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L'âge de cendre
Bonmort André
SULLIVER
8,00 €
Épuisé
EAN :9782351221662
... Et le miroir glacé de la nuit est un huissier implacable, qui détaille mon visage décapé d'où a été effacée toute lueur de fraternité, mon regard lisse, où la source de la compassion a cessé de roucouler... Que reste-t-il en moi de ce beau nom d'humanité, dont mes enfants m'avaient baptisée ? ... " Douloureuse, éplorée, voyant les hommes renier le meilleur d'eux-mêmes, l'humanité les apostrophe, les fustige, les exhorte, les implore. "Le savez-vous, oui ou non, que la planète est partagée en deux singulières moitiés ? L'une cent fois mieux nourrie, l'autre dix fois plus peuplée ! Le savez-vous, oui ou non, que le profit à tout prix est devenu, dans votre cathédrale cathodique, la seule religion digne de foi ? " En ces temps sombres où "un matérialisme forcené s'est révélé le plus efficient antidote aux dérangeants ultimatums du rêve", elle guette "une fragile chaleur frissonnant sous la cendre", s'évertue désespérément à "essayer de redonner visage humain à l'homme défiguré"...
Tu es - tu étais - dans le tigre, et le tigre se meurt... Tu es - tu étais - dans la baleine, et la haleine disparaît... Restera-t-il assez de toi, si une partie est soustraite à chaque espèce qui périt ? Es-tu assez solide pour supporter ces amputations ? " Ce questionnement inquiet pourrait s'adresser à la Nature, à la Vie, ou encore à Dieu : il en appelle à une entité plus vaste encore qui les engloberait tous. L'enjeu de la survie de l'humanité et de son environnement est ainsi abordé à travers un singulier dialogue à distance qui s'interroge sur un destin dangereusement emballé et introduit non sans ironie la réflexion morale et écologique dans le processus d'évolution des espèces.
Lenfant africain affamé, le végétal inlassablement mutilé, louvrier sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité, le guerrier arabe de Poitiers... et la jeune irradiée de Nagasaki, le chimpanzé de laboratoire, le virus, la mort, la vie... et notre Terre épuisée, défigurée, le milan noir, le taureau de combat, la vierge maya immolée à des dieux sourds, et lapôtre de Jésus-Christ... léternelle putain, éternellement mortifiée, le métis rageur de la Caraïbe, Arthur Rimbaud... Destins dérisoires broyés au hachoir de lhistoire ou grandes voix étouffées sous le tohu-bohu de notre versatile "actualité" ... En nous ces appels que nous ne savons plus entendre et qui frappent ici à la porte de notre conscience avec lénergie du désespoir. Car entre leur impérieuse aspiration à réhabiliter une identité bafouée et notre capacité à répondre à cette attente, se joue peut-être ici et maintenant la dernière chance de rétablir dans ses droits la cohésion du vivant.
Portées par le flux de la langue, des voix trop longtemps contenues, comme surgissant de notre conscience collective, s'interpellent, s'entrecroisent, bataillent pour donner à entendre la fiévreuse polyphonie de notre mue siècle au bord de la syncope. "Et aujourd'hui après cette longue nuit de notre conscience nous nous réveillons et découvrons atterrés que nous n'avons plus sur cette Terre de demeure et nul asile intérieur où nous réfugier" A la colère et à la révolte répondent le contrepoint de la satire et une espérance obscurément enracinée. Tour à tour critique, railleur, lyrique, rageur, ce texte en rupture invite aussi à l'exploration de nouvelles perspectives.
Un monde où faim ne s écrit plus que « malnutrition ». Où misère ne s écrit plus que « paupérisation ». Où travail s écrit «production », et amour « relation ». Un monde où l authenticité n a plus sa place, où la poésie n a plus droit de cité. Dans ce monde déshumanisé, la révolte des poètes couve, enfle, pour redonner aux mots leur véritable sens, pour rétablir la dignité. Dans nos subconscients, dans nos rêves, la résistance s organise. Puisque les jours leur sont interdits, des poètes, par milliers, prennent possession de nos nuits. Cette insurrection souterraine met ses pas dans les empreintes des grands aînés: Rimbaud, Césaire, Artaud... Elle dresse un portrait sans concession de notre temps et s ingénie à puiser de nouveau des mots à la source des émotions. S efforce de retisser notre lien avec le monde, qui s est tellement étiolé. Nous incite à reprendre possession de nos vies. « La chance enfin donnée au pan spolié de l esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. »
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.
Qu'en est-il de La Révolution selon Gustav Landauer ? A la période médiévale de stabilité, où l'esprit de communion chrétien et l'art s'enracinaient dans la vie du peuple, a succédé à partir de la Renaissance une époque de convulsions autant destructrices que réparatrices. La culture s'étiole entre les mains de figures singulières, séparées de la communauté, et l'art végète dans le musée. C'est le temps des révolutions. Il se prolonge jusqu'à nous, dans l'attente du nouvel esprit d'unité, l'esprit de la Révolution, qui animera le peuple de l'avenir, encore à naître. En regard de ces raccourcis parfois périlleux, Louis Janover s'efforce dans la postface d'éclairer La Révolution à la lumière des révolutions de ce dernier siècle et de donner ainsi sens et contenu à une histoire connue.
Si vous vous contentez d'observer tranquillement, en sceptique convaincu; si vous restez en dehors des luttes qui vous paraissent secondaires, ou si, même étant d'une factions, vous osez constater les défaillances et les folies de vos amis, on vous traitera comme une bête dangereuse ; on vous traquera partout ; vous serez injurié, conspué, traître et renégat ; car la seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit. " Guy de Maupassant. Cette indépendance d'esprit, Maupassant l'exerce, de 1881 à 1889, dans les chroniques écrites pour les grands journaux de l'époque. Elles éclairent un angle de découverte d'une brûlante actualité, toute moderne, avec des analyses quotidiennes qui ne cessent de mettre en valeur la vie parlementaire, la vie sociale, toute la perspective d'une pensée libre et ouverte, un regard implacable sur la vie politique d'une société. Cet intérêt nouveau d'un journaliste-chroniqueur pour un monde dont il dénonce les tares et les faux semblants, précise une couleur d'époque où s'exaspèrent l'affairisme et la dégradation morale. La société a perdu ses plus solides repères et ceux qui la dirigent sombrent dans la médiocrité. La parole polémique du chroniqueur devient alors parole politique, celle d'un homme qui ose prendre parti, aller à contre-courant des idées toutes faites, vers un nihilisme grandissant. Regroupées pour la première fois, les Chroniques politiques de Maupassant sont présentées par Gérard Delaisement auteur, en 1956, de Maupassant journaliste et chroniqueur (Albin Michel), d'éditions de Bel-Arni (Garnier), de Fort cantine la mort (Gallimard), des Contes et Nouvelles (Albin Michel) et qui a consacré sa vie à rassembler les Chroniques de Maupassant dont il a réalisé l'édition critique.