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CONSIDERATIONS SUR L'IDEE DE NATURE
DAGOGNET
VRIN
22,00 €
Épuisé
EAN :9782711610358
Cet ouvrage, initialement publié sous le titre Nature en 1990, ici augmenté d'une communication de Georges Canguilhem, La question de l'écologie, est toujours d'actualité. Le mot de " nature " recouvre tellement de sens qu'il finit généralement par inclure le même et son contraire. De plus, chaque siècle l'a transformé et surchargé de problèmes spécifiques ou de fonctions nouvelles, ce qui ajoute à l'indéfinissable. Nous tenterons de démêler cet écheveau tant notionnel qu'historique. Le philosophe doit d'autant plus s'attacher à ce thème carrefour qu'il se situe à la rencontre de nombreuses disciplines : la théologie, la morale, la science, le droit, l'art. Nous en appellerons d'ailleurs à toutes. Il va de soi que nous ne pouvons pas, aujourd'hui, ne pas aborder les problèmes de l'écologie et de l'environnement parce que le monde moderne, c'est-à-dire industrialisé, se réclame d'une " nature à préserver ", afin de nous sauver de la pollution et même de l'asphyxie. La nature tient alors un rôle purificateur, défensif. Ce livre s'est d'abord voulu une spectrographie : suivre l'idée de la nature et ses fonctions, depuis son avènement chez les Grecs. Ensuite il s'emploie à réfuter " le naturalisme ", mythe dangereux, envahissant, séduisant même. Il tente de lui dérober ce qui fascine en lui, afin de lui enlever sa raison d'être et ainsi de nous en garder. Bref, il propose un point de vue à la fois panoramique et critique.
Deux opérateurs - le nombre et le lieu - se trouvent à l'origine de l'essentiel de notre culture, du devenir des sciences expérimentales, des techniques, des arts, des villes et même de la vie civile des citoyens. Le nombre - un mot peut-être mal choisi - signifie ici la quantité et le lieu renvoie là où tout se concentre (l'opposé de la dispersion). Est sans cesse réfutée la philosophie - tout particulièrement celle de Jean-Jacques Rousseau - qui prône le non-enfermement, la singularité, le non-enracinement, le vagabondage ou même le vécu émotionnel. Est examinée en détail l'importance des deux facteurs, précédemment cités, qui se renforcent l'un l'autre ; sont mis en évidence les bienfaits des rassemblements, aussi bien ceux des objets que des êtres en général ou même des individus, aussi bien le pouvoir des Institutions (Musées, Archives, Hôpitaux, Bibliothèques, Banques de données) que celui des techniques diverses du ramassage, de la collecte et de la concentration. Il convient, en conséquence, de s'initier à la logique distributive, à celle qui comprime et transmet, ou à la technique ordinatrice qui promeut aussi l'invention mais à travers l'inventaire.
Une approche plurielle Une instrumentation pratique Un index, des clés et repères permettant une maîtrise immédiate des notions et des auteurs. Une problématique soutenue L'évolution de la technique se caractérise par une succession d'inventions dont certaines marquent une étape fondamentale de l'histoire du monde, de l'horloge mécanique au XVIIe siècle à l'électronique et la biotechnologie au XXe siècle. Cependant, bien qu'indissociable de l'idée d'essor de l'humanité, elle suscite maintes critiques et réactions technophobes. Ce livre, qui recherche les causes d'une telle hostilité, tente de saisir l'essence même de la technique, savant mélange de théorie et d'ingéniosité mécanologique. Il y sera mis en évidence la manière dont la technique travaille à renouveler le monde, à nous délivrer de la servitude, à favoriser une universalité culturelle et à substituer au savoir-faire empirique une science des machines et des matériaux. On reviendra sur les défaillances de nos réalisations modernes (Tchernobyl...), plus pour dénoncer la déficience des structures sociales et morales qui en sont la cause que pour démontrer les dangers du progrès, car technique et éthique ne se disjoignent pas. Un outil didactique et préparatoire Un cours structuré regroupant l'essentiel des savoirs. Une liste sélective des sujets proposés ou susceptibles de l'être. Des sujets traités : problématiques, organisation des acquis. Les références bibliographiques essentielles renvoi à la bibliographie fondamentale.
Il existe une vie des formes, qui, si elle ne possède pas une autonomie absolue, n'est toutefois pas qu'un simple reflet passif des évolutions de la société mais un acteur essentiel de celles-ci : telle est la thèse originale que développe François Dagognet dans cet essai, paru pour la première fois en 1975. L'auteur y montre comment, au XVIIIe siècle notamment, se constitue, en rapport direct avec la révolution intellectuelle des Lumières et l'émergence d'un nouveau classicisme dans les arts, une nouvelle vision de l'espace, c'est-à-dire une nouvelle manière de l'occuper, de le délimiter et finalement de le construire. L'analyse met à jour le double rôle joué par l'espace, virtualité où l'infini des formes nouvelles prend sa source : " celui de miroir grâce auquel une culture se lit, se révèle, mais aussi celui qui précipite une révolution. Il reproduit et il produit ". L'espace contient toutes choses puisque ce n'est que par la forme que les choses s'attribuent dans l'espace, qu'elles deviennent des choses. Ainsi F. Dagognet parvient-il, tout au long de cet ouvrage, à discerner dans le tracé des routes, dans les plans de transformation des villes, dans l'architecture des monuments et dans les perspectives nouvelles adoptées par les peintres et les sculpteurs, toutes les innovations qui furent à l'origine des bouleversements du XVIIIe siècle, autant, voire davantage, que ne le furent les livres et les idées des philosophes.
Ce livre s'emploie d'abord à déchiffrer des traces, des lignes, des figures naturelles, ensuite à tirer des règles générales de compréhension afin de fonder une science morphogénétique. Un paysage en devient un problème. Il ne se cantonne pas dans la seule géologie critique. Il s'attache à montrer les ressources offertes par une science de l'espace, c'est-à-dire l'études des étalements, des rencontres et des distributions. La projection sur le sol des données peut les éclairer. Plus, la psychologie, la maladie mentale ont elles-mêmes bénéficié de cette optique topographique, parce que les hommes ne se conçoivent qu'à travers les réseaux et les emplacements qui les définissent. L'espace n'est plus un cadre ou un contenant, mais un opérateur décisif d'analyse et de constitution. Le savant gagne à se situer en des points-centres ou noeuds qui autorisent une lecture synoptique, de même que les groupes se doivent d'explorer, voire de modifier les positions de leurs éléments, ainsi que les liens qui les joignent. Cette néo-géographie va d'une science du paysage et des indices à l'examen des rapports souterrains, des chemins insoupçonnés et des communications sociales.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.