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Le livre des Rois. Israël, le Moby-Dick de Dieu
Cazeaux Jacques
CERF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782204145534
Que connait-on du livre des Rois, de cette saga des souverains d'Israël et de Juda ? Révélée par Jacques Cazeaux, exégète de renom, l'épopée fantastique, brutale et douloureuse des douze tribus d'Israël nous donne à comprendre l'action de Dieu au coeur de l'histoire. Les trois premiers règnes de Saül, de David et de Salomon occupent les deux tiers des livres de Samuel-Rois, appelés Premiers Prophètes. Mais à ces trois noms tristement exemplaires ont succédé une série de rois. Les livres des Rois les ont suivis sur plus de trois siècles, jusqu'aux exils en Assur et à Babel. Cette chronique n'est pas le fait d'historiens mais de prophètes, et ils n'ont guère retenu des règnes que des apostasies, des crimes, des alliances folles, leurs luttes fratricides après un schisme dû à la folie de Roboam, le fils de Salomon, bref, leur course vers l'abîme - l'Exil, finalement libérateur. Leur acharnement paraît étrange. Mais la Bible soude religion et vie en société. Or, aux nations férues de volonté de puissance sous la forme de la royauté orgueilleuse et destructrice, Israël devait donner le modèle d'une fédération de douze tribus sous la royauté du seul YHWH Dieu. Israël serait l'exemple pour les nations du refus de la volonté de puissance qui défie la divinité et aboutit à l'homicide depuis Caïn. Au contraire, en copiant la royauté des nations, les Israélites ont rompu le maillage et la liberté des tribus, des clans, des familles, de chacun. Ils ruinaient l'essence d'Israël et sa mission dans le monde. Mais à même l'horreur, les prophètes rédacteurs de la Bible ont cru à la persévérante présence de YHWH Dieu dans les ruines : de génération en génération Il aura suivi, repris, châtié, béni pour mieux perdre, exténué, réduit à quelques prophètes ce monstre chéri et nécessaire au monde, Israël. Ce second livre de Jacques Cazeaux sur la royauté en Israël entreprend de faire suivre un tel féroce et sublime compagnonnage. Féroce, par ce qu'on ne rabat pas sur l'absolu ; sublime, par la force de la pensée comme par la subtilité et la grandeur du style.
Un premier roi, Saül, élu contre la volonté de Dieu, et fou à l'évidence; un deuxième, David, usurpateur, partagé entre sagesse et folie, qui préfère Jérusalem à Bethléem, et dont tout le règne est occupé de luttes intestines; un troisième, Salomon, le roi des rois, dont la chronique se confond avec celle du Temple qu'il édifie; mais soudain la Corvée royale qui a permis ce grand ?uvre d'apparente piété se solde par le schisme qui éloigne dix Tribus sur les douze constituant le véritable Israël: le roi présumé le plus sage a commis une folie meurtrière et sans retour. La Bible hébraïque a intitulé ces chroniques « Premiers prophètes », titre qui dit mieux que celui de nos bibles modernes (« Livres historiques ») l'intention de ces textes largement indépendants de l'histoire. L'analyse de Jacques Cazeaux montre par le détail comment, en mettant en page à sa manière des légendes et sans doute des pans d'archives, le rédacteur de Samuel-Rois s'est livré à une sévère critique, transformant le tout en une « moralité » anti-monarchiste. Brossée en ses trois tableaux, elle met en scène les trois rois, Saül, David et Salomon.
Il s'agit ici de traverser la Genèse comme qui traverserait le Pacifique à la rame: en profitant de chaque vague. Le livre est volumineux? Comme son lecteur n'est pas obligé de le lire d'un trait et en suivant, mais peut l'aborder par telle ou telle page - la Création, mais aussi bien Abraham, Noé ou joseph... -, chaque section fournit un regard sur l'ensemble et l'on n'a pas économisé les reprises. Paradoxalement, la lecture en devient plus confortable. Un jour, les belles traditions historiques, des légendes, voire de vieux mythes, ont été rassemblés pour les judéens revenus d'exil. On pouvait être tenté de réveiller en eux l'orgueil nationaliste et par exemple, le désir d'indépendance ou celui d'une royauté. Mais le livre de la Genèse leur propose au contraire un tableau des origines des Nations et d'Israël plus nuancé. Un homme est blessé. Israël est blessé, et si l'on annonce son rôle parmi toutes les Nations, ce sera celui du service joseph et ses frères finissent exilés en Égypte. Les rois désirent deux choses, un bon territoire et un fils aîné? La Genèse écarte l'un et l'autre au profit d'une sorte d'abdication: elle veut purger en l'homme la volonté de puissance. Le vide ainsi obtenu est alors rempli de l'heureuse Présence de Dieu et du frère. Ce que les Prophètes disent d'une voix terrible, la Genèse le monnaie avec lenteur, par des récits à la fois populaires et sages. Et les vieilles légendes, les mythes, les souvenirs historiques sont reliés, patinés, unifiés par une conscience littéraire très sûre. C'est précisément cette finesse, cet art simple et subtil en même temps, que Le partage de minuit voudrait donner à saisir.
Résumé : Peut-on, une bonne fois, retourner comme un gant le sentiment que laisse depuis des siècles la lecture triomphaliste des Macchabées, de Judith, d'Esther, comme de Josué et des Juges - autant d'?uvres insoutenables à nos oreilles pacifistes parce qu'elles ont pour matière la violence, la vengeance, l'exaltation nationaliste ? Des détails dans les Macchabées (le souci du renom, qui passa par une contagion fatale des Nations au peuple d'Israël, les jeux équivoques de la lumière qui brille sur les armes ou sur l'or, la façon subtilement graduée dont Judas, puis Jonathan, puis Simon, prennent un pouvoir de plus en plus personnel, ambitieux et cupide sur le mouvement de révolte) font deviner que le livre dénonce en réalité le chemin suivi par les Judéens du IIe siècle avant notre ère. De même faut-il regarder de plus près la tête de Holopherne aux mains de Judith et se demander si le livre d'Esther célèbre les Juifs et leur revanche ou ne les met pas plutôt au service de l'Empire paisible - et eschatologique - de la Perse. Cet essai propose une révolution copernicienne sur bien des préjugés : la Bible dirait la paix là où elle parle le plus de sang, elle parlerait de la misère d'Israël là où elle consigne ses hauts faits. Pour le voir, il faut renoncer aux résumés et aux pages choisies et se confier au génie littéraire de ces textes.
Résumé : Le livre des Actes des Apôtres est lu avec nostalgie par tous les réformateurs comme l'histoire édifiante de l'Église primitive, et surtout le journal exaltant des voyages de Paul, le plus grand missionnaire. Mais son but est peut-être initialement autre Entre le témoignage du sang et celui de la mission, les Actes montrent la difficulté de l'Evangile. Autant qu'une histoire des origines, le livre tisse une prophétie destinée à réformer les communautés déjà déviées. Ces dernières, négligeant la Passion, célébraient la liberté qu'avait ouverte la Résurrection ; elles tendaient à faire des Nations un nouveau peuple élu en rejetant l'héritage d'Israël, avec un penchant pour les signes et le culte des personnalités, dont celle de Paul, précisément. Les Actes des Apôtres pourraient bien être moins une histoire qu'un montage à base d'histoire pour démystifier'l'image de Paul - non pas Paul, mais ce qu'on en faisait, c'est-à-dire le champion d'une volonté de puissance. L'auteur rappelle que la première moitié des Actes insiste lourdement sur la Passion et, avec: Étienne, sur le martyre comme mission de l'Église, sur le centre inaliénable de Jérusalem, c'est-à-dire Israël, sur le rôle de Pierre, premier messager de l'Evangile aux Nations, avec le Romain Cornélius. La seconde partie des Actes raconte les voyages de Paul, mais de telle sorte que l'inflation, l'inutilité et l'erreur y sont mêlées. Le fameux appel à César était quasi blasphématoire et inutile, Paul pouvant prendre le bateau de n'importe où et n'importe quand. Et pourquoi Rome, alors que la Pentecôte prévoyait aussi la Perse ? Tout à la fin du livre, Paul, enfin vrai, immobile, enchaîné à Rome, parle enfin du royaume de Dieu et délivre le message du Serviteur, annoncé par le Baptiste et Jésus.