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PHILOSOPHIE DE L'IMAGE
DAGOGNET
VRIN
39,00 €
Épuisé
EAN :9782711608430
Ce livre traite de l'image, mais aussi, plus généralement, de la copie, du double, de la représentation, du calque, du sosie... La philosophie, à juste titre, a mis en garde contres ces si dangereux reflets. Ne doit-on pas préférer ce qui est à ce qui l'imite ou le mime ? Méfions-nous des leurres ! Cependant, on est revenu sur cette séculaire et injuste condamnation. La technologie moderne a peu à peu sauvé celle qu'on avait trop infériorisée et éloignée. Et quelle victoire ! L'image numérique, donc celle de synthèse, l'arrache à une servitude que les philosophes classiques et même plus modernes avaient scellée. L'électro-optique, la tomodensitométrie (scannographie), l'holographie, entre autres, multiplient les prouesses libératrices. Dans le passé, la photographie, voire la radiographie avaient déjà ébranlé les anciennes positions. La guerre commençait. L'imagerie déferle donc, ainsi que l'industrie noire des contrefaçons, des plagiats, des pseudo-répliques, du pastiche. Les trucages et la fraude. Mais où situer aujourd'hui le vrai et le faux ? Comment distinguer le modèle et son équivalent ? Les vieilles frontières, comme on le montrera, s'estompent. Quel branle-bas et quelle fête aussi ! On a voulu prendre acte de cette nouveauté. Hâtons-nous, malgré le danger de nous y perdre, d'engager la philosophie que nous croyons réticente dans ce tourbillon.
Cet ouvrage, initialement publié sous le titre Nature en 1990, ici augmenté d'une communication de Georges Canguilhem, La question de l'écologie, est toujours d'actualité. Le mot de " nature " recouvre tellement de sens qu'il finit généralement par inclure le même et son contraire. De plus, chaque siècle l'a transformé et surchargé de problèmes spécifiques ou de fonctions nouvelles, ce qui ajoute à l'indéfinissable. Nous tenterons de démêler cet écheveau tant notionnel qu'historique. Le philosophe doit d'autant plus s'attacher à ce thème carrefour qu'il se situe à la rencontre de nombreuses disciplines : la théologie, la morale, la science, le droit, l'art. Nous en appellerons d'ailleurs à toutes. Il va de soi que nous ne pouvons pas, aujourd'hui, ne pas aborder les problèmes de l'écologie et de l'environnement parce que le monde moderne, c'est-à-dire industrialisé, se réclame d'une " nature à préserver ", afin de nous sauver de la pollution et même de l'asphyxie. La nature tient alors un rôle purificateur, défensif. Ce livre s'est d'abord voulu une spectrographie : suivre l'idée de la nature et ses fonctions, depuis son avènement chez les Grecs. Ensuite il s'emploie à réfuter " le naturalisme ", mythe dangereux, envahissant, séduisant même. Il tente de lui dérober ce qui fascine en lui, afin de lui enlever sa raison d'être et ainsi de nous en garder. Bref, il propose un point de vue à la fois panoramique et critique.
Deux opérateurs - le nombre et le lieu - se trouvent à l'origine de l'essentiel de notre culture, du devenir des sciences expérimentales, des techniques, des arts, des villes et même de la vie civile des citoyens. Le nombre - un mot peut-être mal choisi - signifie ici la quantité et le lieu renvoie là où tout se concentre (l'opposé de la dispersion). Est sans cesse réfutée la philosophie - tout particulièrement celle de Jean-Jacques Rousseau - qui prône le non-enfermement, la singularité, le non-enracinement, le vagabondage ou même le vécu émotionnel. Est examinée en détail l'importance des deux facteurs, précédemment cités, qui se renforcent l'un l'autre ; sont mis en évidence les bienfaits des rassemblements, aussi bien ceux des objets que des êtres en général ou même des individus, aussi bien le pouvoir des Institutions (Musées, Archives, Hôpitaux, Bibliothèques, Banques de données) que celui des techniques diverses du ramassage, de la collecte et de la concentration. Il convient, en conséquence, de s'initier à la logique distributive, à celle qui comprime et transmet, ou à la technique ordinatrice qui promeut aussi l'invention mais à travers l'inventaire.
Une approche plurielle Une instrumentation pratique Un index, des clés et repères permettant une maîtrise immédiate des notions et des auteurs. Une problématique soutenue L'évolution de la technique se caractérise par une succession d'inventions dont certaines marquent une étape fondamentale de l'histoire du monde, de l'horloge mécanique au XVIIe siècle à l'électronique et la biotechnologie au XXe siècle. Cependant, bien qu'indissociable de l'idée d'essor de l'humanité, elle suscite maintes critiques et réactions technophobes. Ce livre, qui recherche les causes d'une telle hostilité, tente de saisir l'essence même de la technique, savant mélange de théorie et d'ingéniosité mécanologique. Il y sera mis en évidence la manière dont la technique travaille à renouveler le monde, à nous délivrer de la servitude, à favoriser une universalité culturelle et à substituer au savoir-faire empirique une science des machines et des matériaux. On reviendra sur les défaillances de nos réalisations modernes (Tchernobyl...), plus pour dénoncer la déficience des structures sociales et morales qui en sont la cause que pour démontrer les dangers du progrès, car technique et éthique ne se disjoignent pas. Un outil didactique et préparatoire Un cours structuré regroupant l'essentiel des savoirs. Une liste sélective des sujets proposés ou susceptibles de l'être. Des sujets traités : problématiques, organisation des acquis. Les références bibliographiques essentielles renvoi à la bibliographie fondamentale.
Ce livre s'emploie d'abord à déchiffrer des traces, des lignes, des figures naturelles, ensuite à tirer des règles générales de compréhension afin de fonder une science morphogénétique. Un paysage en devient un problème. Il ne se cantonne pas dans la seule géologie critique. Il s'attache à montrer les ressources offertes par une science de l'espace, c'est-à-dire l'études des étalements, des rencontres et des distributions. La projection sur le sol des données peut les éclairer. Plus, la psychologie, la maladie mentale ont elles-mêmes bénéficié de cette optique topographique, parce que les hommes ne se conçoivent qu'à travers les réseaux et les emplacements qui les définissent. L'espace n'est plus un cadre ou un contenant, mais un opérateur décisif d'analyse et de constitution. Le savant gagne à se situer en des points-centres ou noeuds qui autorisent une lecture synoptique, de même que les groupes se doivent d'explorer, voire de modifier les positions de leurs éléments, ainsi que les liens qui les joignent. Cette néo-géographie va d'une science du paysage et des indices à l'examen des rapports souterrains, des chemins insoupçonnés et des communications sociales.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.