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L'Automate et ses mobiles
Beaune Jean-Claude
FLAMMARION
21,00 €
Épuisé
EAN :9782082115148
La question de la Technologie relève d'un paradoxe instructif : alors que jamais une civilisation n'a poussé aussi loin sa puissance technique et ne s'en est aussi complaisamment prévalu pour imposer ses contraintes aux autres civilisations ou justifier, en elle, le dogme de l'optimisme technique lié à l'idée de Progrès, elle reste très peu soucieuse du savoir des techniques, des retombées sociales de celles-ci, en bref de ce qu'on peut nommer la "culture technique". L'automate et ses mobiles est un premier essai de synthèse d'une multiplicité de regards, d'ancrages et de travaux divers sur un objet technique passionnant. L'automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre L'Automate est une machine fascinante. Création technique qui peut relever de l'invention la plus délirante, dans la gratuité inquiétante du leurre - celui de la vie même - ou s'affirmer comme l'expression achevée ou parfaite de l'abstraction la plus haute philosophique et scientifique. Technologie singulière, qui excède un statut de simple machine, mais ouvre sans cesse sur une autre logique, l'automate est toujours une créature ambiguë. L'automate et ses mobiles se veut une histoire stratifiée, ethnologique, mythologique et rationnelle de ces êtres doubles et duplices : des Golems et des androïdes primitifs à la cybernétique moderne, des horloges des Lumières, du mécanisme cartésien aux rêveries de Borgès et aux machines célibataires. L'automate et ses mobiles devrait constituer un ouvrage de référence pour les historiens des Sciences et des Techniques, les philosophes et les étudiants.
Résumé : Ce second volume de l'Anthropologie des milieux techniques est en miroir du premier intitulé Engrenages, où on a considéré de préférence les activités machiniques "en situation matérielle". Machinations se consacre à leurs langages, classifications, représentations, imaginaires, ce qu'on dit des "techniques" et ce qu'elles-mêmes nous disent. D'où quatre parties, comme dans Engrenages, chacune illustrée d'un exemple : 1 ; les milieux, les objets, les métiers, l'industrie, le travail en difficultés, l'invention, le bricolage ; 2 ; a philosophique antique, classique, l'enseignement et la fiction, les techniques orientales ; 3 ; la médiatisation, l'habitation traditionnelle, l'utopie urbaine, la pollution et le recyclage ; 4 ; l'automatisation, le hasard, le ,jeu, l'art et la machine. Ces questions engagent une analyse historique et contemporaine du sens de la "condition technique" et l'hypothèse d'un sujet technique spécifique. Dans une approche anthropologique critique, on rencontre des débats actuels mais éternels concernant le corps, l'éthique, le rapport sécuritaire à la vie et à la nature, les ambiguïtés de la technoscience, les responsabilités des pouvoirs, les méfaits de l'ignorance. L'histoire des machines, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles, intervient ainsi que l'évolution des"mentalités", de l'outil au numérique : celles du créateur, du décideur, du responsable et de l'"homme ordinaire". Les termes Machinations et Stratégies supposent que la "machine" devienne l'otage et le fantôme de ce qu'on nomme "technologie" : plus nous en usons et moins nous la comprenons. Ce qui conditionne le rapport difficile aux autres et à nous-mêmes, en un milieu technique qui garderait ainsi une part de mystère. Peut-on envisager la connaissance et la culture en général sans prendre en compte cette question ?
On peut distinguer trois mesures ", note l'Encyclopédie de d'Alembert et de Diderot, " celle des temps, celle des lieux, celle du commerce ". A la source de cette " règle originairement arbitraire et ensuite devenue fixe dans différentes sociétés ", il y a une certaine quantité qu'on prend pour unité et dont on exprime les rapports avec d'autres quantités homogènes. La mesure se présente sous son visage concret. Les instruments de mesure sont fondateurs de la civilisation et de la raison même : l'horloge, le thermomètre, la balance et leurs récentes métamorphoses ont scandé et rythmé notre existence sous tous ses modes : mécanique et physique, médical, économique et commercial, esthétique, historique, juridique et social. L'indispensable homogénéité de la mesure et de la chose mesurée semble renvoyer à une identité ou à une analogie de substance, de nature, de matière ou de forme : il faut bien pouvoir comparer. D'un autre côté, le choix même de l'étalon fait de la mesure un acte conventionnel et de l'instrument de mesure un objet technique, artificiel. Le postulat d'une sorte de connivence entre les choses, garant de la comparaison, est comme démenti par l'instrument de mesure dont l'élaboration requiert bien plus qu'une commune mesure : une théorie. Il faut, en effet, rendre commensurable. Mais pouvons-nous le faire ? Dans quelles conditions ? Il s'agit de substituer à la diversité des choses des signes homogènes. Les instruments de mesure nous donnent-ils une idée de ce qu'ils mesurent ? Cet ouvrage constitue les Actes du colloque qui s'est tenu au Centre d'Analyse des Formes et Systèmes de la Faculté de philosophie de l'université Jean-Moulin-Lyon III, les 28 et 29 octobre 1993.
Résumé : Il est beaucoup question dans ce livre de techniques, de technologie, de machines, d'outils, d'objets conçus et fabriqués, d'artifices, d'automates. Autant d'optiques qui se recouvrent en partie mais laissent, à travers cette pluralité revendiquée, entrevoir un point commun : un objet technique n'a pas de sens par lui-même mais par le fait qu'autour de lui se met en place un milieu de travail, de valeurs, d'images et de raisons. Chaque objet est ainsi porteur de cette qualité expressive dont la synthèse désigne "la technicité", sous ses formes multiples : du compagnonnage aux systèmes informatiques en passant par la manufacture, l'usine - sans oublier le musée et l'école car l'art et l'information sont également concernés par cette organisation -, ce sont des milieux qui tissent le cadre historique, social, politique et symbolique de notre existence. La philosophie, associée à l'histoire, à la science, aux mécanismes de conception, de classification, de constitution du monde sensible, nous propose quelques chances d'expérimenter, à travers ces milieux, certaines de ses propres questions fondamentales qui sont aussi celles que la technique est amenée à prendre en compte : l'être et l'existence; l'un et le multiple; le même et l'autre; l'esprit et le corps ; le naturel et le culturel; le normal et le pathologique; la vie et la mort. Les perspectives sont considérées dans l'esprit des grands "technologues" croisés avec les orientations de certaine épistémologie qui, depuis A. Comte en passant par Bachelard, Canguilhem, Foucault, F. Dagognet, doit permettre de tendre un "filet" de concepts et d'images capable de prendre au piège ce qui constitue peut-être "le milieu des milieux", l'interrogation dernière : la technique en ses milieux, heideggérienne ou non, renvoie à la question ultime et présocratique de la MATIÈRE et de nos impuissances à l'exprimer vraiment si ce n'est selon un art, une poétique de dimension quasi surhumaine.