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L'oubli de la lettre
Banon David
ALBIN MICHEL
25,71 €
Épuisé
EAN :9782226326720
Les " Textes sacrés " ont mauvais presse aujourd'hui, qui nourrissent des " lectures fondamentalistes ". Or, le fondamentalisme naît précisément d'une non-lecture, dans la mesure où toute lecture est confrontation active avec un texte qui ne dit rien de lui-même. En regard, l'approche historico-critique se révèle lui aussi comme un contournement du texte biblique. Éminent spécialiste du midrach, cette lecture juive qui demande simultanément qu'on se laisse interpeller par l'altérité du texte et qu'on produise à partir de lui de nouveaux questionnements, David Banon déconstruit la critique biblique ainsi que la doctrine paulinienne qui en forme l'arrière-plan inconscient pour mieux nous introduire à une lecture vivante de la Bible et se confronter ainsi aux grandes questions : la création du monde, les rapports homme-femme, la filiation, le statut de l'étranger, le rôle du rite et de l'interdit ou encore la souffrance animale. David Banon est directeur du département des études hébraïques et juives de l'université de Strasbourg, membre de l'Institut universitaire de France et professeur invité à l'Université hébraïque de Jérusalem. L'un des rares spécialistes de la pensée juive en France, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La Lecture infinie (Le Seuil, 1987) et Entrelacs. La lettre et le sens dans l'exégèse juive (Le Cerf, 2008).
Cet ouvrage propose de souligner le passage de l'être à la lettre en mettant l'accent sur la rupture avec l'ontologie. Il décrit le mouvement allant de l'un à l'autre dans une sorte de "séparation liante" (AHN, p. 185) qui n'implique guère de reniement - ni d'un côté ni de l'autre. Il ne propose pas de synthèse, mais une autre distribution d'accents. Dans un premier temps, l'auteur s'interroge : cette façon de penser conduit-elle Levinas "hors du champ de la philosophie" ? Puis il met Levinas "à l'épreuve de l'autre", en le confrontant - toujours à partir de la perspective judaïque - à des auteurs tel que Rosenzweig sur les questions de l'éducation, Meschonnic sur la modalité du sacré, Blanchot sur l'être Juif, Janicaud au sujet du tournant théologique qu'il aurait imprimé à la phénoménologie, ou encore Benny Lévy sur l'attachement marqué de Levinas au "grec", à savoir à la philosophie. Toutefois, l'originalité de l'ouvrage réside dans la comparaison à des auteurs beaucoup moins connus dans notre espace européen : à Leibovitz pour lequel le judaïsme est une "religion revendicative", assignant l'humain aux commandements ; à Israël Salanter - fondateur du Moussar à Kovno, en Lituanie ; au rav Soloveitchik sur la question de la halakha. Mais aussi à un penseur étonnant et tonique, Daniel Epstein qui nous a livré, en hébreu, une présentation magistrale, précise et en nuances.
André Neher (1914-1987) fut l'une des grandes figures du judaïsme français d'après-guerre, et son oeuvre philosophique abondante, comme son engagement, marquèrent durablement des générations de lecteurs. Depuis ses travaux sur la prophétie (Amos, chez Vrin) ou l'Ecclésiaste (Notes sur Qahélét, chez Minuit) en 1950, ou encore sur le silence de Dieu après Auschwitz (l'Exil de la parole, au Seuil), dans les années 70, Neher a renouvelé le questionnement juif de la modernité et a contribué pour une grande part à une renaissance des études juives en France. Ce volume collectif, issu de différents colloques qui eurent lieu à Paris, Strasbourg et Jérusalem, devrait permettre de remettre à l'honneur un grand penseur du judaïsme, doublé d'un véritable écrivain, comme en témoigne la conférence inédite publiée ici sur le "Combat avec l'Ange".
Peut-on établir des rapports entre judaïsme et modernité? Au premier abord, il semble que l'arrimage soit impossible. Si le judaïsme s'adosse à une révélation, la modernité prône l'autonomie de la raison qui se donne pour tâche d'innover dans tous les domaines. Mais l'innovation provient-elle, comme le voudraient les tenants de la modernité, d'une césure ? Ne s'inscrit-elle pas aussi, comme le préconise le judaïsme, dans une continuité? La tradition juive, qui a subi bien avant le XVIIIe siècle les assauts de la modernité et de la sécularisation, n'a-t-elle pas son mot à dire sur la modernité qui est entrée en crise ? Ces problématiques, au centre du présent essai, sont discutées en convoquant divers philosophes contemporains. Sont ici présentées les différentes tentatives de sortir de cette polarisation, qui définit le judaïsme comme un archaïsme face à la modernité et à sa prétention de maîtriser le réel et le sens. Non pas l'un ou l'autre, l'un excluant l'autre, mais l'un et l'autre, dans une tension féconde.
Le messianisme, projection d'une fin dans la temporalité humaine, fut sans doute à la source de nombreux bouleversements dans l'histoire. Il peut inciter, comme dans le monde juif traditionnel, au quiétisme de l'attente, mais il peut aussi se retourner vers l'activisme le plus effréné. L'idée que nous aurions atteint une " fin de l'histoire ", sous une face libérale ou démocratique, ne peut être qu'un leurre pour des esprits avertis des forces en présence dans le tissu historique concret, toujours synonyme d'oppression, qu'elle soit politique, économique ou sociale. Depuis deux siècles, soit depuis Hegel, l'Occident sécularisé a pu croire qu'il était parvenu à une fin de l'histoire ; or, depuis lors, l'histoire s'est déchaînée avec une violence inédite. Les Juifs, peut-être parce qu'ils sont les premières victimes de tout faux-messianisme historique et politique, se méfient de mut discours d'" accomplissement historique ", lequel débouche le plus souvent sur la tragédie. Le messianisme juif, à rebours de toute idéalisation de l'histoire, de toute idylle comme de tout accomplissement, suggère précisément que l'histoire ne s'achève jamais, qu'elle est toujours à reprendre dans la mise en oeuvre d'une "réparation" destinée à retrouver l'ordre originel de la Création. Ainsi, le messianisme juif postule que l'histoire est toujours ouverte vers une potentialité de justice non encore accomplie, et toujours à réaliser. Ce n'est pas le moindre de ses enseignements.
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.
Cet ouvrage est le fruit de la pratique de zazen enseignée par Maître Taisen Deshimaru, expérience fondamentale de connaissance de soi, des autres, du monde et du cosmos. Comment vivre ici et maintenant? Comment observer son karma sur le chemin de la vie à la mort? Comment se concentrer instant après instant tout au long de la vie quotidienne afin de vivre pleinement le moment présent et ne pas laisser vainement passer le temps? Observation-concentration, aller de l'un à l'autre, telle est la méthode que nous propose Maître Deshimaru aussi bien à travers la posture de zazen que durant la vie quotidienne. C'est à partir de cette pratique millénaire et au-delà du temps, par l'entraînement du corps, de la respiration et de l'esprit qu'on devient un miroir où tout peut se réfléchir. Cet ouvrage, basé sur les principes de la médecine orientale, nous livre de plus un enseignement fondé sur l'ésotérisme du bouddhisme Mahayana et jamais révélé en Occident.
Un jour, entendant le son des marteaux qui travaillaient l'or dans l'atelier d'un ami bijoutier, Rumi crut entendre une invocation du nom d'Allah et, pris d'une grande émotion, il se mit à danser au beau milieu du bazar. Cette danse devint plus tard la danse rituelle de ses disciples, connus en Europe sous le nom de derviches tourneurs écrit Ahmed Kudsi-Erguner dans l'introduction de ce recueil. Bien des épisodes de la vie de Rumi, poète, sage et mystique soufi du XIIIe siècle, ont l'air comme celui-ci tirés d'un conte. Le mot Mesnevi désigne un poème composé de distiques (groupes de deux vers renfermant un énoncé complet) ; celui de Rumi en comporte 24 000. Versets du Coran, hadiths (paroles du prophète), légendes bibliques, contes hindous ou bouddhistes, vie quotidienne sont autant de points de départ à son inspiration. Extraits de cette grande oeuvre, sont présentés ici les contes que Rumi utilisait pour illustrer son enseignement très vivant. Si cette oeuvre est considérée comme un commentaire du Coran, sa sagesse, accessible à tous, toujours actuelle, fait fi des étiquettes. --Colette-Rebecca Estin
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.