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Le NON de la Guinée (1958), Entre mythe,relecture historique et résonances contemporaines
Goerg Odile ; Pauthier Céline ; Diallo Abdoulaye
L'HARMATTAN
20,50 €
Épuisé
EAN :9782296113312
Le 28 septembre 1958, les Guinéens votent à 94% "non" au référendum portant sur la Communauté franco-africaine. Ce vote frappe comme un coup de tonnerre dans le ciel du colonialisme français. Etape fondamentale du processus d'émancipation des pays africain vis-à-vis des métropoles, cette date constitue avant tout un événement fondateur de la nation et de l'Etat guinéens. Dans cet ouvrage, les auteurs ont cherché, en se situant dans le renouvellement actuel des recherches sur la Guinée, à jeter un autre regard sur cet événement et à en explorer les résonances dans l'histoire récente. Très vite, le Non devient en effet porteur de multiples messages : dès le vote acquis, la construction du mythe est en route, aussi bien autour de la figure de Sékou Touré que des enjeux politiques et identitaires de cet acte pour la nation guinéenne. Cet ouvrage vise donc à restituer la genèse du Non comme mythe collectif tout en mettant à jour les usages politiques qui en furent faits par les régimes successifs. Est envisagé le moment du Non dans sa complexité, sa genèse et les formes de mobilisation qui le déterminèrent. Les auteurs analysent ensuite le regard porté sur l'événement, en Guinée et hors de Guinée, à travers les revendications ultérieures des acteurs, leur interprétation et réinterprétation du vote. Ils scrutent les célébrations, porteuses de sens et de symboles, qui se modifient année après année, naviguant entre mémoire et histoire, permettant de multiples variations entre le passé et le présent. Est également étudié l'impact du Non, aussi bien sur les choix politiques, les optiques économiques que la politique culturelle.
Le cinéma ambulant connaît une vif essor après 1945 en Afrique, où ce loisir est plébiscité en ville mais aussi à la campagne. Des entrepreneurs privés assurent des séances qui attirent jeunes et vieux, hommes et femmes, musulmans ou chrétiens. Cet ouvrage présente un document exceptionnel, le récit des tournées de Jean-Paul Sivadier, entre 1956 à 1959, au Sénégal, en Haute-Volta, au Soudan français et en Mauritanie, complété par ses photographies prises sur le vif. Ils permettent aussi d'entrevoir la réalité humaine et économique d'une petite entreprise de cinéma à la fin de la période coloniale.
En 1987 paraissait L'histoire des femmes en Afrique , un numéro des Cahiers Afrique noire. Il rendait compte d'un séminaire de Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure à l'université de Paris 7, et proposait un bilan des recherches en cours. Depuis, les études historiques se sont multipliées et les paradigmes ont changé. Ce volume collectif souhaite décentrer le regard des femmes vers le genre pour questionner, sous l'angle des rapports sociaux de sexe, la mobilisation politique, les processus de construction des identités masculines et féminines, la relation au corps... Les onze contributions, portant sur des périodes et des espaces divers, sont organisées selon trois thématiques : Morale sexuelle et politique coloniale , Rapport au corps et représentations et Politique, mutations des rôles et identités . . . Ce Cahier est coordonné par Odile Goerg, professeure d'Histoire de l'Afrique contemporaine à Paris 7-Denis Diderot, qui anime un séminaire sur Femmes et genre en Afrique . Il rassemble des chercheurs d'horizons et de pays divers (Belgique, Cameroun, France...).
Les villes coloniales furent pour les Européens des lieux de pouvoir administratif, économique et culturel. En créant Freetown et Conakry, en 1787 et 1885, les Britanniques et les Français transposèrent leurs modèles urbains tout en adoptant des politiques spécifiques liées au rapport de domination. Celles-ci se traduisent par une organisation de l'espace à connotation ségrégative, l'obsession ambiguë de l'hygiène et l'adoption de structures administratives différenciées selon le statut personnel des citadins et de leur degré supposé de maturité politique et de "civilisation". Dans ce volume, l'auteur analyse les processus de constitution des municipalités, celle de Freetown, issue de la volonté conjointe des colonisateurs et d'une fraction de la population, et celle de Conakry, simple démarche administrative. Les idées sous-tendant les deux institutions, leurs compétences, leurs budgets ainsi que les mécanismes effectifs de fonctionnement et les premières réalisations initiales sont ensuite comparés.
Certains éléments historiques (dates, moments, événements, lieux, figures) constituent comme des noeuds dans l'appréhension du passé mais ils peuvent aussi, par leur force, tenir ensemble des éléments disparates. C'est cette figure que Les noeuds de l'histoire explorent : le rapport à l'histoire, les contours d'un récit national, le poids des héros, la valorisation des uns au risque d'en étrangler d'autres, le génocide comme potentielle année zéro... L'ouvrage propose, appliquées au continent africain mais de portée bien plus générale, des réflexions sur ce qui éclaire ou fait obstacle à la mise en commun d'un récit ainsi que sur les choix de l'écriture historique ou de l'énonciation orale au fil des années et des contextes. L'ouvrage est scindé en trois parties. La première appréhende les noeuds au moment de leur cristallisation, de leur naissance en quelque sorte, dans le rapport même à l'histoire. La deuxième décale le questionnement en pointant les difficultés à construire et assumer un récit global, prenant en compte les diverses échelles d'une narration historique. Finalement, la dernière partie examine le processus de construction des récits, au fil des décennies, mêlant, inévitablement, histoire et mémoire. De ce fait, doit-on défaire, dénouer ou, au contraire, prendre acte des lectures et perspectives contradictoires, mais bénéfiques ? Telles sont les multiples questions que ce volume soulève.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.