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L OEIL DES MOTS
COUSSEAU. HENRY
RELIEF
19,81 €
Épuisé
EAN :9782359040265
Ceux qui connaissent déjà les écrits de Henry-Claude Cousseau retrouveront dans L'Oeil des mots son regard de Janus à double pupille, tourné simultanément vers l'extérieur et vers l'intérieur, à l'affût de ce qui rayonne des oeuvres d'art contemporaines et des mots qu'elles font naître. Nul n'a porté si loin la recherche de la sincérité, de la clarté et de la transparence dans la confrontation d'une oeuvre et des émotions raisonnées. Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, il se dévoilera comme un écrivain captivant dont les essais réunis ici sur Gaston Chaissac, Jean-Baptiste Huyhn, Annette Messager, Marc Couturier, Emmanuel Saulnier, Philippe Cognée, Daniel Dezeuze, Giuseppe Penone, Mrinali Mukherjee, ou les portraits de Cindy Sherman, de Jean-Michel Albérola, de Robert Groborne, de Joël Kermarrec, de François Bouillon ou de William Christie sont autant de victoires sur l'"aveuglante ostentation" du réel.
Résumé : Improvisateur de génie, Gaston Chaissac (1910-1964) a créé une des oeuvres les plus singulières de son époque. Fils de cordonnier, il est initié à la peinture par Otto Freundlich et Jeanne Kosnick-Kloss, rencontrés par hasard à Paris, en 1937. Encouragé dans cette voie, il invente très rapidement un alphabet pictural qu'il va faire évoluer tout au long de sa vie. Au cours de ces années cruciales, dans un Paris en pleine mutation, Chaissac assimile l'essentiel du contexte artistique d'alors et se forge une vaste culture. Prolifique, ludique, et polymorphe, sa production visuelle aborde tous les genres. L'étourdissant dessinateur qu'il est dès ses débuts exerce sa verve aussi bien dans le domaine de la peinture et du collage, que celui des objets récupérés, métamorphosés avec autant de faconde que de délicatesse, composant un monde paradoxal, à la fois théâtral et confidentiel. Au plasticien se superpose en même temps l'écrivain, dans une activité en miroir, qui révèle un prodigieux épistolier et un poète hors norme. Des milliers de lettres envoyées pendant plus de vingt ans tous azimuts, vont lui permettre aussi de tisser des liens avec grand nombre de ses contemporains (Albert Gleizes, André Bloc, Raymond Queneau, Jean Paulhan, Anatole Jakovsky, André Lhote, Jean Dubuffet, ...) tout en restant volontairement en marge depuis le bocage vendéen qu'il ne quittera jamais. Ce monument épistolaire unique en son genre fascine par l'aisance des jugements, la pertinence des points de vue et la lucidité avec laquelle celui qui se disait "peintre rustique moderne" , joue de son besoin paradoxal de distance et de proximité. Cette première monographie, en forme de portrait, met volontairement à égalité le peintre et l'écrivain, et dessine l'aventure de Gaston Chaissac comme l'une des mutations les plus représentatives que la modernité a connue au siècle dernier.
Une adolescente découvre les visages ambigus de son père à la veille de sa mort. Gendarme engagé sur les fronts d'Indochine puis d'Algérie, en charge des communications, il prétend ne s'être jamais commis dans les meurtres ordinaires en temps de (sale) guerre. La réalité, qui surgit au détour de propos lâchés à table devant ses enfants, dans l'ennui et les frustrations d'une vie de garnison, puis des aveux arrachés par sa fille, devenue adulte, quelques semaines avant sa mort, paraît bien être tout autre : la connaissance intime des processus de torture et d'assassinat qu'il décrit montrent qu'il a été au moins un témoin, sinon un complice. Ce premier court récit de Claire Tencin, au style serré, la signalent comme une des plumes les plus virulentes du roman français contemporain.
Lorsque le livre Interferencia secreta : 11 de septiembre de 1973 (Intervention secrète : 11 septembre 1973) de Patricia Verdugo paraît en 1998, accompagné d'un disque avec l'enregistrement des conversations des généraux chiliens le matin même du coup d'État contre le gouvernement de Salvador Allende, le monde découvrit les propos brutaux des militaires qui ont soumis le Chili à près de dix-huit années d'une dictature impitoyable. Ving-cinq ans après ce 11 septembre, Armando Uribe entame un long monologue avec lui-même à l'écoute de ces voix, auquel s'invitent les sorcières de Macbeth et le spectre qui hante Hamlet, dans un renversement continu de la réalité dans le théâtre et du théâtre dans la réalité. En 2oo8, Paulina Enriquez a adapté ce texte et l'a rendu lumineux par sa mise en scène.