Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Perspectives philosophiques sur les fictions
Bouriau Christophe ; Schuppert Guillaume
KIME
19,00 €
Épuisé
EAN :9782841748822
Que peut-on espérer des fictions ? Rien, déclare l'intellectuel traqueur d'illusions. Tout, affirme l'artiste désireux de valoriser les potentialités de son matériau. Mais est-on sûr de parler d'une même chose ? A observer nos usages du terme, les fictions prolifèrent confusément à l'époque contemporaine, nichées dans nos oeuvres, nos discours, nos croyances, nos imaginations. Si bien que poser sérieusement la question des mérites et démérites des fictions passe par une clarification rigoureuse de ce qu'elles sont. Les philosophes se sont depuis longtemps attelés à débattre des caractéristiques ontologiques, sémantiques, épistémologiques, ou psychologiques des fictions et à résoudre les paradoxes et difficultés qui s'y rattachent. Perspectives philosophiques sur les fictions rassemble neuf textes contribuant à cette enquête. Le recueil met l'accent sur une approche épistémologique positive des fictions, le "fictionalisme", sur ses origines chez Hans Vaihinger, ses développements et les critiques qu'on peut lui adresser.
Résumé : Ce livre veut montrer que Nietzsche s?inspire de la "Renaissance" italienne et française pour élaborer le modèle de civilisation qu?il appelle de ses voeux. La question centrale est celle de savoir ce qu?il entend par "Renaissance". S?agit-il d?une période historique bien délimitée, ou bien d?un concept qu?il reconstruit à sa manière ? Aborde-t-il la Renaissance en historien, avec un souci de fidélité, ou bien comme un philosophe qui s?en inspire pour créer un concept opératoire au sein de sa doctrine ? Enfin, que vaut l?interprétation nietzschéenne de la Renaissance : est-elle défendable d?un point de vue historique ? Pour répondre à ces questions, nous proposons de suivre l?évolution de la pensée de Nietzsche. Les deux premiers chapitres de ce livre présenteront les deux grandes phases (wagnérienne et post-wagnérienne) de son interprétation de la Renaissance. Le troisième procède à un examen critique de cette interprétation.
Résumé : Cet ouvrage se propose d'introduire à quelques lectures majeures de Kant, en prenant pour fil conducteur le problème du dualisme kantien de la matière (l'a posteriori) et de la forme (l'a priori). Ce qui fait problème dans ce dualisme, c'est la soumission humiliante de la pensée à son autre, la matière de la connaissance, reçue passivement par les sens et non produite par la raison. La présente étude entreprend d'une part de manifester la fécondité de ce problème dans la genèse des grandes philosophies allemandes, sur une période qui s'étend du postkantisme (Fichte, Schelling, Hegel) jusqu'au débat de Davos (Heidegger, Cassirer). Il souligne d'autre part que le dualisme peut être interprété moins comme un obstacle à l'unité du savoir ou à la primauté de la raison, que comme le ressort même de l'activité créatrice de l'homme.
Cet ouvrage est une anthologie de textes commentés, avec une présentation et un glossaire. Kant est, avec Platon et Descartes, un des auteurs les plus étudiés dès la terminale et bien sûr à l'université. Cependant, le style souvent technique de cette oeuvre la rend difficile d'accès pour les étudiants. Une anthologie commentée de ses grands textes est donc particulièrement bienvenue. Christophe Bouriau explicite la pensée de Kant à travers ses thèmes les plus connus : la question de la connaissance, de la morale et de l'art. Mais c'est surtout la très forte unité de son oeuvre qui apparaît au fil de l'anthologie. Enfin, certains aspects essentiels mais moins connus de la pensée de Kant trouvent la place qu'ils méritent : la politique et l'éducation, notamment. L'auteur de l'anthologie a choisi un découpage particulièrement clair, qui suit les quatre célèbres questions de Kant. Introduction Textes : 1. Que puis-je savoir ? 2. Que dois-je faire ? 3. Que m'est-il permis d'espérer ? 4. Qu'est-ce que l'homme ? Glossaire - Bibliographie
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.