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Marx, l'État et la politique
Artous Antoine
SYLLEPSE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782907993715
Il est donc devenu banal de dire que Marx n'a pas laissé de théorie achevée de l'Etat et de la politique. Nombreux sont cependant les textes dans lesquels Marx apporte des éléments décisifs à l'analyse de la dimension politique d'une conjoncture et sur l'évolution des formes étatiques du XIXe siècle. Mais on ne trouve pas chez lui une théorie de l'Etat moderne équivalente à son analyse des rapports de production dans le " capital ". Cela laisse en suspens des problèmes d'importance. Ainsi, comment concevoir le lien entre le rapport salarial, la forme juridique et la représentation politique ? Il en est de même pour les phénomènes bureaucratiques. Cela lègue aussi un point aveugle sur une question cruciale : que faut-il entendre par dépérissement de l'Etat ? Antoine Artous aborde ces problèmes sans chercher à les esquiver, au travers d'un effort pour "faire parler les textes de Marx". Il ne s'agit pas de restituer une pensée mal comprise ou trahie. Il s'agit d'une lecture critique qui n'hésite pas à relever les lacunes, à mettre Marx à l'épreuve de sa postérité. Un dialogue ainsi s'organise avec des auteurs tels que Max Weber, Nicos Poulantzas ou Ernst Bloch. Pour Antoine Artous, l'?uvre de Marx ne peut sortir indemne de l'inscription historique du marxisme dans ce siècle. Croire le contraire serait illusoire. Elle apparaît néanmoins incontournable pour qui veut penser la formidable rupture dans l'histoire des sociétés que représente l'avènement de l'Etat moderne. Incontournable aussi pour qui veut réfléchir sur les perspectives politiques des luttes d'émancipation.
Résumé : Les résistances contre les licenciements et le chômage sont indispensables. Mais il faut également discuter à la fois de la crise actuelle du rapport salarial et d'une alternative d'ensemble aux politiques néolibérales. Pour certains, nous serions à l'aube d'une société post-industrielle, d'un capitalisme "cognitif" permettant d'ores et déjà de sortir du salariat et du "travaillisme", qui a tant marqué le mouvement ouvrier. La défense du droit à l'emploi serait donc devenue archaïque et il faudrait lui substituer la revendication d'un revenu universel. Pour d'autres, le rapport salarial est avant tout la victime de l'offensive du capital qui vise à le restructurer à son profit, en liquidant les acquis sociaux, en précarisant le statut des travailleurs et en développant le chômage. Dans ce cadre, la défense du droit à l'emploi reste décisive et indissolublement liée à nécessité de la réduction du temps de travail. Au-delà du débat sur la question du revenu inconditionnel, c'est cette perspective qui sous-tend la démarche de ce "Cahier de l'émancipation" dont les auteurs s'efforcent de présenter les élaborations qu'elle a portées.
La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandises. L'analyse de la marchandise, forme élémentaire de cette richesse, sera par conséquent le point de départ de nos recherches." En cette époque de marchandisation du monde et des activités humaines, toute l'actualité de Marx tient sans doute dans ces deux phrases qui ouvrent son ?uvre majeure: Le Capital. Tout se passe comme s'il était naturel que les produits du travail se présentent sous la forme de marchandises possédant une valeur. Or, justement, Marx entend montrer que ce n'est pas une forme naturelle des produits du travail, mais une forme sociale particulière, générée par la production capitaliste. Le fétichisme de la marchandise laisse croire que les produits du travail ont naturellement de la valeur. Le fétichisme de l'organisation capitaliste de la production laisse croire que le capital a naturellement de la productivité. Marx, lui, déconstruit ces évidences sociales pour montrer qu'elles sont le produit de rapports de production particuliers. Voilà pourquoi Le Capital porte comme sous titre " Critique de l'économie politique". Loin de s'en tenir à une simple analyse dite économique, Marx entreprend une analyse critique des rapports sociaux capitalistes et des formes de socialisation des individus qu'ils structurent. C'est cette dimension de son analyse que veut restituer l'auteur. Il ne s'agit pas ici de se livrer à une exégèse détaillée du Capital, mais de traiter de l'intérêt toujours actuel de cette approche comme des problèmes auxquels elle s'est heurtée. Si la tradition marxiste l'a souvent occulté, il a existé un " marxisme critique" mettant au centre l'analyse marxienne de fétichisme. C'est avec ce marxisme-là que l'auteur entend dialoguer, mais aussi avec des auteurs, " non marxistes ", comme Max Weber ou Michel Foucault.
Pour qui veut porter un regard critique sur le travail, son organisation et sa place dans nos sociétés, la confrontation avec Marx est incontournable. Non pas pour faire une exégèse savante des textes ou restituer une vérité qui aurait été cachée mais pour traiter des problèmes qu'il a rencontrés, des réponses qu'il a apportées, des contradictions auxquelles il s'est heurté. Si le dispositif théorique mis en place par Marx a structuré l'horizon de la période historique passée, ses analyses sont toujours actuelles car le capitalisme c'est toujours l'assujettissement des individus à une production dominée par la valorisation marchande et le développement de la précarité et de l'insécurité sociale. S'il est toujours indispensable de remettre en cause l'organisation capitaliste du travail tout en se battant pour le droit à l'emploi, il est également nécessaire de jeter un regard critique sur un mouvement ouvrier qui a, trop souvent, valorisé le travail. Et au-delà sur une perspective d'émancipation tout entière centrée sur la réorganisation de la vie sociale autour d'une production enfin libérée de la domination du capital. Si Marx n'a pas échappé à cette vision, il trace toutefois un autre horizon dont l'actualité est étonnante. Celui d'une émancipation pensée à travers une dialectique du temps de travail et du temps libre, permise par une réduction massive du temps de travail. Il s'agit alors de libérer le travail mais aussi de se libérer du travail. C'est cette lecture de Marx que nous propose ce livre qui, en référence aux débats contemporains, mobilise des auteurs tels que Pierre Naville, Jean-Marie Vincent, André Gorz ou Dominique Méda.
Voici venu un temps de grands bouleversements politiques. En France en témoigne la longue séquence électorale que nous venons de connaître, au sortir de laquelle est né un nouveau paysage politique. L'élection d'Emmanuel Macron s'est accompagnée de multiples changements : effondrement du Parti socialiste, crise de la droite, difficultés du Front national, affirmation de La France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon... S'impose une grande interrogation : Où vont les gauches ? Notre dossier engage la réflexion sur ce sujet sensible et décisif pour l'avenir. Dans ce numéro également, un saut outre-Atlantique pour prolonger cette même réflexion auprès d'autres gauches si peu lointaines, au Venezuela, au Mexique, et plus généralement à propos des populismes latino-américains... Questions d'ici et de là-basse font écho. Enfin, pour boucler un tour du monde, une escapade culturelle dans le Pacifique, avec Jack London.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.