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Roman de formation, roman d'éducation dans la littérature française et dans les littératures étrangè
Chardin Philippe ; Boulanger Alison ; Humbert-Moug
KIME
30,50 €
Épuisé
EAN :9782841744183
Cet ouvrage propose une réflexion comparatiste d'ensemble consacrée à ce genre essentiel qu'est le roman d'éducation, appuyée sur un éventail aussi large que possible de littératures et d'époques différentes (incluant par exemple des romans grecs anciens et des romans chinois). Il mettra en lumière la tendance du roman moderne, particulièrement frappante dans les ?uvres de langue allemande, à s'éloigner de l'optimisme bourgeois, pédagogique, spiritualiste qui imprègne, au XVllle siècle et dans la première partie du XIXe siècle - chez Defoe, chez Goethe ou chez Dickens -, l'âge d'or du roman de formation. Mais l'évolution du genre n'est pas entièrement linéaire et réserve des surprises : ainsi la vision providentialiste de l'existence humaine, tant moquée par Flaubert, resurgira en fait dans l'?uvre de Proust. Ce roman d'éducation apparaît particulièrement apte à évoquer conjointement une intériorité et un itinéraire individuels et une histoire collective, même quand il s'agit surtout (comme c'est le cas pour les héros de Boris Pasternak ou d'Imre Kertész), de " reprendre sa vie au Moloch ". L'apprentissage ou le refus par l'adolescent des jeux de rôles sexués et sexuels représentera une autre dimension importante de la plupart des romans réunis et sera une autre perspective privilégiée au sein de ce volume.
Résumé : Au cours de cette rencontre à Tours qui réunissait nombre des meilleurs spécialistes de Marcel Proust autour de la notion, essentielle pour son oeuvre, d'originalité, ont d'abord été analysés ces passages célèbres d'A la recherche du temps perdu qui font de l'originalité créatrice un absolu et du surgissement de ce " nouvel écrivain ", (dont Flaubert ou Giraudoux furent aux yeux de Proust les prototypes) une sorte de miracle ex nihilo. Néanmoins, plusieurs approches génétiques et linguistiques permettront de prendre du recul par rapport à ces textes mythiques en mettant l'accent sur les fluctuations, sur les doutes et sur les contradictions de cette pensée proustienne de l'originalité - une originalité qui, dans l'oeuvre de Proust elle-même, semble avoir été conquise de manière bien plus progressive (à partir des tâtonnements des oeuvres de jeunesse) et bien moins autarcique en combinant " mémoire de la littérature " et exorcismes de l'imitation (ce qui sera examiné à la lumière d'un large éventail intertextuel allant d'Homère à Baudelaire en passant notamment par Racine, par Balzac et par Michelet). Suivront un ensemble d'articles consacrés à la réception, souvent empreinte d' " idées reçues ", des originalités proustiennes par la critique et à quelques réceptions créatrices plus " originales " de grands écrivains français ultérieurs comme Jean-Paul Sartre, Claude Simon ou Pascal Quignard. Cet ouvrage sera enfin l'occasion de déplacer avec humour la hantise proustienne de l'originalité, comme le fait Antoine Compagnon, du côté de la légère angoisse et de l'auto-ironie des innombrables lecteurs et des fort nombreux chercheurs que cette oeuvre devenue canonique a suscités partout dans le monde : on se sera cru original à l'adolescence en aimant Marcel Proust alors qu'on aura peut-être été seulement typique de la ferveur littéraire de toute une génération !
Résumé : "On n'est jamais si malheureux qu'on croit" ! Les écrivains des siècles précédents, surtout ceux du XIXe siècle, auront passé leur temps à déplorer l'existence de ces individus détestables, de ces tyrans ignares, de ces parasites impuissants qu'étaient à leurs yeux les critiques ; et voici que leurs successeurs du début du XXIe siècle se mettent à pleurer en choeur la disparition (dans laquelle ils voient l'un des plus graves symptômes du déclin de la littérature) de ce personnage indispensable ! Cet ouvrage comparatiste de synthèse aborde sous des angles multiples - chronologiques avec une dominante qui va du XVIIIe au XXIe siècles, génériques en prenant notamment en compte non seulement le roman auquel sont consacrés la majeure partie des articles mais aussi le théâtre et la poésie, géographiques en incluant par exemple l'Amérique latine, l'Estonie ou l'Inde - les rapports ambivalents de ces frères ennemis qui n'en font parfois qu'un seul, ainsi lorsque le critique universitaire se transforme à son tour en écrivain, un phénomène sur lequel se penche Jacques Body : "la littérature comparée mène à tout, même à la littérature". Une attention particulière est prêtée aux mises en scène fictionnelles des relations entre l'écrivain et son critique (notamment dans les romans de Nabokov ou dans Possession d'Antonia Byatt), aux effets de l'intervention de ces critiques particuliers que sont le censeur ou le juge (sujet en particulier de l'article d'Hélène Maurel-Indart), ainsi qu'à ce genre hybride de la fiction critique qui s'est développé durant ces dernières décennies. Les réflexions générales de Daniel-Henri Pageaux s'appuient sur la "critique recréante" pratiquée par l'Ecole de Genève, celles d'Yvan Leclerc sur l'hostilité de Flaubert à la critique et celles de Frédérique Toudoire-Surlapierre sur un ensemble de textes modernes quant à eux plutôt favorables à ceux que Genette appelle "des créateurs sans création".
Pour quelles raisons, malgré son intérêt bien connu pour la science et pour la philosophie, Musil affirmait-il "accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines" ? Ce livre de synthèse procède par approches comparatistes mettant en rapport, à partir de problématiques qui touchent à des domaines essentiels pour sa pensée et pour son écriture, l'oeuvre de Musil et celle de grands écrivains européens envers lesquels ce contempteur de toute concession à la facilité en littérature n'a pour une fois pas fait preuve de sa sévérité habituelle : Flaubert ("la bêtise consiste à vouloir conclure"), Dostoïevski ("le "tout est permis" et son application problématique"), Claudel (le "théâtre de la nécessité"). Ce livre rapproche aussi l'auteur de L'Homme sans qualités de certains de ses grands contemporains, en particulier de Marcel Proust, d'André Breton, de Joseph Roth. Il tente enfin de traiter, en examinant l'ensemble d'une oeuvre immense (nouvelle, théâtre, petites proses, essais, journaux) qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités et aux Désarrois de l'élève Törless, des questions souvent négligées à son propos, celle de sa conception originale du théâtre, celle de sa maîtrise des formes brèves dans lesquelles ce maître du roman monumental et inachevé excellait paradoxalement, celle - que Musil s'est souvent lui-même posée de manière fort intéressante - des rapports entre le corps et la pensée ou entre l'art et la vie, questionnement constant qu'a pu masquer la réputation de pur "Monsieur Teste" qu'on a parfois abusivement faite à un auteur de livres sensuels, violents et passionnés.
Fascinant personnage que celui de Teilhard de Chardin ! Né en 1881 et mort en 1955, il demeure d'une étonnante actualité. En réponse à un monde en quête de sens bouleversé par les atrocités de la Première Guerre mondiale, il élabore peu à peu la vision saisissante d'un monde entièrement unifié par un centre au-delà de lui. Cette perception est au c?ur d'une démarche intellectuelle dans laquelle foi et science s'interpellent, nouant un dialogue d'une grande fécondité. Des ouvrages comme Le phénomène humain, Le milieu divin, les Écrits du temps de la guerre ou Le c?ur de la matière témoignent éloquemment de son intuition : la mystique "vraie" et le mouvement de la science qui spiritualise la terre coïncident et ne font qu'un. En plus d'introduire à la vie et à l'?uvre de Teilhard de Chardin, cet ouvrage se veut un recueil de ses grands textes où il livre ses intuitions mystiques.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.