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ContreTemps N° 34, Juillet 2017 : Retours sur octobre 17
Artous Antoine ; Sitel Francis
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849505557
Ce numéro de ContreTemps est un numéro spécial consacré au centenaire d'Octobre 17 et de la Révolution russe. Une histoire qui peut paraître aujourd'hui bien vieille. Mais en vérité une histoire qui n'est pas close ! Avec la chute du Mur de Berlin c'est tout un monde qui s'est trouvé englouti : celui des enthousiasmes et des polémiques passionnées, des promesses démesurées et des désespérances... Mais le monde nouveau alors né, notre monde présent, privé d'horizon communiste, dominé par un capitalisme brutal et conquérant, est celui de lo dégradation du principe espérance. Ce pourquoi il convient, par-dessus son épaule, de faire retour sur Octobre 17. Non dans un esprit de commémoration ou pour ouvrir un procès en indignité, mais pour une approche critique. Retours au pluriel, pour prendre en compte le riche travail des historiens qui nous permet de mieux connaître ce que fut cette révolution, et pour poursuivre les analyses des questions d'ordre stratégique qu'elle a posées. Avec le souci de tirer des enseignements de cette Révolution russe prise dans toute sa complexité, et comme moment clé de notre histoire. En perspective de notre combat politique, d'aujourd'hui et de demain.
La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandises. L'analyse de la marchandise, forme élémentaire de cette richesse, sera par conséquent le point de départ de nos recherches." En cette époque de marchandisation du monde et des activités humaines, toute l'actualité de Marx tient sans doute dans ces deux phrases qui ouvrent son ?uvre majeure: Le Capital. Tout se passe comme s'il était naturel que les produits du travail se présentent sous la forme de marchandises possédant une valeur. Or, justement, Marx entend montrer que ce n'est pas une forme naturelle des produits du travail, mais une forme sociale particulière, générée par la production capitaliste. Le fétichisme de la marchandise laisse croire que les produits du travail ont naturellement de la valeur. Le fétichisme de l'organisation capitaliste de la production laisse croire que le capital a naturellement de la productivité. Marx, lui, déconstruit ces évidences sociales pour montrer qu'elles sont le produit de rapports de production particuliers. Voilà pourquoi Le Capital porte comme sous titre " Critique de l'économie politique". Loin de s'en tenir à une simple analyse dite économique, Marx entreprend une analyse critique des rapports sociaux capitalistes et des formes de socialisation des individus qu'ils structurent. C'est cette dimension de son analyse que veut restituer l'auteur. Il ne s'agit pas ici de se livrer à une exégèse détaillée du Capital, mais de traiter de l'intérêt toujours actuel de cette approche comme des problèmes auxquels elle s'est heurtée. Si la tradition marxiste l'a souvent occulté, il a existé un " marxisme critique" mettant au centre l'analyse marxienne de fétichisme. C'est avec ce marxisme-là que l'auteur entend dialoguer, mais aussi avec des auteurs, " non marxistes ", comme Max Weber ou Michel Foucault.
Pour qui veut porter un regard critique sur le travail, son organisation et sa place dans nos sociétés, la confrontation avec Marx est incontournable. Non pas pour faire une exégèse savante des textes ou restituer une vérité qui aurait été cachée mais pour traiter des problèmes qu'il a rencontrés, des réponses qu'il a apportées, des contradictions auxquelles il s'est heurté. Si le dispositif théorique mis en place par Marx a structuré l'horizon de la période historique passée, ses analyses sont toujours actuelles car le capitalisme c'est toujours l'assujettissement des individus à une production dominée par la valorisation marchande et le développement de la précarité et de l'insécurité sociale. S'il est toujours indispensable de remettre en cause l'organisation capitaliste du travail tout en se battant pour le droit à l'emploi, il est également nécessaire de jeter un regard critique sur un mouvement ouvrier qui a, trop souvent, valorisé le travail. Et au-delà sur une perspective d'émancipation tout entière centrée sur la réorganisation de la vie sociale autour d'une production enfin libérée de la domination du capital. Si Marx n'a pas échappé à cette vision, il trace toutefois un autre horizon dont l'actualité est étonnante. Celui d'une émancipation pensée à travers une dialectique du temps de travail et du temps libre, permise par une réduction massive du temps de travail. Il s'agit alors de libérer le travail mais aussi de se libérer du travail. C'est cette lecture de Marx que nous propose ce livre qui, en référence aux débats contemporains, mobilise des auteurs tels que Pierre Naville, Jean-Marie Vincent, André Gorz ou Dominique Méda.
Artous Antoine ; Crémieux Léon ; Maler Henri ; Sab
Point n'est besoin de longs développements pour souligner que, au vu du bilan du siècle dernier, les rapports entre marxisme et démocratie sont problématiques. Pas seulement à cause des effets du stalinisme ou, plus généralement, du bilan du " socialisme réel ". Dès les années 1920, les dirigeants de la jeune révolution russe ont développé des pratiques politiques autoritaires et/ou des théorisations peu conformes à la démocratie la plus large dont, par ailleurs, ils se réclamaient. Et si Marx considérait que l'émancipation politique - l'instauration de la démocratie moderne e était " un grand progrès ", il a laissé bien des zones d'ombre sur son devenir dans la société future. En ce début du XXIe siècle, la démocratie apparaît comme une référence centrale de la (re) formulation d'un projet d'émancipation. Et cela, contre le capitalisme qui fonctionne comme une machine confisquant la démocratie. Mais ceux qui se réclament de Marx ne peuvent l'affirmer avec crédibilité que si, en même temps, ils reviennent à ce propos de façon critique sur leur propre histoire et leur propre référent programmatique et théorique.
Il est donc devenu banal de dire que Marx n'a pas laissé de théorie achevée de l'Etat et de la politique. Nombreux sont cependant les textes dans lesquels Marx apporte des éléments décisifs à l'analyse de la dimension politique d'une conjoncture et sur l'évolution des formes étatiques du XIXe siècle. Mais on ne trouve pas chez lui une théorie de l'Etat moderne équivalente à son analyse des rapports de production dans le " capital ". Cela laisse en suspens des problèmes d'importance. Ainsi, comment concevoir le lien entre le rapport salarial, la forme juridique et la représentation politique ? Il en est de même pour les phénomènes bureaucratiques. Cela lègue aussi un point aveugle sur une question cruciale : que faut-il entendre par dépérissement de l'Etat ? Antoine Artous aborde ces problèmes sans chercher à les esquiver, au travers d'un effort pour "faire parler les textes de Marx". Il ne s'agit pas de restituer une pensée mal comprise ou trahie. Il s'agit d'une lecture critique qui n'hésite pas à relever les lacunes, à mettre Marx à l'épreuve de sa postérité. Un dialogue ainsi s'organise avec des auteurs tels que Max Weber, Nicos Poulantzas ou Ernst Bloch. Pour Antoine Artous, l'?uvre de Marx ne peut sortir indemne de l'inscription historique du marxisme dans ce siècle. Croire le contraire serait illusoire. Elle apparaît néanmoins incontournable pour qui veut penser la formidable rupture dans l'histoire des sociétés que représente l'avènement de l'Etat moderne. Incontournable aussi pour qui veut réfléchir sur les perspectives politiques des luttes d'émancipation.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.