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La partition du judaïsme et du christianisme
Boyarin Daniel ; Rastoin Jacqueline
CERF
44,00 €
Épuisé
EAN :9782204093095
Dans ce livre innovant, Daniel Boyarin met en cause le modèle d'une partition entre deux entités clairement distinctes qui seraient d'une part le judaïsme rabbinique et d'autre part le christianisme des Pères de l'Église. Il montre que la plupart des marqueurs de différence (l'idée d'une seconde hypostase divine, la théologie du Logos, ou les pratiques culturelles comme le shabbat ou le rôle des femmes) étaient partagés par des juifs et des chrétiens et récusés par certains juifs et certains chrétiens. Ce n'est qu'au cours d'un long processus volontaire des autorités naissantes de ces groupes que ces marqueurs d'identité sont devenus soit "juifs" soit "chrétiens" en excluant les dissidents qui avaient des pratiques ou des théologies hybrides. Le "concile" rabbinique, dit de Yavneh, comme en écho au concile chrétien de Nicée, a permis de situer dans le passé le moment de la "création" des concepts d'hérésie (ou minut pour le rabbinisme) et d'orthodoxie qui remontent en pratique au tournant du IIIe siècle. De part et d'autre de la frontière naissante, certains jouèrent le rôle de douaniers pour contrôler les identités; certains aussi, et parfois les mêmes, étaient contrebandiers, faisant passer des concepts d'un côté à l'autre; des deux côtés, les autorités cherchaient en effet à asseoir leur pouvoir et à rendre la frontière plus étanche...
Diaspora : la dispersion d'un peuple, souvent décrite comme un état d'impuissance, une pathologie a surmonter. Cela peut être aussi, comme l'affirment Jonathan et Daniel Boyarin dans ce texte provocateur, une source sans pareille de force et de créativité. Les communautés en diaspora exercent pour se maintenir une forme originale de pouvoir culturel. Le premier essai, se référant à la culture rabbinique et à l'ethnographie juive contemporaine, évoque les diverses stratégies culturelles de la diaspora juive. Ces stratégies de régénération pourraient permettre d'affronter les dilemmes et les dynamismes des " diasporas " nées au coeur et dans le sillage du monde moderne. L'expérience juive délivre ainsi un message universel valable pour toutes ces " nouvelles diasporas ". Ce livre est d'une actualité brûlante quand il affirme que les stratégies d'identité culturelle et politique fondées sur le contrôle exclusif d'un territoire sont en dernière analyse destructrices et vouées à l'échec. Le second essai met en lumière, à travers le cas d'une confrontation entre une communauté juive orthodoxe américaine et les lois de l'Etat constitutionnel libéral, les méthodes qu'emploient les personnes en situation de diaspora pour " officialiser " leurs modes de vie individuels et pour établir des structures d'existence commune, créant ainsi entre eux-mêmes et leur entourage des liens souples mais efficaces.
Résumé : Imprégné de mélancolie, le terme "diaspora" a souvent été utilisé pour décrire la dispersion du peuple juif à travers les nations et la fin d'une identité ? certes problématique ? entre le peuple d'Israël et la Terre promise qui l'a porté. Et si les juifs, dispersés parmi les Nations, avaient trouvé dans le Talmud de Babylone un "lieu" où se construit leur identité : une patrie "portative" en quelque sorte ? C'est la thèse que développe ici Daniel Boyarin. Le Talmud serait ce lieu sans lieu où l'être juif se constituerait au fil de son histoire, un texte qui serait devenu au fil du temps un espace sans frontière pour la reconnaissance d'une judéité et ce d'une manière beaucoup plus intime qu'un rapport à un territoire bien défini. Avec la science qu'on lui connaît, Daniel Boyarin nous initie à l'étude du Talmud en montrant comment Israël a pour premier lieu le livre.
Boyarin Daniel ; Boulouque Clémence ; Dauzat Pierr
Résumé : Les recherches de Daniel Boyarin ont profondément contribué à redéfinir le champ des études talmudiques et des études juives, en introduisant notamment la théorie littéraire et l'étude du genre. Son oeuvre se joue aux frontières, sur les lignes : la partition judéo-chrétienne, L'hérésie et le martyre... Elle réinterprète radicalement le partage des voies entre judaïsme et christianisme, montrant combien ces deux termes vacillent pour décrire les premiers siècles de l'ère commune. Dans ce premier entretien passionnant, accordé à la romancière et universitaire Clémence Boulouque, Daniel Boyarin revient sur son parcours, ses engagements, ses travaux, et plaide pour une pensée en mouvement. En bon talmudiste, il n'hésite jamais à ponctuer ses démonstrations et ses souvenirs d'anecdotes pleines d'humour.
Boyarin Daniel ; Mimouni Jean-Claude ; Michaut Fra
Et si le terme "judaïsme" était une invention du christianisme ? C'est l'immense talmudiste américain Daniel Boyarin, reconnu dans le monde entier pour sa pensée novatrice, qui s'élance dans cette quête historique et conceptuelle aux conclusions révolutionnaires. Erudit iconoclaste dont la pensée libre s'affranchit du cadre établi, savant provocateur dont les travaux ébranlent nos certitudes, Daniel Boyarin montre que le concept même de "judaïsme" est une invention de l'Eglise et démontre comment il fut adopté par les Juifs avec l'avènement de la modernité. Essai théorique autant que fresque historique, ce maître-livre bouleverse les conceptions admises sur nos racines communes et renouvelle puissamment le champ des études juives telles que nous les concevons aujourd'hui. Une oeuvre magistrale. Un regard nouveau sur le judaïsme.
Présentation de l'éditeur Pédagogique, ce guide de référence propose une lecture guidée de la Torah : il délivre l'histoire, les mots-clés, les grands récits et la philosophie de ce texte fondateur. Vivant, il repose sur de nombreuses citations et il décrit la position de la Torah sur les principales questions de société. Une approche nouvelle, qui introduit avec précision à la connaissance et à la compréhension de nos références culturelles communes.
Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu'on surnomme le Baal Shem Tov, le " maître du Bon Nom ", ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets ? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l'érudition talmudique ? Un annonciateur du messie ? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe, inspiré par des traditions préchrétiennes des Carpates ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l'histoire ? Jean Baumgarten, sans doute le plus éminent spécialiste français du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du " vrai " Baal Shem Tov. A la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les " amis de Dieu " bien au-delà du monde juif.
Nahum André ; Chanfrault Bernard ; Bensoussan Albe
Depuis des siècles, toute une tradition populaire d'humour et de sagesse marque le monde de la Méditerranée. Ecrivain, conteur, André Nahum offre ici avec les farces de Ch'hâ, personnage mythique du bassin méditerranéen, une anthologie d'histoires, d'expressions et de proverbes utilisés par les juifs de Tunisie. Certains ont été adoptés et adaptés par les juifs à partir du folklore arabe, d'autres sont spécifiquement juifs. Recueillies, pour la plupart, auprès de personnes originaires d'Afrique du Nord et d'Egypte, ces expressions de la sagesse populaire ont accompagné vingt siècles de présence juive au Maghreb. Originaire de Tunisie, médecin, André Nahum (1921-2015) a voulu conserver par ses livres la mémoire de la communauté juive de Tunisie. Il est l'auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages sur les traditions orales des différentes communautés du Maghreb, l'humour populaire et le personnage de Djoha. Il a également publié un roman historique, Le Médecin de Kairouan, chez Ramsay.
Un récent ? et remarquable ? ouvrage de Sylvie Germain nous a permis de renouer avec la figure tragique d'Etty Hillesum, cette intellectuelle juive hollandaise morte dans les camps après s'être dévouée, dans le camp de transit de Westerbork, à ses frères raflés et promis à la mort. À côté de cet acte de foi d'une femme à un autre femme, d'une romancière à une martyre, l'ouvrage du jésuite Paul Lebeau apporte une autre vision, plus biographique et érudite mais non moins fervente. Ponctué d'émouvantes photos (d'Etty, de ses proches), basé sur une lecture patiente des 800 pages laissées par Etty Hillesum (dont certaines traduites pour la première fois), ce livre reconstitue la trame de ses angoisses et de son cheminement intellectuel ; un parcours intérieur nourri de philosophie et de contemplation esthétique auquel une "révélation" mystique donnera son sens, et la mort à Auschwitz en 1943 son couronnement tragique et sacrificiel. Un ouvrage précieux pour découvrir et approfondir la connaissance de cette s?ur d'Anne Frank et d'Edith Stein. --François Angelier