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La guérilla des poètes
Bonmort André
SULLIVER
12,00 €
Épuisé
EAN :9782351221693
Quand faim ne s'écrit plus que malnutrition et misère paupérisation, quand travail s'écrit production, et amour relation, la poésie n'a plus droit de cité. " La pensée en ligne, l'information en boucle et les idées au carré sont les matériaux imposés pour la construction de la demeure intérieure. " Puisque les jours leur sont interdits, les poètes investissent nos nuits, décapent de leur regard acéré le portrait retouché d'un monde reflété par un miroir médiatique trop complaisant. "Monde interminablement bafouillé, gangue de mots, mixture d'idées. Monde bafoué, où la justice elle-même ne parvient plus à se justifier. Monde louche à vous en aveugler. " Et dans nos subconscients, dans nos rêves, sous la chape qui voulait les juguler, la révolte se répand sous le souffle de la parole revivifiée. "Dans la maîtrise retrouvée de nos multiples paumes la revigorante fraîcheur des multiples clés s'offrant à débarricader la poésie qu'ils avaient encadenassée ! " " La chance enfin donnée au pan spolié de l'esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. "
Tu es - tu étais - dans le tigre, et le tigre se meurt... Tu es - tu étais - dans la baleine, et la haleine disparaît... Restera-t-il assez de toi, si une partie est soustraite à chaque espèce qui périt ? Es-tu assez solide pour supporter ces amputations ? " Ce questionnement inquiet pourrait s'adresser à la Nature, à la Vie, ou encore à Dieu : il en appelle à une entité plus vaste encore qui les engloberait tous. L'enjeu de la survie de l'humanité et de son environnement est ainsi abordé à travers un singulier dialogue à distance qui s'interroge sur un destin dangereusement emballé et introduit non sans ironie la réflexion morale et écologique dans le processus d'évolution des espèces.
Portées par le flux de la langue, des voix trop longtemps contenues, comme surgissant de notre conscience collective, s'interpellent, s'entrecroisent, bataillent pour donner à entendre la fiévreuse polyphonie de notre mue siècle au bord de la syncope. "Et aujourd'hui après cette longue nuit de notre conscience nous nous réveillons et découvrons atterrés que nous n'avons plus sur cette Terre de demeure et nul asile intérieur où nous réfugier" A la colère et à la révolte répondent le contrepoint de la satire et une espérance obscurément enracinée. Tour à tour critique, railleur, lyrique, rageur, ce texte en rupture invite aussi à l'exploration de nouvelles perspectives.
Un monde où faim ne s écrit plus que « malnutrition ». Où misère ne s écrit plus que « paupérisation ». Où travail s écrit «production », et amour « relation ». Un monde où l authenticité n a plus sa place, où la poésie n a plus droit de cité. Dans ce monde déshumanisé, la révolte des poètes couve, enfle, pour redonner aux mots leur véritable sens, pour rétablir la dignité. Dans nos subconscients, dans nos rêves, la résistance s organise. Puisque les jours leur sont interdits, des poètes, par milliers, prennent possession de nos nuits. Cette insurrection souterraine met ses pas dans les empreintes des grands aînés: Rimbaud, Césaire, Artaud... Elle dresse un portrait sans concession de notre temps et s ingénie à puiser de nouveau des mots à la source des émotions. S efforce de retisser notre lien avec le monde, qui s est tellement étiolé. Nous incite à reprendre possession de nos vies. « La chance enfin donnée au pan spolié de l esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. »
... Et le miroir glacé de la nuit est un huissier implacable, qui détaille mon visage décapé d'où a été effacée toute lueur de fraternité, mon regard lisse, où la source de la compassion a cessé de roucouler... Que reste-t-il en moi de ce beau nom d'humanité, dont mes enfants m'avaient baptisée ? ... " Douloureuse, éplorée, voyant les hommes renier le meilleur d'eux-mêmes, l'humanité les apostrophe, les fustige, les exhorte, les implore. "Le savez-vous, oui ou non, que la planète est partagée en deux singulières moitiés ? L'une cent fois mieux nourrie, l'autre dix fois plus peuplée ! Le savez-vous, oui ou non, que le profit à tout prix est devenu, dans votre cathédrale cathodique, la seule religion digne de foi ? " En ces temps sombres où "un matérialisme forcené s'est révélé le plus efficient antidote aux dérangeants ultimatums du rêve", elle guette "une fragile chaleur frissonnant sous la cendre", s'évertue désespérément à "essayer de redonner visage humain à l'homme défiguré"...
La découverte de lItalie par Albert Camus, en 1936 et en 1937, est un moment essentiel dans lémergence dune pensée et dun rapport particulier à lart. LItalie est terre de lart, mais aussi dengagements. Lors du voyage quil fait en 1954, à linvitation de lAssociation culturelle italienne, Camus rencontre quelques-unes des grandes figures italiennes, politiques et littéraires. Ce voyage est aussi loccasion de conférences ayant pour thème "LArtiste et son temps" que Camus reprendra à Stockholm en 1957, lors de la remise du prix Nobel.
Grand écrivain dont le style était unanimement admiré, même par ses adversaires, Jean-Jacques Rousseau n'avait pas cependant l'écriture facile. De cet ennemi de la correspondance, ne nous sont pas moins parvenues quelque 2 700 lettres écrites de 1730 à 1778. Une vie d'homme n'est pas uniforme, et celle de Rousseau moins que toute autre, aussi ses lettres sont-elles d'une grande diversité. Certaines sont familières ou personnelles, révélatrices d'un tempérament susceptible de passions ardentes. Certaines, touchantes, vont à celle qui partagea son quotidien pendant trente-trois ans et n'hésita jamais, à partir de 1762, à le suivre dans son exil. La correspondance révèle aussi, chez ce solitaire par choix et par force, son besoin d'autrui, son exigence de compréhension toujours déçue, sa conception intransigeante de l'amitié. "Je fus ami si jamais homme le fut", assure-t-il dans Les Confessions. Autre Rousseau encore, et qu'on ne pouvait ignorer, le philosophe qui constitue son "magasin d'idées" et surtout, en 1756, la lettre qu'il adresse, sur la Providence et la théodicée, au Voltaire du Poème sur le désastre de Lisbonne. Autre Rousseau enfin, celui qui s'exprime, de plus en plus angoissé, quand, après les désastres de Môtiers et de l'île de Saint-Pierre, il pénètre dans l'univers effrayant de la paranoïa des dernières années. Il serait artificiel de présenter cette correspondance selon un ordre thématique. Mais suivies une à une, dans l'ordre chronologique, les 78 lettres de ce florilège font percevoir les étapes successives d'une vie, d'une carrière et d'une pensée.
L'histoire nous a légué d'innombrables énigmes, mystères et réalités insolites: l'Atlantide, les "pierres du ciel", les possessions démoniaques, la sorcellerie, la lycanthropie, le vampirisme, les enfants sauvages, les apparitions extraordinaires, les stigmates et corps à prodige, les extases mystiques, etc. L'anthropologie ne peut pas traiter ces données que l'on rencontre dans de nombreuses cultures comme de simples résurgences folkloriques, superstitions ou hallucinations. Elle doit au contraire s'interroger sur leur teneur ontologique qui n'est pas simplement du registre de l'irrationnel ou de la fiction, mais bien du registre de la constitution intersubjective des mondes vécus ordinaires. Cet ouvrage illustre le complémentarisme des démarches de l'ethnopsychanalyse, de la psychanalyse et de la phénoménologie pour restituer la complexité de l'étrange. De multiples observations et découvertes témoignent de l'intrication étroite entre "l'imaginaire" (les croyances, les mythes, les légendes) et "le réel" (les connaissances scientifiques, les réalités attestées, les faits historiques avérés). L'Anthropologie de l'étrange est donc l'étude critique de trois quêtes métaphysiques fondamentales: l'origine (du monde; de la vie, de l'homme), le devenir (de l'humain, de la planète, du cosmos), la pluralité (des mondes habités, des mondes vécus, des différents types d'humains ou d'humanoïdes).