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Pouvoirs de Diaspora. Essai sur la pertinence de la culture juive
Boyarin Daniel ; Boyarin Jonathan
CERF
28,60 €
Épuisé
EAN :9782204083003
Diaspora : la dispersion d'un peuple, souvent décrite comme un état d'impuissance, une pathologie a surmonter. Cela peut être aussi, comme l'affirment Jonathan et Daniel Boyarin dans ce texte provocateur, une source sans pareille de force et de créativité. Les communautés en diaspora exercent pour se maintenir une forme originale de pouvoir culturel. Le premier essai, se référant à la culture rabbinique et à l'ethnographie juive contemporaine, évoque les diverses stratégies culturelles de la diaspora juive. Ces stratégies de régénération pourraient permettre d'affronter les dilemmes et les dynamismes des " diasporas " nées au coeur et dans le sillage du monde moderne. L'expérience juive délivre ainsi un message universel valable pour toutes ces " nouvelles diasporas ". Ce livre est d'une actualité brûlante quand il affirme que les stratégies d'identité culturelle et politique fondées sur le contrôle exclusif d'un territoire sont en dernière analyse destructrices et vouées à l'échec. Le second essai met en lumière, à travers le cas d'une confrontation entre une communauté juive orthodoxe américaine et les lois de l'Etat constitutionnel libéral, les méthodes qu'emploient les personnes en situation de diaspora pour " officialiser " leurs modes de vie individuels et pour établir des structures d'existence commune, créant ainsi entre eux-mêmes et leur entourage des liens souples mais efficaces.
Résumé : Imprégné de mélancolie, le terme "diaspora" a souvent été utilisé pour décrire la dispersion du peuple juif à travers les nations et la fin d'une identité ? certes problématique ? entre le peuple d'Israël et la Terre promise qui l'a porté. Et si les juifs, dispersés parmi les Nations, avaient trouvé dans le Talmud de Babylone un "lieu" où se construit leur identité : une patrie "portative" en quelque sorte ? C'est la thèse que développe ici Daniel Boyarin. Le Talmud serait ce lieu sans lieu où l'être juif se constituerait au fil de son histoire, un texte qui serait devenu au fil du temps un espace sans frontière pour la reconnaissance d'une judéité et ce d'une manière beaucoup plus intime qu'un rapport à un territoire bien défini. Avec la science qu'on lui connaît, Daniel Boyarin nous initie à l'étude du Talmud en montrant comment Israël a pour premier lieu le livre.
Boyarin Daniel ; Mimouni Jean-Claude ; Michaut Fra
Et si le terme "judaïsme" était une invention du christianisme ? C'est l'immense talmudiste américain Daniel Boyarin, reconnu dans le monde entier pour sa pensée novatrice, qui s'élance dans cette quête historique et conceptuelle aux conclusions révolutionnaires. Erudit iconoclaste dont la pensée libre s'affranchit du cadre établi, savant provocateur dont les travaux ébranlent nos certitudes, Daniel Boyarin montre que le concept même de "judaïsme" est une invention de l'Eglise et démontre comment il fut adopté par les Juifs avec l'avènement de la modernité. Essai théorique autant que fresque historique, ce maître-livre bouleverse les conceptions admises sur nos racines communes et renouvelle puissamment le champ des études juives telles que nous les concevons aujourd'hui. Une oeuvre magistrale. Un regard nouveau sur le judaïsme.
Boyarin Daniel ; Boulouque Clémence ; Dauzat Pierr
Résumé : Les recherches de Daniel Boyarin ont profondément contribué à redéfinir le champ des études talmudiques et des études juives, en introduisant notamment la théorie littéraire et l'étude du genre. Son oeuvre se joue aux frontières, sur les lignes : la partition judéo-chrétienne, L'hérésie et le martyre... Elle réinterprète radicalement le partage des voies entre judaïsme et christianisme, montrant combien ces deux termes vacillent pour décrire les premiers siècles de l'ère commune. Dans ce premier entretien passionnant, accordé à la romancière et universitaire Clémence Boulouque, Daniel Boyarin revient sur son parcours, ses engagements, ses travaux, et plaide pour une pensée en mouvement. En bon talmudiste, il n'hésite jamais à ponctuer ses démonstrations et ses souvenirs d'anecdotes pleines d'humour.
Dans ce livre innovant, Daniel Boyarin met en cause le modèle d'une partition entre deux entités clairement distinctes qui seraient d'une part le judaïsme rabbinique et d'autre part le christianisme des Pères de l'Église. Il montre que la plupart des marqueurs de différence (l'idée d'une seconde hypostase divine, la théologie du Logos, ou les pratiques culturelles comme le shabbat ou le rôle des femmes) étaient partagés par des juifs et des chrétiens et récusés par certains juifs et certains chrétiens. Ce n'est qu'au cours d'un long processus volontaire des autorités naissantes de ces groupes que ces marqueurs d'identité sont devenus soit "juifs" soit "chrétiens" en excluant les dissidents qui avaient des pratiques ou des théologies hybrides. Le "concile" rabbinique, dit de Yavneh, comme en écho au concile chrétien de Nicée, a permis de situer dans le passé le moment de la "création" des concepts d'hérésie (ou minut pour le rabbinisme) et d'orthodoxie qui remontent en pratique au tournant du IIIe siècle. De part et d'autre de la frontière naissante, certains jouèrent le rôle de douaniers pour contrôler les identités; certains aussi, et parfois les mêmes, étaient contrebandiers, faisant passer des concepts d'un côté à l'autre; des deux côtés, les autorités cherchaient en effet à asseoir leur pouvoir et à rendre la frontière plus étanche...
De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l'homme alors qu'il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si ces années de guerre voient l'extermination des Juifs en Europe, elles sont pour Etty des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note, en 1942, " Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. ", trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l'affirmation d'un altruisme absolu. Partie le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d'où elle envoie d'admirables lettres à ses amis d'Amsterdam, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année.
Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons. L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne. Elle évoque donc son métier de femme rabbin. Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques. Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter. Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour. À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.Notes Biographiques : Delphine Horvilleur, femme rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF), est une ancienne journaliste. Elle s'est formée auprès du rabbin Haïm Korsia. Elle est aujourd'hui directrice de la rédaction de la Revue de pensée(s) juive(s) Tenou'a.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
4 000 ans d'histoire, un message religieux centré sur l'étude de la Loi, une oscillation actuelle entre tradition et modernité : telles sont les lignes de force du judaïsme présentées au début de ce livre. Selon le principe de la collection (voir L'Abécédaire du christianisme), viennent ensuite 70 notices classées par ordre alphabétique, avec des carrés de couleurs différentes pour indiquer si l'article traite des fondements de la doctrine (arche d'alliance, messie, torah...), des rituels et coutumes (circoncision, rabbin, tabernacle...) ou du contexte historique et artistique (Doura-Europos, Esséniens, sionisme...). Enfin, une chronologie, une courte bibliographie et un index des noms clôturent l'ouvrage. L'iconographie abondante, judicieusement choisie, fait la part belle aux manuscrits, et présente aussi des objets rituels, des sites symboliques, ainsi que plusieurs scènes contemporaines, photographiées de façon très expressive en noir et blanc. Spécialiste de l'histoire du monde juif, Gabrielle Sed-Rajna est directrice de recherche honoraire au CNRS. --Colette-Rebecca Estin