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Musil et la littérature. Amours lointaines et fureurs intempestives
Chardin Philippe
EUD
23,00 €
Épuisé
EAN :9782364410046
Pour quelles raisons, malgré son intérêt bien connu pour la science et pour la philosophie, Musil affirmait-il "accorder à la littérature une importance qui dépasse de beaucoup celle des autres activités humaines" ? Ce livre de synthèse procède par approches comparatistes mettant en rapport, à partir de problématiques qui touchent à des domaines essentiels pour sa pensée et pour son écriture, l'oeuvre de Musil et celle de grands écrivains européens envers lesquels ce contempteur de toute concession à la facilité en littérature n'a pour une fois pas fait preuve de sa sévérité habituelle : Flaubert ("la bêtise consiste à vouloir conclure"), Dostoïevski ("le "tout est permis" et son application problématique"), Claudel (le "théâtre de la nécessité"). Ce livre rapproche aussi l'auteur de L'Homme sans qualités de certains de ses grands contemporains, en particulier de Marcel Proust, d'André Breton, de Joseph Roth. Il tente enfin de traiter, en examinant l'ensemble d'une oeuvre immense (nouvelle, théâtre, petites proses, essais, journaux) qui est loin de se réduire à L'Homme sans qualités et aux Désarrois de l'élève Törless, des questions souvent négligées à son propos, celle de sa conception originale du théâtre, celle de sa maîtrise des formes brèves dans lesquelles ce maître du roman monumental et inachevé excellait paradoxalement, celle - que Musil s'est souvent lui-même posée de manière fort intéressante - des rapports entre le corps et la pensée ou entre l'art et la vie, questionnement constant qu'a pu masquer la réputation de pur "Monsieur Teste" qu'on a parfois abusivement faite à un auteur de livres sensuels, violents et passionnés.
Chardin Philippe ; Mauriac Dyer Nathalie ; Murakam
On a tendance aujourd'hui à être sensible aux aspects les plus sulfureux de la vision proustienne de la guerre : sa critique virulente du "bourrage de crâne" et notamment de la presse ; sa satire mordante des "embusqués" et, en général, de l'arrière ; la surprenante bienveillance avec laquelle sont rapportées les tirades germanophiles d'un Charlus ; l'association entre guerre et homosexualité ; sa sensibilité au caractère funeste, malgré la victoire française, de la destruction du "monde d'hier" tout entier, mais aussi son insistance sur la continuité des vices etdes ridicules, et sur le recyclage opportuniste des pires passions politiques. A la recherche du temps perdu, roman dans la guerre, extraordinaire exemple d'intégration au sein d'une oeuvre déjà largement commencée d'un événement historique considérable survenu inopinément durant la rédaction du livre, reflète, avec son génie et ses visées artistiques propres, les contradictions de l'esprit d'un temps et d'un pays partagés entre exaltation héroïque et dégoût d'un conflit meurtrier.
Résumé : "On n'est jamais si malheureux qu'on croit" ! Les écrivains des siècles précédents, surtout ceux du XIXe siècle, auront passé leur temps à déplorer l'existence de ces individus détestables, de ces tyrans ignares, de ces parasites impuissants qu'étaient à leurs yeux les critiques ; et voici que leurs successeurs du début du XXIe siècle se mettent à pleurer en choeur la disparition (dans laquelle ils voient l'un des plus graves symptômes du déclin de la littérature) de ce personnage indispensable ! Cet ouvrage comparatiste de synthèse aborde sous des angles multiples - chronologiques avec une dominante qui va du XVIIIe au XXIe siècles, génériques en prenant notamment en compte non seulement le roman auquel sont consacrés la majeure partie des articles mais aussi le théâtre et la poésie, géographiques en incluant par exemple l'Amérique latine, l'Estonie ou l'Inde - les rapports ambivalents de ces frères ennemis qui n'en font parfois qu'un seul, ainsi lorsque le critique universitaire se transforme à son tour en écrivain, un phénomène sur lequel se penche Jacques Body : "la littérature comparée mène à tout, même à la littérature". Une attention particulière est prêtée aux mises en scène fictionnelles des relations entre l'écrivain et son critique (notamment dans les romans de Nabokov ou dans Possession d'Antonia Byatt), aux effets de l'intervention de ces critiques particuliers que sont le censeur ou le juge (sujet en particulier de l'article d'Hélène Maurel-Indart), ainsi qu'à ce genre hybride de la fiction critique qui s'est développé durant ces dernières décennies. Les réflexions générales de Daniel-Henri Pageaux s'appuient sur la "critique recréante" pratiquée par l'Ecole de Genève, celles d'Yvan Leclerc sur l'hostilité de Flaubert à la critique et celles de Frédérique Toudoire-Surlapierre sur un ensemble de textes modernes quant à eux plutôt favorables à ceux que Genette appelle "des créateurs sans création".
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.