Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les Actes des Apôtres. L'Eglise entre le martyre d'Etienne et la mission de Paul
Cazeaux Jacques
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204087568
Le livre des Actes des Apôtres est lu avec nostalgie par tous les réformateurs comme l'histoire édifiante de l'Église primitive, et surtout le journal exaltant des voyages de Paul, le plus grand missionnaire. Mais son but est peut-être initialement autre Entre le témoignage du sang et celui de la mission, les Actes montrent la difficulté de l'Evangile. Autant qu'une histoire des origines, le livre tisse une prophétie destinée à réformer les communautés déjà déviées. Ces dernières, négligeant la Passion, célébraient la liberté qu'avait ouverte la Résurrection ; elles tendaient à faire des Nations un nouveau peuple élu en rejetant l'héritage d'Israël, avec un penchant pour les signes et le culte des personnalités, dont celle de Paul, précisément. Les Actes des Apôtres pourraient bien être moins une histoire qu'un montage à base d'histoire pour démystifier'l'image de Paul - non pas Paul, mais ce qu'on en faisait, c'est-à-dire le champion d'une volonté de puissance. L'auteur rappelle que la première moitié des Actes insiste lourdement sur la Passion et, avec: Étienne, sur le martyre comme mission de l'Église, sur le centre inaliénable de Jérusalem, c'est-à-dire Israël, sur le rôle de Pierre, premier messager de l'Evangile aux Nations, avec le Romain Cornélius. La seconde partie des Actes raconte les voyages de Paul, mais de telle sorte que l'inflation, l'inutilité et l'erreur y sont mêlées. Le fameux appel à César était quasi blasphématoire et inutile, Paul pouvant prendre le bateau de n'importe où et n'importe quand. Et pourquoi Rome, alors que la Pentecôte prévoyait aussi la Perse ? Tout à la fin du livre, Paul, enfin vrai, immobile, enchaîné à Rome, parle enfin du royaume de Dieu et délivre le message du Serviteur, annoncé par le Baptiste et Jésus.
Un premier roi, Saül, élu contre la volonté de Dieu, et fou à l'évidence; un deuxième, David, usurpateur, partagé entre sagesse et folie, qui préfère Jérusalem à Bethléem, et dont tout le règne est occupé de luttes intestines; un troisième, Salomon, le roi des rois, dont la chronique se confond avec celle du Temple qu'il édifie; mais soudain la Corvée royale qui a permis ce grand ?uvre d'apparente piété se solde par le schisme qui éloigne dix Tribus sur les douze constituant le véritable Israël: le roi présumé le plus sage a commis une folie meurtrière et sans retour. La Bible hébraïque a intitulé ces chroniques « Premiers prophètes », titre qui dit mieux que celui de nos bibles modernes (« Livres historiques ») l'intention de ces textes largement indépendants de l'histoire. L'analyse de Jacques Cazeaux montre par le détail comment, en mettant en page à sa manière des légendes et sans doute des pans d'archives, le rédacteur de Samuel-Rois s'est livré à une sévère critique, transformant le tout en une « moralité » anti-monarchiste. Brossée en ses trois tableaux, elle met en scène les trois rois, Saül, David et Salomon.
Biographie de l'auteur Jacques Cazeaux, docteur ès lettres, chercheur au CNRS (MOM de Lyon), a mis sa méthode d'analyse proprement littéraire au service de la Bible. Son oeuvre, publiée aux Éditions du Cerf, s'étend de la Genèse jusqu'aux livres des Rois et au Cantique des Cantiques. Son commentaire des Actes des apôtres a paru en 2008.
D'abord suspect, le Cantique des cantiques a finalement été admis clans le canon biblique. Et non seulement admis, mais exalté: il est chez les Juifs récité lors de la Pâque, voire à chaque entrée clans le Chabbat par certaines communautés. La raison de cette promotion fulgurante n'est autre que l'interprétation allégorique déchiffrant dans le dialogue de l'amant et de l'amante une parabole de l'Alliance liant le Dieu d'Israël à son Peuple. Plus récemment, c'est au nom de la valeur directe de l'amour humain que l'on justifie après coup la place du Cantique clans la Bible, et des commentaires en tirent même un érotisme exacerbé. Mais entre l'allégorie traditionnelle et l'érotisme à la mode, il est possible de lire le Cantique comme le produit d'une joute entre poètes de cour. Il suffit de partir des trois énigmes finales, opposant la puissance artificielle à la simple présence de l'amant et de l'amante. Elles offraient à des lettrés un défi de poésie. Sept sages l'ont relevé pour broder leurs variations. Le roi Salomon, aux mille femmes et tout de grandeur artificielle, leur sert d'emblème, de repère, ce qui explique le caractère précieux des poèmes. Mais il sert en même temps de cible. Le Cantique oppose en effet le choix de l'amour direct, immédiat, à la volonté de puissance qui est dans le Prince. Cette critique de la puissance comme l'appel à la solidité de chaque être s'accordent au projet de la Bible entière, qui passe par la politique pour dire le religieux. Biographie: Jacques Cazeaux, docteur ès lettres, chercheur au CNRS (MOM de Lyon), a mis sa méthode d'analyse proprement littéraire au service de la Bible. Son ?uvre s'étend actuellement de la première page de la Bible, Le Partage de minuit: essai sur la Genèse (Éd. du Cerf), jusqu'aux livres des Rois. Son dernier livre (2007), La Contre-épopée du désert, est un essai sur Exode, Lévitique, Nombres (Éd. du Cerf).
Résumé : Que connait-on du livre des Rois, de cette saga des souverains d'Israël et de Juda ? Révélée par Jacques Cazeaux, exégète de renom, l'épopée fantastique, brutale et douloureuse des douze tribus d'Israël nous donne à comprendre l'action de Dieu au coeur de l'histoire. Les trois premiers règnes de Saül, de David et de Salomon occupent les deux tiers des livres de Samuel-Rois, appelés Premiers Prophètes. Mais à ces trois noms tristement exemplaires ont succédé une série de rois. Les livres des Rois les ont suivis sur plus de trois siècles, jusqu'aux exils en Assur et à Babel. Cette chronique n'est pas le fait d'historiens mais de prophètes, et ils n'ont guère retenu des règnes que des apostasies, des crimes, des alliances folles, leurs luttes fratricides après un schisme dû à la folie de Roboam, le fils de Salomon, bref, leur course vers l'abîme - l'Exil, finalement libérateur. Leur acharnement paraît étrange. Mais la Bible soude religion et vie en société. Or, aux nations férues de volonté de puissance sous la forme de la royauté orgueilleuse et destructrice, Israël devait donner le modèle d'une fédération de douze tribus sous la royauté du seul YHWH Dieu. Israël serait l'exemple pour les nations du refus de la volonté de puissance qui défie la divinité et aboutit à l'homicide depuis Caïn. Au contraire, en copiant la royauté des nations, les Israélites ont rompu le maillage et la liberté des tribus, des clans, des familles, de chacun. Ils ruinaient l'essence d'Israël et sa mission dans le monde. Mais à même l'horreur, les prophètes rédacteurs de la Bible ont cru à la persévérante présence de YHWH Dieu dans les ruines : de génération en génération Il aura suivi, repris, châtié, béni pour mieux perdre, exténué, réduit à quelques prophètes ce monstre chéri et nécessaire au monde, Israël. Ce second livre de Jacques Cazeaux sur la royauté en Israël entreprend de faire suivre un tel féroce et sublime compagnonnage. Féroce, par ce qu'on ne rabat pas sur l'absolu ; sublime, par la force de la pensée comme par la subtilité et la grandeur du style.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).