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La guerre sainte n'aura pas lieu
Cazeaux Jacques
CERF
47,00 €
Épuisé
EAN :9782204066099
Peut-on, une bonne fois, retourner comme un gant le sentiment que laisse depuis des siècles la lecture triomphaliste des Macchabées, de Judith, d'Esther, comme de Josué et des Juges - autant d'?uvres insoutenables à nos oreilles pacifistes parce qu'elles ont pour matière la violence, la vengeance, l'exaltation nationaliste ? Des détails dans les Macchabées (le souci du renom, qui passa par une contagion fatale des Nations au peuple d'Israël, les jeux équivoques de la lumière qui brille sur les armes ou sur l'or, la façon subtilement graduée dont Judas, puis Jonathan, puis Simon, prennent un pouvoir de plus en plus personnel, ambitieux et cupide sur le mouvement de révolte) font deviner que le livre dénonce en réalité le chemin suivi par les Judéens du IIe siècle avant notre ère. De même faut-il regarder de plus près la tête de Holopherne aux mains de Judith et se demander si le livre d'Esther célèbre les Juifs et leur revanche ou ne les met pas plutôt au service de l'Empire paisible - et eschatologique - de la Perse. Cet essai propose une révolution copernicienne sur bien des préjugés : la Bible dirait la paix là où elle parle le plus de sang, elle parlerait de la misère d'Israël là où elle consigne ses hauts faits. Pour le voir, il faut renoncer aux résumés et aux pages choisies et se confier au génie littéraire de ces textes.
Un soleil qui arrête sa course. Ce miracle, le plus spectaculaire de la Bible, se produit au bénéfice d'étrangers qui se sont frauduleusement insinués sur la terre d'Israël - c'est dans le livre de Josué contre Benjamin, une tribu majeure d'Israël - c'est dans le livre des Juges. Booz qui sauve l'héritage de femmes sans hommes, assure le bornage, le Cadastre, qui est le sacrement d'un Israël fédéral et fraternel - c'est dans le petit livre de Ruth. Pourtant, ces textes, et d'autres, ont été lus dans le sens d'un nationalisme, terrestre ou mystique. Ils embarrassent la conscience morale des modernes. Or, nous pouvons les lire comme des prophéties, liées, comme on dit en cuisine, hors du fourneau de l'Histoire. Ils sont antinationalistes, antimonarchiques, plus précisément, et ils disent à Israël que sa terre, c'est la Loi. Il n'y a aucune apologétique à inventer pour lire les guerres de la Bible parce qu'elles sont barrées : à peine sorti d'Egypte, Israël sera déclaré pire que les Egyptiens, puisque menacé des mêmes plaies. Sa grandeur est d'avoir dénoncé le crime de la volonté de la puissance. La lecture ici proposée est de critique littéraire, au sens français du terme. Elle montre que ces livres ne sont pas seulement des archives, mais des thèses issues de l'échec de la royauté, ou plutôt de hautes prophéties, des drames superbes et poignants, une anti-épopée.
Présentation de l'éditeur S'attachant depuis longtemps à montrer comment le sens d'une oeuvre littéraire ne peut se déterminer sans une attention minutieuse à sa structure, Jacques Cazeaux nous offre ici une lecture magistrale du livre de l'Apocalypse. Cette vaste étude à la fois littéraire et exégétique de la prophétie de Jean dresse un panorama de ce texte de la révélation divine, alimentée par la Torah et les Prophètes. Il montre en quoi le procédé même de construction de l'Apocalypse défait à l'avance le mirage des visions, pour rappeler l'importance de l'audition de la Loi. Car avant les visions, qu'on retient trop souvent comme l'essentiel de l'ouvrage, le lecteur peut lire les sept lettres destinées à des surveillants de sept églises d'Asie. Celles-ci semblent placées là de manière relativement anodine. Cependant, comme le montre Cazeaux, elles prennent un sens nouveau si l'on considère que l'exhortation à écouter la Loi est la révélation ultime de l'Apocalypse. Il y est question de la présence du Mal et de l'enjeu de la vie et de la mort qui est l'affaire des sept. Les premières visions n'auront de sens que rapportées à la vie ordinaire du chrétien. Jezabel, Babylone, Grande prostituée : figure caricaturée dans l'image biblique de Babylone, violation des préceptes de la Loi ; par contraste, le pouvoir royal aboutit à la vision ultime d'une Jérusalem où le voyant ne voit pas de Temple. L'Apocalypse est ainsi proche du livre d'Ezéchiel, au moins sur le point de discréditer la vue au bénéfice de l'oreille, dont le dessein est ordonné selon une perspective : face à la volonté de puissance et de gloire des rois, le serviteur souffrant devient le guide.
Biographie de l'auteur Jacques Cazeaux, docteur ès lettres, membre au CNRS de la Maison de l'Orient et de la Méditerranée, propose des essais, décidément littéraires (voir Histoire, utopie, mystique. Ouvrir la Bible comme un livre, Éd. du Cerf, 2003), point sur Proust, Philon, Platon et, surtout, la Bible.
Biographie de l'auteur Jacques Cazeaux, chercheur au CNRS (MOM de Lyon), a mis sa méthode d'analyse proprement littéraire au service de la Bible. Ses derniers livres, publiés aux Editions du Cerf, sont Histoire, utopie, mystique. Ouvrir la Bible comme un livre et Le Partage de minuit : essai sur la Genèse.