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Etudes postcoloniales
Clavaron Yves
LUCIE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782353711291
Cette livraison de Poétiques comparatistes vient combler une lacune, sinon un retard, dans la diffusion des études postcoloniales en France, plus de vingt ans après leur apparition dans les départements d'anglais et de littérature comparée des universités nord-américaines. Les postcolonial studies forment un corps pluridisciplinaire, un ensemble d'outils et de concepts, empruntant leur méthodologie à la critique littéraire et aux sciences humaines et sociales. Le préfixe " post " est à comprendre dans un sens logique et épistémologique plus que chronologique : il s'agit de porter un regard critique sur la colonisation et ses effets et de proposer une herméneutique des pratiques discursives coloniales. Le projet théorique des études postcoloniales est double : il vise, d'une part, à opérer une relecture de l'histoire qui remette en cause l'historicisme et la modernité européenne à vocation universalisante issue des Lumières, d'autre part, à contester l'hégémonie occidentale par la déconstruction des savoirs et la réhabilitation des figures de l'altérité - subalterne bâillonné par le savoir-pouvoir européen -, et de leur capacité d'initiative et d'action. A l'ère du multiculturalisme, les études postcoloniales croisent les objectifs de la littérature comparée, fondée sur des approches transnationales, transculturelles et transdisciplinaires, pour donner lieu à un comparatisme postcolonial, qui reste à développer dans des langues autres que l'anglais.
Résonances est une collection qui entend offrir l'essentiel des connaissances indispensables et incontournables permettant l'approche et l'étude efficace d'oeuvres littéraires.
Résumé : Edward Said, professeur de littérature anglaise et comparée à l'Université Columbia de New York, a refondé l'orientalisme moderne en situant son émergence dans le contexte impérialiste du XIXe siècle, mais selon des coordonnées géographiques et culturelles jugées trop restrictives : le point de vue occidental, limité au Royaume-Uni, à la France et aux Etats-Unis, sur un Orient circonscrit aux cultures arabomusulmanes du Proche-Orient. Mettre en relation les concepts d'orientalisme et de comparatisme conduit à se poser la question des interactions entre les deux champs d'études : en quoi l'orientalisme peut-il faire évoluer l'approche comparatiste ? Dans quelle mesure la méthodologie comparatiste peut-elle informer les études orientalistes ? En élargissant le champ de l'orientalisme de l'Espagne mauresque à la Chine, en passant par le Proche et Moyen-Orient et l'Inde, l'ouvrage se propose d'examiner comment la littérature comparée, discipline souvent inquiète et encline à scruter et questionner ses objets, peut faire "bouger" l'orientalisme que Said présente comme figé et trouver dans ce type d'études un moyen de repenser sa méthodologie à l'ère de la mondialisation, où études post-coloniales et globalization studios nouent de nouveaux rapports entre Orient et Occident.
L'histoire littéraire de l'Atlantique ouvre à l'analyse des circulations, échanges et migrations des littératures non plus en termes régionaux ou linguistiques, mais dans les relations complexes traversant cultures, régions et langues entre les trois continents bordant l'océan éponyme. On s'intéresse ici aux relations entre l'Afrique et les Amériques (sans omettre les Caraïbes) selon une perspective diachronique. L'ouvrage propose une réflexion collective et internationale sur les spécificités des circulations littéraires Afrique-Amériques. Il envisage divers modèles d'organisation de l'Atlantique (tels l'Atlantique noir de Paul Gilroy ou les Amériques noires de Roger Bastide), le rôle des langues et des traductions dans cet espace. Il examine quelques oeuvres et figures importantes de ce dialogue intercontinental, certains des mouvements culturels et littéraires qui en sont nés ainsi que des transferts culturels qui y sont liés.
Le "Manifeste pour une Littérature-monde en français" publié dans Le Monde des Livres du 16 mars 2007 réclame l'avènement d'une post-francophonie, d'une configuration transnationale et multipolaire qui opère une révolution copernicienne et remette en cause les privilèges du centre. Ce paradigme global doit mettre en relation les littératures en français et le monde afin de les aborder dans une perspective planétaire tout en constituant un pôle de résistance du "local" à la globalisation. Cet ouvrage se propose d'examiner les processus par lesquels l'oeuvre francophone acquiert une dimension transnationale à l'époque contemporaine, la manière dont la conscience de la mondialisation informe la création littéraire en langue française. Il examine plus particulièrement la construction des espaces et champs littéraires francophones, le rôle des diverses institutions de la Francophonie, les phénomènes littéraires transfrontaliers à l'oeuvre dans l'espace francophone dont se détachent quelques figures emblématiques d'auteurs mondialisés.
Si la littérature est un lieu privilégié pour la construction et la représentation des identités sexuelles et du genre, quelles perspectives l'analyse de ces constructions et de ces représentations ouvre-t-elle au sein des études littéraires? C'est cette question qu'explore ce volume de Poétiques Comparatistes. S'il est, dans le domaine des sciences humaines, un champ théorique et critique dans lequel les clivages entre les deux côtés de l'Atlantique sont marqués, c'est bien celui où s'inscrivent les études des représentations des identités sexuelles. Des feminist studies aux queer studies, ce champ a une histoire et une évolution, d'abord en Amérique du Nord, où il s'est construit à partir d'une certaine " pensée française ". Par un effet de retour, l'institution universitaire française commence à s'ouvrir aux approches " queer ". C'est donc logiquement comme un dialogue transatlantique que ce volume est pensé. Permettant une confrontation des approches théoriques, il propose de grandes synthèses sur des problématiques essentielles, qu'il s'agisse de la représentation des relations homoérotiques dans l'Antiquité, des relations entre mythes et gender, de l'émergence historique de la catégorie de l'homosexuel ou des relations entre les différents courants du féminisme et des études queer ; en même temps, il offre un large éventail d'analyses de textes littéraires et cinématographiques.
Résumé : La peinture de Pierre Soulages est d'une grande maîtrise technique et en même temps, elle semble souvent rechercher le point de rupture, l'accident. Comment Soulages peut-il à la fois vouloir l'accident et chercher la maîtrise technique dans un minimalisme rigoureux qui devrait définitivement l'écarter ? Quelle ruse, quelle stratégie met-il en place dans cette aventure de l'accident ? On peut identifier différentes formes d'accidents dans son oeuvre : l'accident en gravure lorsqu'il troue la plaque de cuivre, l'accident de la démarche lorsqu'il découvre l'outrenoir en peinture en 1979, l'accident du chromatisme dans ses vitraux de Conques, ou encore l'accident de surface qui anime ses toiles et fait vibrer la lumière. Dans cet usage heuristique de l'accident, exemplifié et amplifié, c'est une conception renouvelée de la liberté créatrice qui apparaît chez Soulages.