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La citadelle espérance
Bonmort André
SULLIVER
16,00 €
Épuisé
EAN :9782351221709
Domination brutale de la société marchande ; déliquescence du lien avec notre environnement et avec nos semblables ; médiocrité organisée cherchant à nous gagner à sa cause… C'est la musique si caractéristique de notre XXI e siècle au bord de la syncope, que ce texte dissident donne d'abord à entendre. Mais recréer la démesure frénétique et absurde d'un monde appliqué à cultiver nos faiblesses et à amplifier nos désarrois fait ressortir la fragilité toujours accentuée de notre bastion intime : la citadelle Espérance ne sera bientôt plus que ruine, sous les coups de boutoir d'une réalité qui dissimule sa violence sous le masque de la normalité. Nous n'échapperons pas à cette "entreprise de manipulation vaste et délibérée" sans en appeler à une autre grille de lecture du monde, sans nous affranchir des conventions narratives, prenant à contrepied la lecture passive, infusant la vivacité et l'impertinence de la poésie dans le grand corps trop dolent de la littérature… A ce prix – peut-être ! – pourrons-nous initier la reconquête de l'intégrité de nos territoires intérieurs et des ramifications nous reliant à la pluralité du vivant…
Un monde où faim ne s écrit plus que « malnutrition ». Où misère ne s écrit plus que « paupérisation ». Où travail s écrit «production », et amour « relation ». Un monde où l authenticité n a plus sa place, où la poésie n a plus droit de cité. Dans ce monde déshumanisé, la révolte des poètes couve, enfle, pour redonner aux mots leur véritable sens, pour rétablir la dignité. Dans nos subconscients, dans nos rêves, la résistance s organise. Puisque les jours leur sont interdits, des poètes, par milliers, prennent possession de nos nuits. Cette insurrection souterraine met ses pas dans les empreintes des grands aînés: Rimbaud, Césaire, Artaud... Elle dresse un portrait sans concession de notre temps et s ingénie à puiser de nouveau des mots à la source des émotions. S efforce de retisser notre lien avec le monde, qui s est tellement étiolé. Nous incite à reprendre possession de nos vies. « La chance enfin donnée au pan spolié de l esprit, la réhabilitation des sens comme instruments de connaissance. »
L'humanité s'observe dans le miroir, et ne se reconnaît plus. Qu'ont fait d'elle les hommes, ses enfants? À travers de brefs chapitres au rythme haletant, ce roman dérangeant dresse l'hallucinant inventaire des méfaits et misères d'une espèce engagée dans la spirale infernale de l'autodestruction. Tout en s'interrogeant : comment inverser ce mouvement qui ne cesse de s'accélérer? Comment aider l'homme à retrouver en lui sa part d'humanité?... Le cri de la conscience individuelle contre l'inconscience collective.
Lenfant africain affamé, le végétal inlassablement mutilé, louvrier sacrifié au nom de la sacro-sainte rentabilité, le guerrier arabe de Poitiers... et la jeune irradiée de Nagasaki, le chimpanzé de laboratoire, le virus, la mort, la vie... et notre Terre épuisée, défigurée, le milan noir, le taureau de combat, la vierge maya immolée à des dieux sourds, et lapôtre de Jésus-Christ... léternelle putain, éternellement mortifiée, le métis rageur de la Caraïbe, Arthur Rimbaud... Destins dérisoires broyés au hachoir de lhistoire ou grandes voix étouffées sous le tohu-bohu de notre versatile "actualité" ... En nous ces appels que nous ne savons plus entendre et qui frappent ici à la porte de notre conscience avec lénergie du désespoir. Car entre leur impérieuse aspiration à réhabiliter une identité bafouée et notre capacité à répondre à cette attente, se joue peut-être ici et maintenant la dernière chance de rétablir dans ses droits la cohésion du vivant.
Tu es - tu étais - dans le tigre, et le tigre se meurt... Tu es - tu étais - dans la baleine, et la haleine disparaît... Restera-t-il assez de toi, si une partie est soustraite à chaque espèce qui périt ? Es-tu assez solide pour supporter ces amputations ? " Ce questionnement inquiet pourrait s'adresser à la Nature, à la Vie, ou encore à Dieu : il en appelle à une entité plus vaste encore qui les engloberait tous. L'enjeu de la survie de l'humanité et de son environnement est ainsi abordé à travers un singulier dialogue à distance qui s'interroge sur un destin dangereusement emballé et introduit non sans ironie la réflexion morale et écologique dans le processus d'évolution des espèces.
Si vous vous contentez d'observer tranquillement, en sceptique convaincu; si vous restez en dehors des luttes qui vous paraissent secondaires, ou si, même étant d'une factions, vous osez constater les défaillances et les folies de vos amis, on vous traitera comme une bête dangereuse ; on vous traquera partout ; vous serez injurié, conspué, traître et renégat ; car la seule chose que haïssent tous les hommes, en religion comme en politique, c'est la véritable indépendance d'esprit. " Guy de Maupassant. Cette indépendance d'esprit, Maupassant l'exerce, de 1881 à 1889, dans les chroniques écrites pour les grands journaux de l'époque. Elles éclairent un angle de découverte d'une brûlante actualité, toute moderne, avec des analyses quotidiennes qui ne cessent de mettre en valeur la vie parlementaire, la vie sociale, toute la perspective d'une pensée libre et ouverte, un regard implacable sur la vie politique d'une société. Cet intérêt nouveau d'un journaliste-chroniqueur pour un monde dont il dénonce les tares et les faux semblants, précise une couleur d'époque où s'exaspèrent l'affairisme et la dégradation morale. La société a perdu ses plus solides repères et ceux qui la dirigent sombrent dans la médiocrité. La parole polémique du chroniqueur devient alors parole politique, celle d'un homme qui ose prendre parti, aller à contre-courant des idées toutes faites, vers un nihilisme grandissant. Regroupées pour la première fois, les Chroniques politiques de Maupassant sont présentées par Gérard Delaisement auteur, en 1956, de Maupassant journaliste et chroniqueur (Albin Michel), d'éditions de Bel-Arni (Garnier), de Fort cantine la mort (Gallimard), des Contes et Nouvelles (Albin Michel) et qui a consacré sa vie à rassembler les Chroniques de Maupassant dont il a réalisé l'édition critique.
L'histoire nous a légué d'innombrables énigmes, mystères et réalités insolites: l'Atlantide, les "pierres du ciel", les possessions démoniaques, la sorcellerie, la lycanthropie, le vampirisme, les enfants sauvages, les apparitions extraordinaires, les stigmates et corps à prodige, les extases mystiques, etc. L'anthropologie ne peut pas traiter ces données que l'on rencontre dans de nombreuses cultures comme de simples résurgences folkloriques, superstitions ou hallucinations. Elle doit au contraire s'interroger sur leur teneur ontologique qui n'est pas simplement du registre de l'irrationnel ou de la fiction, mais bien du registre de la constitution intersubjective des mondes vécus ordinaires. Cet ouvrage illustre le complémentarisme des démarches de l'ethnopsychanalyse, de la psychanalyse et de la phénoménologie pour restituer la complexité de l'étrange. De multiples observations et découvertes témoignent de l'intrication étroite entre "l'imaginaire" (les croyances, les mythes, les légendes) et "le réel" (les connaissances scientifiques, les réalités attestées, les faits historiques avérés). L'Anthropologie de l'étrange est donc l'étude critique de trois quêtes métaphysiques fondamentales: l'origine (du monde; de la vie, de l'homme), le devenir (de l'humain, de la planète, du cosmos), la pluralité (des mondes habités, des mondes vécus, des différents types d'humains ou d'humanoïdes).
Grand écrivain dont le style était unanimement admiré, même par ses adversaires, Jean-Jacques Rousseau n'avait pas cependant l'écriture facile. De cet ennemi de la correspondance, ne nous sont pas moins parvenues quelque 2 700 lettres écrites de 1730 à 1778. Une vie d'homme n'est pas uniforme, et celle de Rousseau moins que toute autre, aussi ses lettres sont-elles d'une grande diversité. Certaines sont familières ou personnelles, révélatrices d'un tempérament susceptible de passions ardentes. Certaines, touchantes, vont à celle qui partagea son quotidien pendant trente-trois ans et n'hésita jamais, à partir de 1762, à le suivre dans son exil. La correspondance révèle aussi, chez ce solitaire par choix et par force, son besoin d'autrui, son exigence de compréhension toujours déçue, sa conception intransigeante de l'amitié. "Je fus ami si jamais homme le fut", assure-t-il dans Les Confessions. Autre Rousseau encore, et qu'on ne pouvait ignorer, le philosophe qui constitue son "magasin d'idées" et surtout, en 1756, la lettre qu'il adresse, sur la Providence et la théodicée, au Voltaire du Poème sur le désastre de Lisbonne. Autre Rousseau enfin, celui qui s'exprime, de plus en plus angoissé, quand, après les désastres de Môtiers et de l'île de Saint-Pierre, il pénètre dans l'univers effrayant de la paranoïa des dernières années. Il serait artificiel de présenter cette correspondance selon un ordre thématique. Mais suivies une à une, dans l'ordre chronologique, les 78 lettres de ce florilège font percevoir les étapes successives d'une vie, d'une carrière et d'une pensée.