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Insurrection du verbe être
Bonmort André
SULLIVER
14,00 €
Épuisé
EAN :9782351221679
Lenfant africain affamé, le végétal inlassablement mutilé, louvrier sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité, le guerrier arabe de Poitiers... et la jeune irradiée de Nagasaki, le chimpanzé de laboratoire, le virus, la mort, la vie... et notre Terre épuisée, défigurée, le milan noir, le taureau de combat, la vierge maya immolée à des dieux sourds, et lapôtre de Jésus-Christ... léternelle putain, éternellement mortifiée, le métis rageur de la Caraïbe, Arthur Rimbaud... Destins dérisoires broyés au hachoir de lhistoire ou grandes voix étouffées sous le tohu-bohu de notre versatile "actualité" ... En nous ces appels que nous ne savons plus entendre et qui frappent ici à la porte de notre conscience avec lénergie du désespoir. Car entre leur impérieuse aspiration à réhabiliter une identité bafouée et notre capacité à répondre à cette attente, se joue peut-être ici et maintenant la dernière chance de rétablir dans ses droits la cohésion du vivant.
... Et le miroir glacé de la nuit est un huissier implacable, qui détaille mon visage décapé d'où a été effacée toute lueur de fraternité, mon regard lisse, où la source de la compassion a cessé de roucouler... Que reste-t-il en moi de ce beau nom d'humanité, dont mes enfants m'avaient baptisée ? ... " Douloureuse, éplorée, voyant les hommes renier le meilleur d'eux-mêmes, l'humanité les apostrophe, les fustige, les exhorte, les implore. "Le savez-vous, oui ou non, que la planète est partagée en deux singulières moitiés ? L'une cent fois mieux nourrie, l'autre dix fois plus peuplée ! Le savez-vous, oui ou non, que le profit à tout prix est devenu, dans votre cathédrale cathodique, la seule religion digne de foi ? " En ces temps sombres où "un matérialisme forcené s'est révélé le plus efficient antidote aux dérangeants ultimatums du rêve", elle guette "une fragile chaleur frissonnant sous la cendre", s'évertue désespérément à "essayer de redonner visage humain à l'homme défiguré"...
Un monde où faim ne s écrit plus que « malnutrition ». Où misère ne s écrit plus que « paupérisation ». Où travail s écrit «production », et amour « relation ». Un monde où l authenticité n a plus sa place, où la poésie n a plus droit de cité. Dans ce monde déshumanisé, la révolte des poètes couve, enfle, pour redonner aux mots leur véritable sens, pour rétablir la dignité. Dans nos subconscients, dans nos rêves, la résistance s organise. Puisque les jours leur sont interdits, des poètes, par milliers, prennent possession de nos nuits. Cette insurrection souterraine met ses pas dans les empreintes des grands aînés: Rimbaud, Césaire, Artaud... Elle dresse un portrait sans concession de notre temps et s ingénie à puiser de nouveau des mots à la source des émotions. S efforce de retisser notre lien avec le monde, qui s est tellement étiolé. Nous incite à reprendre possession de nos vies. « La chance enfin donnée au pan spolié de l esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. »
Quand faim ne s'écrit plus que malnutrition et misère paupérisation, quand travail s'écrit production, et amour relation, la poésie n'a plus droit de cité. " La pensée en ligne, l'information en boucle et les idées au carré sont les matériaux imposés pour la construction de la demeure intérieure. " Puisque les jours leur sont interdits, les poètes investissent nos nuits, décapent de leur regard acéré le portrait retouché d'un monde reflété par un miroir médiatique trop complaisant. "Monde interminablement bafouillé, gangue de mots, mixture d'idées. Monde bafoué, où la justice elle-même ne parvient plus à se justifier. Monde louche à vous en aveugler. " Et dans nos subconscients, dans nos rêves, sous la chape qui voulait les juguler, la révolte se répand sous le souffle de la parole revivifiée. "Dans la maîtrise retrouvée de nos multiples paumes la revigorante fraîcheur des multiples clés s'offrant à débarricader la poésie qu'ils avaient encadenassée ! " " La chance enfin donnée au pan spolié de l'esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. "
Domination brutale de la société marchande ; déliquescence du lien avec notre environnement et avec nos semblables ; médiocrité organisée cherchant à nous gagner à sa cause… C'est la musique si caractéristique de notre XXI e siècle au bord de la syncope, que ce texte dissident donne d'abord à entendre. Mais recréer la démesure frénétique et absurde d'un monde appliqué à cultiver nos faiblesses et à amplifier nos désarrois fait ressortir la fragilité toujours accentuée de notre bastion intime : la citadelle Espérance ne sera bientôt plus que ruine, sous les coups de boutoir d'une réalité qui dissimule sa violence sous le masque de la normalité. Nous n'échapperons pas à cette "entreprise de manipulation vaste et délibérée" sans en appeler à une autre grille de lecture du monde, sans nous affranchir des conventions narratives, prenant à contrepied la lecture passive, infusant la vivacité et l'impertinence de la poésie dans le grand corps trop dolent de la littérature… A ce prix – peut-être ! – pourrons-nous initier la reconquête de l'intégrité de nos territoires intérieurs et des ramifications nous reliant à la pluralité du vivant…
Réédition attendue d'un ouvrage de référence, publié pour la première fois en 1970, ce livre d'une extraordinaire actualité montre d'une part le parfaite adéquation entre la teneur des révélations, aussi transcendantes soient-elles, et les exigences logiciennes de la pensée humaine et pose d'autre part les bases d'un véritable "?cuménisme ésotérique", si tant est que ce dernier termes ait encore un sens en ces temps de confusion. Au scepticisme et au relativisme moderne, aux "méandres de la théologie" et au sectarisme religieux, Schuon oppose ici l'intelligence de la métaphysique et les intuitions décisives de la sagesse intemporelle et universelle qui lui permettent d'aborder sans détours les plus épineuses difficultés de la spiritualité.
Grand écrivain dont le style était unanimement admiré, même par ses adversaires, Jean-Jacques Rousseau n'avait pas cependant l'écriture facile. De cet ennemi de la correspondance, ne nous sont pas moins parvenues quelque 2 700 lettres écrites de 1730 à 1778. Une vie d'homme n'est pas uniforme, et celle de Rousseau moins que toute autre, aussi ses lettres sont-elles d'une grande diversité. Certaines sont familières ou personnelles, révélatrices d'un tempérament susceptible de passions ardentes. Certaines, touchantes, vont à celle qui partagea son quotidien pendant trente-trois ans et n'hésita jamais, à partir de 1762, à le suivre dans son exil. La correspondance révèle aussi, chez ce solitaire par choix et par force, son besoin d'autrui, son exigence de compréhension toujours déçue, sa conception intransigeante de l'amitié. "Je fus ami si jamais homme le fut", assure-t-il dans Les Confessions. Autre Rousseau encore, et qu'on ne pouvait ignorer, le philosophe qui constitue son "magasin d'idées" et surtout, en 1756, la lettre qu'il adresse, sur la Providence et la théodicée, au Voltaire du Poème sur le désastre de Lisbonne. Autre Rousseau enfin, celui qui s'exprime, de plus en plus angoissé, quand, après les désastres de Môtiers et de l'île de Saint-Pierre, il pénètre dans l'univers effrayant de la paranoïa des dernières années. Il serait artificiel de présenter cette correspondance selon un ordre thématique. Mais suivies une à une, dans l'ordre chronologique, les 78 lettres de ce florilège font percevoir les étapes successives d'une vie, d'une carrière et d'une pensée.
L'histoire nous a légué d'innombrables énigmes, mystères et réalités insolites: l'Atlantide, les "pierres du ciel", les possessions démoniaques, la sorcellerie, la lycanthropie, le vampirisme, les enfants sauvages, les apparitions extraordinaires, les stigmates et corps à prodige, les extases mystiques, etc. L'anthropologie ne peut pas traiter ces données que l'on rencontre dans de nombreuses cultures comme de simples résurgences folkloriques, superstitions ou hallucinations. Elle doit au contraire s'interroger sur leur teneur ontologique qui n'est pas simplement du registre de l'irrationnel ou de la fiction, mais bien du registre de la constitution intersubjective des mondes vécus ordinaires. Cet ouvrage illustre le complémentarisme des démarches de l'ethnopsychanalyse, de la psychanalyse et de la phénoménologie pour restituer la complexité de l'étrange. De multiples observations et découvertes témoignent de l'intrication étroite entre "l'imaginaire" (les croyances, les mythes, les légendes) et "le réel" (les connaissances scientifiques, les réalités attestées, les faits historiques avérés). L'Anthropologie de l'étrange est donc l'étude critique de trois quêtes métaphysiques fondamentales: l'origine (du monde; de la vie, de l'homme), le devenir (de l'humain, de la planète, du cosmos), la pluralité (des mondes habités, des mondes vécus, des différents types d'humains ou d'humanoïdes).
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.