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Anthropologie des milieux techniques. Tome 1, Engrenages
Beaune Jean-Claude
CHAMP VALLON
29,00 €
Épuisé
EAN :9782876735187
Les "faits techniques" existent dans des milieux humains complexes en tant que premier moyen de survie mais aussi comme des "étrangers" car "les machines" omniprésentes demeurent souvent obscures à leurs usagers, profiteurs ou victimes. Ainsi l'accélération post-industrielle du bio-pouvoir interdit concrètement toute distance critique entre la nature et la condition humaines. L'actuelle prolifération des langages médiatisés et des comportements formatés transforme-t-elle le "rêve de Prométhée" en une utopie créatrice d'un "post-humain" ou n'est-elle qu'une nouvelle image de cet homme-machine où chaque époque exprime sa conception physique et symbolique de l'espace et du temps socialisés? Les machines sont des liens et des otages entre la nature et la culture, la vie et la mort, la nécessité et le hasard, la sagesse et la ruse, l'espoir et la peur; l'emploi et le chômage, le réel et le virtuel, selon l'engrenage général des savoirs et pouvoirs mis en oeuvre. On a choisi quatre ouvertures, chacune illustrée par un exemple: 1. Quelques concepts d'inspiration bachelardienne et une position rationnelle et matérielle du progrès (exemple: le caoutchouc); 2. L'exploitation économique du registre technique (ex.: la préhistoire du mondialisme); 3. Le développement d'un milieu de la communication, de la transmission, du transport (ex.: le modèle de l'automobile); 4. Les situations réelles de travail, fondements de la modification utile du milieu et haut lieu de la sélection des hommes (ex.: l'esclavage contemporain, la déqualification technique). Ce livre fait appel à l'histoire récurrente à partir du paradoxe qui l'eut que plus la machine est étroitement intégrée à notre corps et notre esprit, moins elle nous parle de ses concepteurs, acteurs et responsables, dans la logique d'un mouvement ancien mais qui devient dans notre milieu un engrenage de consommation plus qu'un gage al "autonomie. Ce problème prend ainsi un sens anthropologique, polémique et politique revendiqué comme tel par l'auteur."
Résumé : La question de la Technologie relève d'un paradoxe instructif : alors que jamais une civilisation n'a poussé aussi loin sa puissance technique et ne s'en est aussi complaisamment prévalu pour imposer ses contraintes aux autres civilisations ou justifier, en elle, le dogme de l'optimisme technique lié à l'idée de Progrès, elle reste très peu soucieuse du savoir des techniques, des retombées sociales de celles-ci, en bref de ce qu'on peut nommer la "culture technique". L'automate et ses mobiles est un premier essai de synthèse d'une multiplicité de regards, d'ancrages et de travaux divers sur un objet technique passionnant. L'automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre L'Automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre - celui de la vie même - ou s'affirmer comme l'expression achevée ou parfaite de l'abstraction la plus haute philosophique et scientifique. Technologie singulière, qui excède un statut de simple machine, mais ouvre sans cesse sur une autre logique, l'automate est toujours une créature ambiguë. L'automate et ses mobiles se veut une histoire stratifiée, ethnologique, mythologique et rationnelle de ces êtres doubles et duplices : des Golems et des androïdes primitifs à la cybernétique moderne, des horloges des Lumières, du mécanisme cartésien aux rêveries de Borgès et aux machines célibataires. L'automate et ses mobiles devrait constituer un ouvrage de référence pour les historiens des Sciences et des Techniques, les philosophes et les étudiants.
On peut distinguer trois mesures ", note l'Encyclopédie de d'Alembert et de Diderot, " celle des temps, celle des lieux, celle du commerce ". A la source de cette " règle originairement arbitraire et ensuite devenue fixe dans différentes sociétés ", il y a une certaine quantité qu'on prend pour unité et dont on exprime les rapports avec d'autres quantités homogènes. La mesure se présente sous son visage concret. Les instruments de mesure sont fondateurs de la civilisation et de la raison même : l'horloge, le thermomètre, la balance et leurs récentes métamorphoses ont scandé et rythmé notre existence sous tous ses modes : mécanique et physique, médical, économique et commercial, esthétique, historique, juridique et social. L'indispensable homogénéité de la mesure et de la chose mesurée semble renvoyer à une identité ou à une analogie de substance, de nature, de matière ou de forme : il faut bien pouvoir comparer. D'un autre côté, le choix même de l'étalon fait de la mesure un acte conventionnel et de l'instrument de mesure un objet technique, artificiel. Le postulat d'une sorte de connivence entre les choses, garant de la comparaison, est comme démenti par l'instrument de mesure dont l'élaboration requiert bien plus qu'une commune mesure : une théorie. Il faut, en effet, rendre commensurable. Mais pouvons-nous le faire ? Dans quelles conditions ? Il s'agit de substituer à la diversité des choses des signes homogènes. Les instruments de mesure nous donnent-ils une idée de ce qu'ils mesurent ? Cet ouvrage constitue les Actes du colloque qui s'est tenu au Centre d'Analyse des Formes et Systèmes de la Faculté de philosophie de l'université Jean-Moulin-Lyon III, les 28 et 29 octobre 1993.
Résumé : Le remède, le médicament, la drogue sont des objets pharmaceutiques mais aussi des objets médicaux, des moyens d'action très concrets, également des images symboliques et sacrées, enfin des notions philosophiques. On entend par là qu'à travers ces êtres bizarres et leurs métamorphoses, ce sont des questions fondamentales qui nous reviennent : la séparation ou la complicité de l'esprit et du corps, de la vie et de la mort, du normal et du pathologique. Le remède est aussi au centre d'une culture, d'une attitude sociale devant l'hygiène, la santé et leurs diverses expressions ou imaginations anciennes et récentes. Mais le remède a d'abord une histoire, il fait appel à des lois, des normes, à un droit toujours exigeant. Il constitue donc également l'occasion d'interroger les pratiques médicales, certaines sciences biologiques et pharmaceutiques sûres d'elles-mêmes, et de pousser l'enquête jusqu'aux fondements déontologiques ou éthiques de leurs pratiques. Le remède, dans ces conditions, devient le pilier d'une réflexion plus vaste pour laquelle il apparaît comme une sorte de fait social total. Cependant une généralisation s'autorise des rapports établis entre deux perspectives fondamentales. D'abord la technicité de l'objet : un remède est un outil par lequel le médecin décide d'intervenir (ou non) sur un état biologique devenu insupportable ou pénible à l'individu. Et cette " technicité " est exemplaire d'une orientation décisive de la médecine ancienne et contemporaine. Ensuite, il suggère autant qu'il agit, il possède ce pouvoir habile, indécis, parfois démoniaque d'être souvent au-delà de lui-même, réfractaire à toute positivité absolue, capable donc de prendre en compte, fût-ce " par l'absurde ", la singularité de l'individu qui le reçoit et la précarité du médecin qui l'administre. Ses qualités philosophiques parlent alors d'elles-mêmes : elles corrigent une technicité trop belle pour être vraie, elles font de lui un placebo besogneux lorsqu'il prend peur de lui-même et de son pouvoir de ciguë mortelle. La philosophie du remède s'est donné pour tâche de marquer quelques points où le remède - et plus généralement les pratiques bio-médicales - laissent entrevoir quelques-unes de ces étranges ambiguïtés qui parsèment notre existence médicale et sociale. Et, au bout du compte, de tendre la perche à Nietzsche ou Zarathoustra pour qui le " dernier homme ", celui qui " respecte la santé ", est aussi celui " qui vit le plus longtemps "... ce qui n'est pas pour lui, il s'en faut, un compliment.
Depuis Galilée et son affirmation que le Grand Livre de la Nature est écrit en langage mathématique, la science a été une mathématisation progressive des données sensibles fournies par l'observation. Malgré la réticence des philosophes à assumer cet état, certains acceptèrent pourtant de passer par ce détour formel de la mathesis. Car il ne s'agissait plus de se livrer aux méditations faciles sur les formes géométriques, mais de se confronter dorénavant à la rudesse abstraite du langage algébrique. Certes, la démarche réserve aussi le plaisir de comprendre et révèle d'autres harmonies. Mais la marche est difficile. On sait combien certains physiciens du XVIIIe siècle ont protesté contre la pénétration de leur discipline par la puissance de l'analyse. Rapidement, nul ne put être physicien qui ne maîtrisait pas le calcul infinitésimal. La chimie, la biologie plus tard, l'information n'ont pas échappé à la mathématisation. Les compositions géométriques, auxquelles Pascal géomètre restait attaché, devaient laisser la place à l'équation différentielle. Le hasard, l'incertitude même n'échappèrent ni au calcul ni à la formule. La science a substitué à l'élégance du discours celle de la preuve, à l'enchaînement des arguments celui des équations. Le sensible, cette présence originaire au monde, ne peut aujourd'hui accéder à l'objectivité qu'au travers de procédures algébriques qui tracent sur sa chair les lignes de force et d'intelligence qui nous en assurent la compréhension. Il y a là tin défi que la science s'occupe à relever depuis plus de trois cents ans. Il faut bien que la philosophie, sur son mode propre, relève à son tour le même défi. Nous voilà contraints de penser la pensée mathématique du monde.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.