée de l'information à partir d'elle-même, rassemblée et ramassée, est appelée à tout révolutionner, autant le savoir que la vie des hommes. On s'est appliqué à ne pas trop manquer ce rendez-vous avec la modernité.
On a tenté de dresser le tableau des caractéristiques multiples, changeantes et souvent contradictoires de la matière, afin de réouvrir le procès qu'on lui a toujours intenté : ainsi, ou bien elle s'offre à toutes les influences qu'elle subit, d'où sa passivité et son inconsistance, sa non-substantialité, ou bien elle résiste, mais on lui reprochera son insensibilité et sa ténacité obtuse. Corrélativement, on a voulu reprendre les analyses argumentées des philosophes à son sujet : celles des Anciens (Platon, Aristote, Epicure et Lucrèce), celles de l'âge classique (principalement les Cartésiens), celles du monde du XVIIIe (les Newtoniens), celles des modernes (le matérialisme dialectique même), sans oublier celles de ceux qui ont cru l'atteindre à travers des expériences-limites du moi, dans la résistance à l'effort, au cœur de l'oubli ou de l'habitude. Troisième moment de l'analyse, on a souhaité mettre en lumière comment la technologie des actuels matériaux, de même que l'art le plus contemporain, renouvelaient entièrement la conception du substrat. Une révolution s'accomplit sous nos yeux : l'histoire au présent des sciences expérimentales et la métamorphose de la plasticité permettent d'en prendre la mesure. Du coup, on ne peut plus reprendre les vieux énoncés du réquisitoire. Deux conséquences s'en dégagent : outre l'urgence de ce que nous appelons la " rematérialisation ", la -guerre sans merci qu'on déclare ouvertement ici à l'un des piliers de la métaphysique, le dualisme qui éloigne l'une de l'autre, pour de nombreuses raisons, l'intellectualité et la matérialité. On apprend au contraire à les lier inséparablement. Comment envisager cette possible réconciliation ?
Ce livre traite de l'image, mais aussi, plus généralement, de la copie, du double, de la représentation, du calque, du sosie... La philosophie, à juste titre, a mis en garde contres ces si dangereux reflets. Ne doit-on pas préférer ce qui est à ce qui l'imite ou le mime ? Méfions-nous des leurres ! Cependant, on est revenu sur cette séculaire et injuste condamnation. La technologie moderne a peu à peu sauvé celle qu'on avait trop infériorisée et éloignée. Et quelle victoire ! L'image numérique, donc celle de synthèse, l'arrache à une servitude que les philosophes classiques et même plus modernes avaient scellée. L'électro-optique, la tomodensitométrie (scannographie), l'holographie, entre autres, multiplient les prouesses libératrices. Dans le passé, la photographie, voire la radiographie avaient déjà ébranlé les anciennes positions. La guerre commençait. L'imagerie déferle donc, ainsi que l'industrie noire des contrefaçons, des plagiats, des pseudo-répliques, du pastiche. Les trucages et la fraude. Mais où situer aujourd'hui le vrai et le faux ? Comment distinguer le modèle et son équivalent ? Les vieilles frontières, comme on le montrera, s'estompent. Quel branle-bas et quelle fête aussi ! On a voulu prendre acte de cette nouveauté. Hâtons-nous, malgré le danger de nous y perdre, d'engager la philosophie que nous croyons réticente dans ce tourbillon.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.