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Travail et émancipation sociale. Marx et le travail
Artous Antoine
SYLLEPSE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782847970418
Pour qui veut porter un regard critique sur le travail, son organisation et sa place dans nos sociétés, la confrontation avec Marx est incontournable. Non pas pour faire une exégèse savante des textes ou restituer une vérité qui aurait été cachée mais pour traiter des problèmes qu'il a rencontrés, des réponses qu'il a apportées, des contradictions auxquelles il s'est heurté. Si le dispositif théorique mis en place par Marx a structuré l'horizon de la période historique passée, ses analyses sont toujours actuelles car le capitalisme c'est toujours l'assujettissement des individus à une production dominée par la valorisation marchande et le développement de la précarité et de l'insécurité sociale. S'il est toujours indispensable de remettre en cause l'organisation capitaliste du travail tout en se battant pour le droit à l'emploi, il est également nécessaire de jeter un regard critique sur un mouvement ouvrier qui a, trop souvent, valorisé le travail. Et au-delà sur une perspective d'émancipation tout entière centrée sur la réorganisation de la vie sociale autour d'une production enfin libérée de la domination du capital. Si Marx n'a pas échappé à cette vision, il trace toutefois un autre horizon dont l'actualité est étonnante. Celui d'une émancipation pensée à travers une dialectique du temps de travail et du temps libre, permise par une réduction massive du temps de travail. Il s'agit alors de libérer le travail mais aussi de se libérer du travail. C'est cette lecture de Marx que nous propose ce livre qui, en référence aux débats contemporains, mobilise des auteurs tels que Pierre Naville, Jean-Marie Vincent, André Gorz ou Dominique Méda.
Toute au long des deux siècles passés, les luttes pour l'égalité juridique et politique des individus ont été au coeur des mouvements d'émancipation. Elles se sont très vite élargies aux luttes pour des droits sociaux : droit au travail, à l'éducation, à la santé, au logement... Et en ce début du 21ème siècle, face à la mondialisation libérale, la lutte pour l'égalité des droits, la défense et l'élargissement des droits sociaux sont au centre des exigences des mouvements sociaux et du mouvement altermondialiste. Toutefois, le droit a toujours entretenu un rapport ambigu avec les luttes d'émancipation. En effet, l'énoncé du droit égal par l'Etat moderne masque non seulement les inégalités sociales, mais dissimule l'exploitation capitaliste. Et, lors de toutes les révolutions passées, la référence au droit a été souvent un argument des partisans du statu quo. C'est au nom des "droits de l'homme" que l'Occident a mené des entreprises coloniales et ses guerres impériales. Et c'est en référence à une société civile auto-régulée par le marché et le droit contractuel que se même aujourd'hui l'offensive néolibérale. Le Medef veut remplacer la loi par le contrat. La société civile est présentée comme une simple juxtaposition d'individus privés qui usent du droit pour défendre leurs intérêts privés et entrer en relation entre eux. La juridisation de la vie publique traduit un affaiblissement du lien politique et le dit "Etat de droit" se construit au détriment d'une démocratie citoyenne. Ce sont ces problèmes qu'aborde cet ouvrage. En partant de la situation actuelle, Didier Hanne ("Le droit : lutter contre ? Lutter pour ? Lutter avec ?") souligne l'importance des luttes sur le terrain de droit dans une perspective d'émancipation sociale.
La mondialisation capitaliste met à mal les territoires politiques et " réféodalise" l'espace public. L'ordre libéral porté par la marchandisation promeut la "gouvernance" et les figures de l'égalité citoyenne et de la souveraineté populaire s'estompent. Une politique d'émancipation doit inventer de nouveaux territoires politiques et mettre en avant un universalisme démocratique qui s'oppose au retour du sacré et des ethnies. Pour en parler, Antoine Artous a choisi de revenir sur des débats qui se sont amorcés dans les années 1980 pour se poursuivre jusqu'à nos jours. Ils concernent la logique de la démocratie moderne, analysée, par exemple. par Claude Lefort dans sa critique de La question juive de Marx. Il revient aussi sur les rapports entre territoire, citoyenneté et souveraineté populaire. catégories que récuse Antonio Negri. Notre époque a vu se développer un néolibéralisme à la française. bien représenté par Pierre Rosanvallon. qui tourne au néoconservatisme avec Marcel Gauchet. Elle a connu aussi une relance de la pensée démocratique radicale, avec des auteurs comme Étienne Balibar et Jacques Rancière. Le retour sur ces discussions n'est pas académique, il vise à éclairer des problèmes politiques actuels. Il vise également à donner un peu de profondeur historique à la réflexion sur la reformulation d'un projet d'émancipation.
Artous Antoine ; Crémieux Léon ; Maler Henri ; Sab
Point n'est besoin de longs développements pour souligner que, au vu du bilan du siècle dernier, les rapports entre marxisme et démocratie sont problématiques. Pas seulement à cause des effets du stalinisme ou, plus généralement, du bilan du " socialisme réel ". Dès les années 1920, les dirigeants de la jeune révolution russe ont développé des pratiques politiques autoritaires et/ou des théorisations peu conformes à la démocratie la plus large dont, par ailleurs, ils se réclamaient. Et si Marx considérait que l'émancipation politique - l'instauration de la démocratie moderne e était " un grand progrès ", il a laissé bien des zones d'ombre sur son devenir dans la société future. En ce début du XXIe siècle, la démocratie apparaît comme une référence centrale de la (re) formulation d'un projet d'émancipation. Et cela, contre le capitalisme qui fonctionne comme une machine confisquant la démocratie. Mais ceux qui se réclament de Marx ne peuvent l'affirmer avec crédibilité que si, en même temps, ils reviennent à ce propos de façon critique sur leur propre histoire et leur propre référent programmatique et théorique.
Il est donc devenu banal de dire que Marx n'a pas laissé de théorie achevée de l'Etat et de la politique. Nombreux sont cependant les textes dans lesquels Marx apporte des éléments décisifs à l'analyse de la dimension politique d'une conjoncture et sur l'évolution des formes étatiques du XIXe siècle. Mais on ne trouve pas chez lui une théorie de l'Etat moderne équivalente à son analyse des rapports de production dans le " capital ". Cela laisse en suspens des problèmes d'importance. Ainsi, comment concevoir le lien entre le rapport salarial, la forme juridique et la représentation politique ? Il en est de même pour les phénomènes bureaucratiques. Cela lègue aussi un point aveugle sur une question cruciale : que faut-il entendre par dépérissement de l'Etat ? Antoine Artous aborde ces problèmes sans chercher à les esquiver, au travers d'un effort pour "faire parler les textes de Marx". Il ne s'agit pas de restituer une pensée mal comprise ou trahie. Il s'agit d'une lecture critique qui n'hésite pas à relever les lacunes, à mettre Marx à l'épreuve de sa postérité. Un dialogue ainsi s'organise avec des auteurs tels que Max Weber, Nicos Poulantzas ou Ernst Bloch. Pour Antoine Artous, l'?uvre de Marx ne peut sortir indemne de l'inscription historique du marxisme dans ce siècle. Croire le contraire serait illusoire. Elle apparaît néanmoins incontournable pour qui veut penser la formidable rupture dans l'histoire des sociétés que représente l'avènement de l'Etat moderne. Incontournable aussi pour qui veut réfléchir sur les perspectives politiques des luttes d'émancipation.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.