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ContreTemps N° 35, Octobre 2017 : Où vont les gauches ?
Artous Antoine ; Sitel Francis
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849506035
Voici venu un temps de grands bouleversements politiques. En France en témoigne la longue séquence électorale que nous venons de connaître, au sortir de laquelle est né un nouveau paysage politique. L'élection d'Emmanuel Macron s'est accompagnée de multiples changements : effondrement du Parti socialiste, crise de la droite, difficultés du Front national, affirmation de La France Insoumise, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon... S'impose une grande interrogation : Où vont les gauches ? Notre dossier engage la réflexion sur ce sujet sensible et décisif pour l'avenir. Dans ce numéro également, un saut outre-Atlantique pour prolonger cette même réflexion auprès d'autres gauches si peu lointaines, au Venezuela, au Mexique, et plus généralement à propos des populismes latino-américains... Questions d'ici et de là-basse font écho. Enfin, pour boucler un tour du monde, une escapade culturelle dans le Pacifique, avec Jack London.
Artous Antoine ; Crémieux Léon ; Maler Henri ; Sab
Point n'est besoin de longs développements pour souligner que, au vu du bilan du siècle dernier, les rapports entre marxisme et démocratie sont problématiques. Pas seulement à cause des effets du stalinisme ou, plus généralement, du bilan du " socialisme réel ". Dès les années 1920, les dirigeants de la jeune révolution russe ont développé des pratiques politiques autoritaires et/ou des théorisations peu conformes à la démocratie la plus large dont, par ailleurs, ils se réclamaient. Et si Marx considérait que l'émancipation politique - l'instauration de la démocratie moderne e était " un grand progrès ", il a laissé bien des zones d'ombre sur son devenir dans la société future. En ce début du XXIe siècle, la démocratie apparaît comme une référence centrale de la (re) formulation d'un projet d'émancipation. Et cela, contre le capitalisme qui fonctionne comme une machine confisquant la démocratie. Mais ceux qui se réclament de Marx ne peuvent l'affirmer avec crédibilité que si, en même temps, ils reviennent à ce propos de façon critique sur leur propre histoire et leur propre référent programmatique et théorique.
Il est donc devenu banal de dire que Marx n'a pas laissé de théorie achevée de l'Etat et de la politique. Nombreux sont cependant les textes dans lesquels Marx apporte des éléments décisifs à l'analyse de la dimension politique d'une conjoncture et sur l'évolution des formes étatiques du XIXe siècle. Mais on ne trouve pas chez lui une théorie de l'Etat moderne équivalente à son analyse des rapports de production dans le " capital ". Cela laisse en suspens des problèmes d'importance. Ainsi, comment concevoir le lien entre le rapport salarial, la forme juridique et la représentation politique ? Il en est de même pour les phénomènes bureaucratiques. Cela lègue aussi un point aveugle sur une question cruciale : que faut-il entendre par dépérissement de l'Etat ? Antoine Artous aborde ces problèmes sans chercher à les esquiver, au travers d'un effort pour "faire parler les textes de Marx". Il ne s'agit pas de restituer une pensée mal comprise ou trahie. Il s'agit d'une lecture critique qui n'hésite pas à relever les lacunes, à mettre Marx à l'épreuve de sa postérité. Un dialogue ainsi s'organise avec des auteurs tels que Max Weber, Nicos Poulantzas ou Ernst Bloch. Pour Antoine Artous, l'?uvre de Marx ne peut sortir indemne de l'inscription historique du marxisme dans ce siècle. Croire le contraire serait illusoire. Elle apparaît néanmoins incontournable pour qui veut penser la formidable rupture dans l'histoire des sociétés que représente l'avènement de l'Etat moderne. Incontournable aussi pour qui veut réfléchir sur les perspectives politiques des luttes d'émancipation.
Ce numéro de ContreTemps est un numéro spécial consacré au centenaire d'Octobre 17 et de la Révolution russe. Une histoire qui peut paraître aujourd'hui bien vieille. Mais en vérité une histoire qui n'est pas close ! Avec la chute du Mur de Berlin c'est tout un monde qui s'est trouvé englouti : celui des enthousiasmes et des polémiques passionnées, des promesses démesurées et des désespérances... Mais le monde nouveau alors né, notre monde présent, privé d'horizon communiste, dominé par un capitalisme brutal et conquérant, est celui de lo dégradation du principe espérance. Ce pourquoi il convient, par-dessus son épaule, de faire retour sur Octobre 17. Non dans un esprit de commémoration ou pour ouvrir un procès en indignité, mais pour une approche critique. Retours au pluriel, pour prendre en compte le riche travail des historiens qui nous permet de mieux connaître ce que fut cette révolution, et pour poursuivre les analyses des questions d'ordre stratégique qu'elle a posées. Avec le souci de tirer des enseignements de cette Révolution russe prise dans toute sa complexité, et comme moment clé de notre histoire. En perspective de notre combat politique, d'aujourd'hui et de demain.
Toute au long des deux siècles passés, les luttes pour l'égalité juridique et politique des individus ont été au coeur des mouvements d'émancipation. Elles se sont très vite élargies aux luttes pour des droits sociaux : droit au travail, à l'éducation, à la santé, au logement... Et en ce début du 21ème siècle, face à la mondialisation libérale, la lutte pour l'égalité des droits, la défense et l'élargissement des droits sociaux sont au centre des exigences des mouvements sociaux et du mouvement altermondialiste. Toutefois, le droit a toujours entretenu un rapport ambigu avec les luttes d'émancipation. En effet, l'énoncé du droit égal par l'Etat moderne masque non seulement les inégalités sociales, mais dissimule l'exploitation capitaliste. Et, lors de toutes les révolutions passées, la référence au droit a été souvent un argument des partisans du statu quo. C'est au nom des "droits de l'homme" que l'Occident a mené des entreprises coloniales et ses guerres impériales. Et c'est en référence à une société civile auto-régulée par le marché et le droit contractuel que se même aujourd'hui l'offensive néolibérale. Le Medef veut remplacer la loi par le contrat. La société civile est présentée comme une simple juxtaposition d'individus privés qui usent du droit pour défendre leurs intérêts privés et entrer en relation entre eux. La juridisation de la vie publique traduit un affaiblissement du lien politique et le dit "Etat de droit" se construit au détriment d'une démocratie citoyenne. Ce sont ces problèmes qu'aborde cet ouvrage. En partant de la situation actuelle, Didier Hanne ("Le droit : lutter contre ? Lutter pour ? Lutter avec ?") souligne l'importance des luttes sur le terrain de droit dans une perspective d'émancipation sociale.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.