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Martial, la rage de l'humilié
Bizeul Daniel
AGONE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782748903607
Martial est un métis au visage brun dont le père est martiniquais. Il est gay, et se lie parfois à des Blancs aisés pour de l'argent et du rêve. En 1992, à 24 ans, il apprend qu'il est contaminé par le virus du sida. Je venais de faire sa connaissance peu avant. Il meurt en 2010, à 42 ans. Selon les médecins, c'est le sida qui l'a emporté. Mais est-ce là une explication suffisante ? Sous l'attrait qu'il exerçait, enjoué ou songeur, pouvait surgir de la rage et l'envie de tuer. Les liens ordinaires sombraient. Type odieux ou mal dans sa peau, individu immature, schizophrène étaient des termes employés, "rebut de la société", disait-il de lui. Peut-on mener une sociologie de la folie ou de la colère ? En utilisant comme sources principales les cahiers rédigés pendant des années par Martial et les moments partagés avec lui, le sociologue Daniel Bizeul rend compte de l'homme qu'il a aimé. A travers la vie reconstituée de Martial, il est question des indésirables, ces parcelles d'humanité qui vivent de combines et d'aides sociales et sont rebelles à toute autorité.
Loin d'être reconnaissables et classables du premier coup, les nomades qui vivent en France forment une population difficilement cernable, qu'aucun critère ne permet de distinguer de façon simple et immédiate, ni l'habitation mobile, ni un type d'accès aux ressources, ni le rattachement ethnique, par exemple. Pourtant, ils forment une entité humaine relativement délimitée et ordonnée : - c'est un ensemble spécifique : composé d'individus et de groupes qui se reconnaissent du même monde, et qui agissent en conséquence, en particulier dans leurs jugements, lents fréquentations, leurs alliances ; - c'est un ensemble fractionné : composé d'individus et de groupes qui s'évitent, ou s'opposent, pour des raisons de classe, d'âge, ou de race, et du fait de la concurrence entre eux dans divers domaines. Tel est l'argument de cet ouvrage, qui s'appuie sur des entretiens biographiques et des monographies locales ou familiales, réalisés principalement sur l'Ouest de la France, auprès de familles aux situations et aux trajectoires diverses, se différenciant en particulier par la façon d'accéder aux ressources, d'utiliser l'espace, de réaliser la vie collective.
Résumé : C'est la fin des Trente Glorieuses, l'industrie du kidnapping ne s'est jamais aussi bien portée et la France ne manque pas d'industriels, de banquiers et de PDG capables, sous la menace, de faire remplir des valises de billets pour obtenir leur libération. Ensuite, il suffit aux ravisseurs de les récupérer, de relâcher l'otage et profiter du pactole... D'emblée le patron de la Crim', Pierre Ottavioli, met la barre au plus haut : "On ne cède pas, on ne paye pas, on intervient". C'est le 23 janvier 1978 qu'a lieu le rapt du baron Empain, PDG du groupe Empain-Schneider, un fleuron de l'industrie française. C'est le 10e enlèvement auquel est confronté André Bizeul, jeune commissaire de police, depuis qu'il est au 36, quai des Orfèvres. Cette fois il est aux manettes, juste en dessous d'"Otta", et collé à Broussard, patron de la BRI, c'est-à-dire au coeur de l'action. Cette affaire sera longue, difficile, risquée mais... réussie ! Au plus près des faits, le commissaire Bizeul nous raconte pour la première fois l'enquête menée par la police judiciaire parisienne sur cet enlèvement hors norme. Agrémenté de témoignages inédits provenant des protagonistes ou des membres de la famille Empain, étayé de documents exclusifs, ce récit nous offre une autre lecture de ce qu'on a appelé "L'affaire Empain" et qui a tenu en haleine la France entière pendant des semaines.
Résumé : Entré au service comme simple soldat en 1905, Antonin Regard gravit la hiérarchie militaire jusqu'au grade de général de brigade en 1945. Ces quarante années de vie militaire, marquées par les combats de la Grande Guerre et le relèvement de l'armée dans la Résistance, sont ici retracées par des documents photographiques exceptionnels issus du musée des Troupes de montagne à Grenoble. Ceux-ci nous montrent les chasseurs alpins dans la Grande Guerre, au Chemin des Dames et en Alsace, les troupes du Levant, le 6e BCA à Grenoble, puis le 37e régiment d'infanterie de forteresse dit "régiment des Vosges" sur la Ligne Maginot, en Alsace toujours, avant et pendant les heures dramatiques de 1940. Précurseur de la Résistance à Grenoble, Antonin Regard part en Afrique du Nord à la fin de l'année 1942, et est finalement promu au grade d'officier général par de Gaulle. En filigrane de cette vie, c'est toute une époque militaire, avec ses grandeurs et ses servitudes, qui est ressuscitée par ces documents.
Résumé : Le Front national est régulièrement dénoncé comme un parti dangereux pour la démocratie, et ses militants sont souvent assimilés à des " racistes " ou à des " fascistes ". Ce jugement laisse pourtant sans réponses des questions qui sont brutalement redevenues actuelles en 2002 : pourquoi une fraction non négligeable de l'électorat accorde-t-elle ses voix aux candidats du FN et à son leader ? Par quels mécanismes une organisation politique aussi combattue peut-elle disposer d'adeptes convaincus ? Comment ceux-ci préservent-ils une image positive d'eux-mêmes ? De 1996 à 1999, Daniel Bizeul a participé aux activités d'un groupe de militants du FN de la région parisienne. Tirant dans cet ouvrage les leçons de cette expérience singulière, il donne les clés de la force d'attraction de ce parti. En retraçant la diversité des trajectoires sociales de ses militants, il restitue les motivations complexes de leur engagement et explique comment ils le vivent et le justifient au quotidien. Il met aussi en évidence le rôle actif de la propagande diffusée par les cadres dirigeants ainsi que leur capacité à exploiter politiquement le désarroi d'une partie de la population (désespérance sociale, volonté de revanche, sentiment d'injustice, etc.) Refusant, par principe, de céder à la diabolisation, Daniel Bizeul fait ici la preuve que la sociologie peut activement contribuer à comprendre le " phénomène FN ".
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?