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Libertinage des Lumières et guerre des sexes
Brix Michel
KIME
28,01 €
Épuisé
EAN :9782841749058
Dans Les Sacrifices de l'amour (1771), le romancier Claude-Joseph Dorat définit le XVIIIe siècle comme une époque où les hommes cherchent à séduire les femmes "pour obtenir le droit de les mépriser". Pareil propos a de quoi surprendre : aujourd'hui, on a plutôt l'habitude d'entendre parler élogieusement du libertinage des Lumières, qui aurait fait éclater le corset moral et religieux qui réprimait les désirs sexuels. Mais faut-il vraiment associer "libertinage" et "liberté" ? Le présent ouvrage voudrait rendre la parole, sur ce point, aux écrivains du XVIIIe siècle. Leurs écrits suggèrent que, pour comprendre les enjeux du libertinage, il faut replacer celui-ci dans le temps long d'un affrontement entre les deux sexes qui dure depuis l'aube de l'humanité. L'Eros des Lumières correspond à une stratégie mise en oeuvre par les hommes pour exercer sur les femmes une domination sans partage. Sous le prétexte d'inviter celles-ci à prendre leur part dans les plaisirs amoureux, les séducteurs tendent un piège au sexe féminin : la sophistique libertine s'emploie à faire de chaque femme une esclave heureuse, asservie à la toute-puissance masculine, rendue disponible à merci et forcée de reconnaître pour seul et unique maître, le phallus.
Les études réunies dans le présent volume concernent toutes la vie et l'oeuvre de Gérard de Nerval. Elles se fondent notamment sur des dépouillements effectués dans les journaux et périodiques du siècle (ceux-ci recèlent encore, pour la plupart, des informations qui n'ont jamais été prises en compte) et elles ont pour objectif d'enrichir ou, en d'autres cas, de préciser nos connaissances sur l'auteur d'Aurélia. Elles prolongent, approfondissent, voire complètent en certains points, des enquêtes bio-bibliographiques antérieures, dont les résultats ont nourri les travaux publiés par Michel Brix depuis 1986 (ainsi Nerval journaliste, le Manuel bibliographique des oeuvres de Gérard de Nerval, et - avec Claude Pichois - le Dictionnaire Nerval).
La littérature française a vu, entre le XVIIe siècle et nos jours, se succéder deux modèles esthétiques dominants, ? le classicisme et le réalisme. La France a d'abord eu à connaître le règne du paradigme classique : celui-ci était fondé sur une certaine interprétation des littératures de l'Antiquité, notamment de la Poétique d'Aristote, et reposait sur la thèse que l'oeuvre littéraire devait apporter un enseignement susceptible d'éclairer le lecteur dans sa propre existence. Ce modèle, qui s'est diffusé aussi hors de France, a cependant subi un détricotage progressif au XVIIIe siècle, comme un chandail qui s'effilocherait maille par maille et dont on récupérerait la laine pour assembler un nouveau vêtement, très différent de l'ancien. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau marquent la fin du règne du classicisme et inaugurent l'ère de la "modernité" . Avec l'esthétique moderne, ou réaliste, l'enjeu d'une oeuvre ne se situe plus en aval, mais en amont d'elle-même : elle est censée fournir des informations sur son contexte de production et sur son auteur. Quand commence le XIXe siècle, la poétique classique a définitivement cédé le pas à ce nouveau paradigme, le réalisme, dans lequel un Boileau, un Racine ou un Molière ne se seraient pas reconnus, et à l'intérieur duquel des mots comme "art" ou "vraisemblable" ont changé de signification. Après avoir dominé le XIXe et le XXe siècles, le réalisme règne toujours aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle, sur le champ littéraire.
Dès la mort de Flaubert, s?est imposée très vite l?idée que les romans éminemment novateurs de cet écrivain constituaient une rupture radicale dans l?histoire de la création littéraire: l?auteur normand semblait avoir rendu caduques, définitivement, les principes esthétiques qui prévalaient avant lui. Et l?unanimité s?est faite, aujourd?hui, pour reconnaître que l?oeuvre de Flaubert marque le début d?une ère nouvelle de la narration et de la représentation: l?auteur de Madame Bovary est le père de la fiction contemporaine, celle qui met notamment l?accent, non sur l?événement raconté, mais sur la manière dont cet événement est raconté. Or, ce roman «nouveau », moderne, connaît bien des problèmes, et l?on entend beaucoup parler de la crise de la fiction en français. D?où cette question, à laquelle le présent essai s?attache à répondre: les réorientations imposées par Flaubert, puis par ses disciples, à la pratique romanesque ont-elles conduit celle-ci dans des voies fécondes ou dans une impasse?
Voici le livre qui manquait et que l'on attendait, celui qu'il fallait écrire parce qu'il n'existait pas : il retrace en un seul volume, et en un peu moins de 400 pages, toute l'histoire de la littérature française, depuis la Chanson de Roland jusqu'aux écrits de Sartre, de Malraux et du général de Gaulle. L'auteur nous offre le fruit de trente ans d'expérience dans l'enseignement de la littérature française. Son ouvrage prend la forme d'une narration argumentée et chronologique, organisée en trois grandes parties. Référence pour les étudiants en lettres, c'est aussi un livre passionnant et instructif à destination du grand public ; chaque lecteur pourra y suivre le chemin parcouru par la littérature française au cours des siècles. Est décrit dans cette Histoire tout ce qui fait la richesse et la particularité du patrimoine littéraire en français : les courants qui se sont développés en son sein, les évolutions qu'il a connues (tant pour la forme que pour le fond), les grands textes qui l'ont illustré, les apports de l'étranger qui l'ont influencé.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.