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Otrante N° 38, Automne 2015 : Mutations. Tome 1, Corps posthumains
Chassay Jean-François ; Machinal Hélène
KIME
20,00 €
Épuisé
EAN :9782841747269
S'appuyant sur un corpus à la fois littéraire et artistique, cette livraison d'Otrante s'intéresse aux mutations des corps dans un processus d'évolution qui peut revêtir plusieurs formes et s'appliquer à un sens, un membre, ou à une entité dérivée d'un corps originel (avatars, clones, esprit numérisé, etc.). La révolution de l'informatique et du numérique, l'explosion des télécommunications et des réseaux, la nouvelle "culture de l'écran", ont profondément modifié notre rapport au monde et à autrui. Pour ces raisons, les mutations corporelles peuvent se doubler de diverses formes d'évolutions psychologiques ou psychiques, voire cognitives, lorsque l'esprit se dissocie du corps auquel il était associé depuis Descartes. Corps mutants ou esprits numériques, dans les deux cas la réflexion sur la nature humaine s'inscrit dans une perspective plurielle où le devenir de l'espèce est en jeu. La perspective se fait alors plus politique et les posthumains se trouvent souvent plongés dans un cadre dystopique et une dynamique temporelle qui aboutit à un cataclysme. Ce dossier marque une autre étape concernant les travaux qui animent depuis quelques années la communauté des chercheurs autour de l'imaginaire des cyborgs, du posthumain, des mutations et autres évolutions de l'espèce - notamment des mutations génétiques - et plus largement des effets produits à partir de la cybernétique. Il montre aussi le dynamisme manifesté sur ces sujets dans la francophonie. Intitulé " Mutations I ", ce dossier est le premier d'une série où seront abordées les subjectivités numériques, puis les mutations et autres contaminations liées à la biologie et à l'infiniment petit.
La science, tablant sur son objectivité proverbiale, a voulu échapper aux chimères et aux succubes pour définir la monstruosité. Y est-elle parvenue ? Des monstres onanistes créés par Tissot ou Kellogg en passant par les dégénérés produits par Morel jusqu'à la nouvelle race de "monstres eugénistes" qu'inventeraient les biotechnologies, la science ne manque pas d'imagination pour découvrir des monstres au pas de chaque porte. Ce livre voudrait parcourir le discours sur le monstre issu de la science au XIXe siècle, sans s'interdire quelques réflexions sur l'époque contemporaine et sur la fiction.
Les sciences ne peuvent échapper à la culture. C'est pourquoi la fiction, mieux souvent que l'histoire des sciences, montre comment elles changent nos perceptions du monde. La littérature puise dans l'activité scientifique des modèles, des formes, des métaphores. Les romans, mais aussi le théâtre, la BD, le cinéma, s'inspirent, de plus en plus souvent, de figures canoniques du monde scientifique. Sept d'entre elles, parmi les plus marquantes: Giordano Bruno, Galilée, Newton, Darwin, Marie Curie, Einstein et Oppenheimer, sont ici convoquées comme autant d'exemples emblématiques de ces échanges entre science et fiction. Les destinées de ces chercheurs, et les résonances de leurs découvertes, transposées par les romanciers, en font les révélateurs de tensions sociales et de crises intellectuelles qui débordent le contenu de leurs travaux scientifiques. Leur entrée en fiction fait de ces savants de papier les catalyseurs d'un imaginaire des sciences dont on ne saurait négliger ni l'importance, ni l'attrait. Biographie de l'auteur Jean-François Chassay est professeur à l'Université du Québec à Montréal. Outre ses travaux sur la représentation littéraire des scientifiques, il a publié des romans où la science est fortement présente.
Résumé : Depuis la découverte de la structure de la molécule d'ADN par James Watson et Francis Crick au début des années 1950 (la célèbre "double hélice "), les avancées de la biologie moléculaire n'ont pas seulement transformé notre rapport au vivant elles ont aussi joué un rôle central dans l'imaginaire, à travers les textes et les images qui le façonnent. Cet essai explore la "fiction génétique" contemporaine et en propose l'archéologie à l'aide de quelques textes plus anciens, marqués par les théories de la dégénérescence. Il examine, à la lumière de plusieurs romans, une constellation du gène, où se retrouvent des termes comme ADN, eugénisme, racisme, virus, mutation, sélection, hybridation, génome, chromosome, inné, acquis, mais aussi filiation, bifurcation, hasard. Un champ sémantique qui noue naissance et mort et expose le corps dans tous ses états.
Résumé : L'important consiste â ne pas perdre le fil. Parce que le jour où on perd le fil, non seulement on ne raconte plus d'histoire, mais en plus on devient fou. Plus rien derrière nous pour nous tenir. On passe sa vie à se raconter l'histoire de sa vie, chaque individu suit le fil de sa vie, et puis il y aura mes tantes, mes grands-tantes, peut-être un peu mes arrière-grands-tantes et qui sait quelques hommes et puis Charles, Richard, Dominique, mon père, ma mère, quelques amants de passage parce que ma vie sans mes amants devient une autre vie, même s'il y en a eu beaucoup moins que ce que certains m'accordent. C'est une histoire de famille qui se perd dans un dédale, un labyrinthe de miroirs, souvent déformants. Nous sommes le 19 janvier 2001. Stéphane, Camille et Dominique parlent. L'une au téléphone, l'autre à une interlocutrice, le troisième à lui-même. Il est beaucoup question dans ces conversations d'architecture, de cuisine, de neurologie et de l'Histoire. Mais aussi de la passion pour l'enfance et pour les morts. Malgré l'aspect déroutant ou anecdotique de ces monologues, rien n'apparaît gratuit. On peut le comprendre : après tout, d'une certaine manière, c'est leur vie qui est en jeu.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.