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Mathématisation du sensible Sur l'oeuvre de Daniel Parrochia
Beaune Jean-Claude ; Chazal Gérard
EUD
18,00 €
Épuisé
EAN :9782915611236
Depuis Galilée et son affirmation que le Grand Livre de la Nature est écrit en langage mathématique, la science a été une mathématisation progressive des données sensibles fournies par l'observation. Malgré la réticence des philosophes à assumer cet état, certains acceptèrent pourtant de passer par ce détour formel de la mathesis. Car il ne s'agissait plus de se livrer aux méditations faciles sur les formes géométriques, mais de se confronter dorénavant à la rudesse abstraite du langage algébrique. Certes, la démarche réserve aussi le plaisir de comprendre et révèle d'autres harmonies. Mais la marche est difficile. On sait combien certains physiciens du XVIIIe siècle ont protesté contre la pénétration de leur discipline par la puissance de l'analyse. Rapidement, nul ne put être physicien qui ne maîtrisait pas le calcul infinitésimal. La chimie, la biologie plus tard, l'information n'ont pas échappé à la mathématisation. Les compositions géométriques, auxquelles Pascal géomètre restait attaché, devaient laisser la place à l'équation différentielle. Le hasard, l'incertitude même n'échappèrent ni au calcul ni à la formule. La science a substitué à l'élégance du discours celle de la preuve, à l'enchaînement des arguments celui des équations. Le sensible, cette présence originaire au monde, ne peut aujourd'hui accéder à l'objectivité qu'au travers de procédures algébriques qui tracent sur sa chair les lignes de force et d'intelligence qui nous en assurent la compréhension. Il y a là tin défi que la science s'occupe à relever depuis plus de trois cents ans. Il faut bien que la philosophie, sur son mode propre, relève à son tour le même défi. Nous voilà contraints de penser la pensée mathématique du monde.
Résumé : Bien que contemporaines - les dates d'exercice intellectuel de leur maître respectif, Husserl et Freud, sont à peu près identiques - la phénoménologie et la psychanalyse ne se sont guère rencontrées. Il y a certes quelques ponts éphémères, quelques velléités sans lendemain mais tout se passe comme si elles s'ignoraient, se " tournaient le dos ". Pourquoi en est-il ainsi - et d'abord en est-il vraiment ainsi ? Telle est évidemment la première question que veut poser ce colloque - sans prétendre la résoudre sans doute mais en ménageant à sa formulation le maximum d'ouvertures possibles. Or des dialogues, il y en a - même sournois ou sans espoir la philosophie, le théâtre de Sartre ou de Beckett pourraient en dire quelque chose. L'homme en attente, l'individu nauséeux ont puisé dans l'angoisse husserlo-heideggérienne et celle-ci, on le sait, remonte bien à son tour sans doute aux difficultés que l'homme-esprit éprouve à s'accepter comme corps. C'est ce que la philosophie nous enseigne, que l'on soit cartésien, mécaniste au sens du XVIIIe siècle, romantique ou même nietzschéen : mais ce sont la philosophie du XXe siècle et les sciences humaines de cette époque qui récupèrent, à leur dépit parfois, cette destinée d'une vérité physique appliquée à l'homme qui s'écroule et d'une humanité balbutiante qui ne parvient pas à parler. Au-delà des solutions esthétiques et hellénistiques que l'idéalisme s'est ménagées pour refuser de se voir malade, en deçà également des hésitations d'un mathématicien qui abandonne son art pour mieux comprendre sa vie, on distingue bien quelques velléités d'échange, en tout cas un pont élémentaire. Husserl, Freud et leurs écoles sont toujours à la pointe de l'actualité : la condition de l'homme moderne se nomme d'abord " angoisse " - les regards phénoménologique, médical, littéraire et autres pourraient-ils la conjurer ? C'est la seconde question et on ne peut sans doute que tracer quelques pistes pour la saisir un peu mieux. Lorsque deux colosses refusent ainsi de se voir, ce n'est pas par hasard - c'est qu'ils sont aveugles ou que le labyrinthe est trop vaste pour eux. Dans tous les cas, il nous appartient d'en tirer des conséquences pour nous-mêmes - et pour le monde. De retrouver dans ces démarches impitoyables une double image capable, par réaction ou différence, de nous rendre quelque rêve du retour aux " choses mêmes " : le sens de celles-ci que l'angoisse, le lapsus, l'autisme ont trop longtemps évacué.
Résumé : Il est beaucoup question dans ce livre de techniques, de technologie, de machines, d'outils, d'objets conçus et fabriqués, d'artifices, d'automates. Autant d'optiques qui se recouvrent en partie mais laissent, à travers cette pluralité revendiquée, entrevoir un point commun : un objet technique n'a pas de sens par lui-même mais par le fait qu'autour de lui se met en place un milieu de travail, de valeurs, d'images et de raisons. Chaque objet est ainsi porteur de cette qualité expressive dont la synthèse désigne "la technicité", sous ses formes multiples : du compagnonnage aux systèmes informatiques en passant par la manufacture, l'usine - sans oublier le musée et l'école car l'art et l'information sont également concernés par cette organisation -, ce sont des milieux qui tissent le cadre historique, social, politique et symbolique de notre existence. La philosophie, associée à l'histoire, à la science, aux mécanismes de conception, de classification, de constitution du monde sensible, nous propose quelques chances d'expérimenter, à travers ces milieux, certaines de ses propres questions fondamentales qui sont aussi celles que la technique est amenée à prendre en compte : l'être et l'existence; l'un et le multiple; le même et l'autre; l'esprit et le corps ; le naturel et le culturel; le normal et le pathologique; la vie et la mort. Les perspectives sont considérées dans l'esprit des grands "technologues" croisés avec les orientations de certaine épistémologie qui, depuis A. Comte en passant par Bachelard, Canguilhem, Foucault, F. Dagognet, doit permettre de tendre un "filet" de concepts et d'images capable de prendre au piège ce qui constitue peut-être "le milieu des milieux", l'interrogation dernière : la technique en ses milieux, heideggérienne ou non, renvoie à la question ultime et présocratique de la MATIÈRE et de nos impuissances à l'exprimer vraiment si ce n'est selon un art, une poétique de dimension quasi surhumaine.
Les "faits techniques" existent dans des milieux humains complexes en tant que premier moyen de survie mais aussi comme des "étrangers" car "les machines" omniprésentes demeurent souvent obscures à leurs usagers, profiteurs ou victimes. Ainsi l'accélération post-industrielle du bio-pouvoir interdit concrètement toute distance critique entre la nature et la condition humaines. L'actuelle prolifération des langages médiatisés et des comportements formatés transforme-t-elle le "rêve de Prométhée" en une utopie créatrice d'un "post-humain" ou n'est-elle qu'une nouvelle image de cet homme-machine où chaque époque exprime sa conception physique et symbolique de l'espace et du temps socialisés? Les machines sont des liens et des otages entre la nature et la culture, la vie et la mort, la nécessité et le hasard, la sagesse et la ruse, l'espoir et la peur; l'emploi et le chômage, le réel et le virtuel, selon l'engrenage général des savoirs et pouvoirs mis en oeuvre. On a choisi quatre ouvertures, chacune illustrée par un exemple: 1. Quelques concepts d'inspiration bachelardienne et une position rationnelle et matérielle du progrès (exemple: le caoutchouc); 2. L'exploitation économique du registre technique (ex.: la préhistoire du mondialisme); 3. Le développement d'un milieu de la communication, de la transmission, du transport (ex.: le modèle de l'automobile); 4. Les situations réelles de travail, fondements de la modification utile du milieu et haut lieu de la sélection des hommes (ex.: l'esclavage contemporain, la déqualification technique). Ce livre fait appel à l'histoire récurrente à partir du paradoxe qui l'eut que plus la machine est étroitement intégrée à notre corps et notre esprit, moins elle nous parle de ses concepteurs, acteurs et responsables, dans la logique d'un mouvement ancien mais qui devient dans notre milieu un engrenage de consommation plus qu'un gage al "autonomie. Ce problème prend ainsi un sens anthropologique, polémique et politique revendiqué comme tel par l'auteur."
On peut distinguer trois mesures ", note l'Encyclopédie de d'Alembert et de Diderot, " celle des temps, celle des lieux, celle du commerce ". A la source de cette " règle originairement arbitraire et ensuite devenue fixe dans différentes sociétés ", il y a une certaine quantité qu'on prend pour unité et dont on exprime les rapports avec d'autres quantités homogènes. La mesure se présente sous son visage concret. Les instruments de mesure sont fondateurs de la civilisation et de la raison même : l'horloge, le thermomètre, la balance et leurs récentes métamorphoses ont scandé et rythmé notre existence sous tous ses modes : mécanique et physique, médical, économique et commercial, esthétique, historique, juridique et social. L'indispensable homogénéité de la mesure et de la chose mesurée semble renvoyer à une identité ou à une analogie de substance, de nature, de matière ou de forme : il faut bien pouvoir comparer. D'un autre côté, le choix même de l'étalon fait de la mesure un acte conventionnel et de l'instrument de mesure un objet technique, artificiel. Le postulat d'une sorte de connivence entre les choses, garant de la comparaison, est comme démenti par l'instrument de mesure dont l'élaboration requiert bien plus qu'une commune mesure : une théorie. Il faut, en effet, rendre commensurable. Mais pouvons-nous le faire ? Dans quelles conditions ? Il s'agit de substituer à la diversité des choses des signes homogènes. Les instruments de mesure nous donnent-ils une idée de ce qu'ils mesurent ? Cet ouvrage constitue les Actes du colloque qui s'est tenu au Centre d'Analyse des Formes et Systèmes de la Faculté de philosophie de l'université Jean-Moulin-Lyon III, les 28 et 29 octobre 1993.
La psychomécanique du langage, fondée par G Guillaume (1883-1960), a longtemps suscité des études consacrées à l'histoire des langues (en particulier du français), et a parfois été tenue pour une linguistique fondamentalement diachronique. Cependant, aucune synthèse n'avait encore été consacrée à l'exposition des conceptions guillaumiennes de la diachronie et du changement linguistique. La linguistique diachronique suscitant un regain d'intérêt sans cesse croissant, c'est cette lacune que le présent ouvrage vise à combler, en réunissant l'ensemble des propositions théoriques de Guillaume relatives à la diachronie. S'il présente la diachronie telle qu'elle est développée dans le cadre conceptuel de la psychomécanique du langage, l'ouvrage vise également à confronter cette théorie aux propositions du paradigme du changement linguistique, et à mesurer ainsi les points d'accord et les singularités de chacune de ces deux approches de l'histoire de la langue.
Le musée d'archéologie des années 1950, avec de beaux objets présentés dans des vitrines savamment éclairées, est sur le point de disparaître du paysage culturel. Et tandis que l'archéologie se diversifie et se ramifie en plusieurs spécialités qui tentent de se rapprocher des sciences exactes, par leurs méthodes comme par leur extrême focalisation, les musées, qui se sont tous plus ou moins convertis au rythme annuel de la succession des expositions temporaires, découvrent le rôle essentiel des médiations. Qu'est-ce que la (ou les) médiation (s) ? Quel tableau peut-on en dresser aujourd'hui ? En quoi les médiations modifient-elles les missions des musées ? Un déplacement essentiel s'est produit : si le travail de recherche archéologique et sa diffusion continuent d'être prioritaires, le public est dorénavant une préoccupation essentielle. Il est placé au centre d'un musée qui se transforme ; à sa mission première d'institution chargée de mettre en valeur des vestiges, le musée ajoute une dimension nouvelle de dispositif de communication. Cet ouvrage, le premier du genre, présente un panorama complet des différentes catégories de médiations à l'oeuvre dans le champ de l'archéologie. Qu'elles soient une préoccupation des archéologues eux-mêmes, qu'elles relèvent de l'activité professionnelle des médiateurs ou bien encore qu'elles se déroulent spontanément au sein du public, les formes et les types de médiation sont nombreux et variés. L'ouvrage en dresse un tableau très suggestif.