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Judaïsme. La généalogie d'une notion moderne
Boyarin Daniel ; Mimouni Jean-Claude ; Michaut Fra
CERF
24,00 €
En stock
EAN :9782204134699
Et si le terme "judaïsme" était une invention du christianisme ? C'est l'immense talmudiste américain Daniel Boyarin, reconnu dans le monde entier pour sa pensée novatrice, qui s'élance dans cette quête historique et conceptuelle aux conclusions révolutionnaires. Erudit iconoclaste dont la pensée libre s'affranchit du cadre établi, savant provocateur dont les travaux ébranlent nos certitudes, Daniel Boyarin montre que le concept même de "judaïsme" est une invention de l'Eglise et démontre comment il fut adopté par les Juifs avec l'avènement de la modernité. Essai théorique autant que fresque historique, ce maître-livre bouleverse les conceptions admises sur nos racines communes et renouvelle puissamment le champ des études juives telles que nous les concevons aujourd'hui. Une oeuvre magistrale. Un regard nouveau sur le judaïsme.
Diaspora : la dispersion d'un peuple, souvent décrite comme un état d'impuissance, une pathologie a surmonter. Cela peut être aussi, comme l'affirment Jonathan et Daniel Boyarin dans ce texte provocateur, une source sans pareille de force et de créativité. Les communautés en diaspora exercent pour se maintenir une forme originale de pouvoir culturel. Le premier essai, se référant à la culture rabbinique et à l'ethnographie juive contemporaine, évoque les diverses stratégies culturelles de la diaspora juive. Ces stratégies de régénération pourraient permettre d'affronter les dilemmes et les dynamismes des " diasporas " nées au coeur et dans le sillage du monde moderne. L'expérience juive délivre ainsi un message universel valable pour toutes ces " nouvelles diasporas ". Ce livre est d'une actualité brûlante quand il affirme que les stratégies d'identité culturelle et politique fondées sur le contrôle exclusif d'un territoire sont en dernière analyse destructrices et vouées à l'échec. Le second essai met en lumière, à travers le cas d'une confrontation entre une communauté juive orthodoxe américaine et les lois de l'Etat constitutionnel libéral, les méthodes qu'emploient les personnes en situation de diaspora pour " officialiser " leurs modes de vie individuels et pour établir des structures d'existence commune, créant ainsi entre eux-mêmes et leur entourage des liens souples mais efficaces.
Résumé : Imprégné de mélancolie, le terme "diaspora" a souvent été utilisé pour décrire la dispersion du peuple juif à travers les nations et la fin d'une identité ? certes problématique ? entre le peuple d'Israël et la Terre promise qui l'a porté. Et si les juifs, dispersés parmi les Nations, avaient trouvé dans le Talmud de Babylone un "lieu" où se construit leur identité : une patrie "portative" en quelque sorte ? C'est la thèse que développe ici Daniel Boyarin. Le Talmud serait ce lieu sans lieu où l'être juif se constituerait au fil de son histoire, un texte qui serait devenu au fil du temps un espace sans frontière pour la reconnaissance d'une judéité et ce d'une manière beaucoup plus intime qu'un rapport à un territoire bien défini. Avec la science qu'on lui connaît, Daniel Boyarin nous initie à l'étude du Talmud en montrant comment Israël a pour premier lieu le livre.
Boyarin Daniel ; Boulouque Clémence ; Dauzat Pierr
Résumé : Les recherches de Daniel Boyarin ont profondément contribué à redéfinir le champ des études talmudiques et des études juives, en introduisant notamment la théorie littéraire et l'étude du genre. Son oeuvre se joue aux frontières, sur les lignes : la partition judéo-chrétienne, L'hérésie et le martyre... Elle réinterprète radicalement le partage des voies entre judaïsme et christianisme, montrant combien ces deux termes vacillent pour décrire les premiers siècles de l'ère commune. Dans ce premier entretien passionnant, accordé à la romancière et universitaire Clémence Boulouque, Daniel Boyarin revient sur son parcours, ses engagements, ses travaux, et plaide pour une pensée en mouvement. En bon talmudiste, il n'hésite jamais à ponctuer ses démonstrations et ses souvenirs d'anecdotes pleines d'humour.
Dans ce livre innovant, Daniel Boyarin met en cause le modèle d'une partition entre deux entités clairement distinctes qui seraient d'une part le judaïsme rabbinique et d'autre part le christianisme des Pères de l'Église. Il montre que la plupart des marqueurs de différence (l'idée d'une seconde hypostase divine, la théologie du Logos, ou les pratiques culturelles comme le shabbat ou le rôle des femmes) étaient partagés par des juifs et des chrétiens et récusés par certains juifs et certains chrétiens. Ce n'est qu'au cours d'un long processus volontaire des autorités naissantes de ces groupes que ces marqueurs d'identité sont devenus soit "juifs" soit "chrétiens" en excluant les dissidents qui avaient des pratiques ou des théologies hybrides. Le "concile" rabbinique, dit de Yavneh, comme en écho au concile chrétien de Nicée, a permis de situer dans le passé le moment de la "création" des concepts d'hérésie (ou minut pour le rabbinisme) et d'orthodoxie qui remontent en pratique au tournant du IIIe siècle. De part et d'autre de la frontière naissante, certains jouèrent le rôle de douaniers pour contrôler les identités; certains aussi, et parfois les mêmes, étaient contrebandiers, faisant passer des concepts d'un côté à l'autre; des deux côtés, les autorités cherchaient en effet à asseoir leur pouvoir et à rendre la frontière plus étanche...
Résumé : On prétend parfois que l'" homme occidental " serait le seul être humain pouvant vivre sans mythes. Il n'en est rien. A l'aune d'une lecture inédite de l'Ancien Testament, Ron Naiweld nous plonge dans ce grand mythe, support de la rencontre, fondatrice pour l'Occident, de la Bible et de la philosophie. Contre le récit traditionnel d'un dieu créateur unique et tout-puissant, sa lecture fait émerger une autre histoire. Son héros est un dieu motivé par le désir d'être reconnu comme tel par les hommes. Avec le temps et au contact des empires assyrien, babylonien et perse, le dieu développe son intelligence politique. Il apprend la puissance du peuple, l'utilité de l'ordre impérial et, de sa rencontre avec la pensée grecque, l'intérêt de l'idée monothéiste. Mais c'est avec saint Paul qu'il assouvit pleinement son désir. En suivant pas à pas l'histoire de ce dieu, cet essai fascinant montre comment, à force de torsions, de relectures, d'appropriations, le mythe d'un peuple marginal dans la fabrique culturelle du monde ancien est devenu l'un des mythes fondateurs de la civilisation occidentale. Comment Yahvé est devenu Dieu.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Nahum André ; Chanfrault Bernard ; Bensoussan Albe
Depuis des siècles, toute une tradition populaire d'humour et de sagesse marque le monde de la Méditerranée. Ecrivain, conteur, André Nahum offre ici avec les farces de Ch'hâ, personnage mythique du bassin méditerranéen, une anthologie d'histoires, d'expressions et de proverbes utilisés par les juifs de Tunisie. Certains ont été adoptés et adaptés par les juifs à partir du folklore arabe, d'autres sont spécifiquement juifs. Recueillies, pour la plupart, auprès de personnes originaires d'Afrique du Nord et d'Egypte, ces expressions de la sagesse populaire ont accompagné vingt siècles de présence juive au Maghreb. Originaire de Tunisie, médecin, André Nahum (1921-2015) a voulu conserver par ses livres la mémoire de la communauté juive de Tunisie. Il est l'auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages sur les traditions orales des différentes communautés du Maghreb, l'humour populaire et le personnage de Djoha. Il a également publié un roman historique, Le Médecin de Kairouan, chez Ramsay.
Résumé : Pour le judaïsme, la première question n'est pas "Qui est Dieu ?" mais "Comment Dieu se révèle-t-il aux hommes ?" Cette interrogation fondamentale, les maîtres y répondent de façon surprenante : Dieu s'est révélé dans un Livre. La tâche primordiale de l'homme est dès lors de lire, d'étudier, de commenter, d'interpréter, de transmettre... Car c'est en interprétant que l'homme peut restituer l'infini du sens et l'Infini de Dieu. Les traces de ce dialogue entre les hommes et Dieu sont déposées dans le Talmud, qui se présente comme un commentaire de la Bible, rédigé entre le IIe siècle avant J.-C. et le VIe siècle après J.-C. Une prodigieuse rhapsodie de lectures et d'interprétations, toujours formulée au coeur de discussions entre les maîtres, où s'énonce une éthique de la relation à l'autre homme. Depuis quinze siècles, le Talmud est la véritable Bible du peuple juif ; passage obligé de toute interprétation des Ecritures, à la fois sur le plan du droit (halakha) et de la philosophie (aggada), réflexion décisive pour les règles de vie et référence incontournable pour l'intelligence de la Révélation.