La notion de compétence est multiple et ne peut susciter un consensus ni sur sa définition, son sens ni sur ses usages. L'objectif des contributions des chercheurs du Centre de recherche Analyse et Evaluation des Professionnalisations (AEP) n'est pas de trouver une définition unique ni même un usage unique mais de cerner comment dans les champs qui intéressent le Centre AEP, à savoir la formation et l'entreprise, cette notion peut être mobilisée. La diversité disciplinaire des auteurs - sociologie du travail et des organisations, sciences de l'information et de la communication, sciences de l'éducation, sciences et techniques des activités sportives - permet de croiser les raisonnements, les démarches, les méthodologies des sciences sociales autour d'une même notion utilisée dans les deux champs cités. Les questionnements divers éclairent le concept de compétence, les définitions, les enjeux et logiques qui y sont liés. Les processus, les modes de construction des compétences, les adéquations à la réalité, les limites, les représentations des acteurs, sont analysés à travers différentes activités professionnelles : responsables de communication, chefs d'établissement scolaire, enseignants. La mobilisation des compétences est également étudiée dans deux filières de formation : le transport et la logistique et les diplômes sportifs. L'ouvrage est le résultat d'un travail collectif des chercheurs du centre AEP, réalisé lors des séminaires "Travaux". L'ensemble des contributions des chercheurs est précédé d'un avant-propos reprenant l'intervention de Claude Dubar lors du colloque organisé en novembre 2001 par AEP sur la thématique des " Nouveaux métiers et métiers en évolution : Quelles compétences ? Pour quelle professionnalisation ? ". Si les contextes ont évolué, les analyses conceptuelles et les résultats présentés contribuent à éclairer et à cerner le concept de compétence .
Les recherches en histoire des sciences sociales ont montré l'étroite relation entre le projet d'une science de la société et celui d'une transformation sociale sous la forme d'utopies : socialistes, anarchistes, communistes, voire sociologico-religieuses (positivisme). Comment penser cette présence au coeur ou au commencement d'un projet scientifique d'une aspiration sociopolitique et idéologique, à partir de l'état présent des disciplines en question (sociologie, histoire, philosophie, linguistique et géographie) ? Il s'agit de comprendre ce qu'il y a ou non de constitutif pour les sciences sociales dans les utopies, en tentant une mise en perspective historique de l'actualité de la recherche en sciences sociales à partir de la question posée par le rapport entre les utopies et les sciences sociales, hier et aujourd'hui. On trouvera dans ce volume l'ensemble des contributions au Colloque Utopies et Sciences sociales, organisé d Besançon, par Jean-Michel Bessette, Florent Gaudez, Dominique Jacques-Jouvenot et Bruno Péquignot, sous l'égide de l'Ecole Doctorale "Langage, Espace, Temps", de la Formation Doctorale "Méthodes et Techniques Nouvelles en Sciences Humaines et Sociales" et du Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie (L.A.S.A.-U.F.C.) de l'Université de Franche-Comté.
Le présent numéro consacré au thème " Dynamiques professionnelles et temporalités " rend bien compte de la place croissante occupée en France depuis une dizaine d'années par la sociologie des professions au sein de la sociologie du travail. L'ouvrage fait ressortir l'intérêt d'étudier les groupes et les espaces professionnels de façon dynamique, et de compléter bien souvent l'analyse en s'intéressant à des objets complémentaires tels que les dispositifs de gestion (de la qualité, des compétences...) au sein des entreprises. Ce premier pôle de recherche est articulé avec une analyse des médiations sociales et du capital d'expériences biographiques qui permet en particulier d'enrichir les approches précédentes. Ces travaux qui accordent la part belle au monde du travail et à l'espace professionnel donnent également lieu à une réflexion davantage méthodologique concernant en particulier la question de l'usage des entretiens biographiques. Ceux-ci sont abordés simultanément en tant que pratiques sociales mais aussi en tant que constructions langagières, l'ouvrage s'achevant par une réflexion sur la sémantique sociale. L'ensemble des thèmes précédents, qui prend largement appui sur la sociologie des professions et sur la thématique de la temporalité, permet de présenter les travaux du laboratoire PRINTEMPS (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) dirigé par Claude Dubar.
Le recours à l'image en sciences sociales a fait l'objet de débats contradictoires depuis de nombreuses années. Condamnées par Durkheim, utilisées par Lévi-Strauss, elles restent trop souvent considérées comme un matériau secondaire dans la recherche. A partir d'une problématique centrée sur les œuvres d'art, le propos s'élargit à l'ensemble des images. Cet ouvrage réunit plusieurs articles qui, après une esquisse de théorie générale, présentent un ensemble d'analyses plus concrètes : cinéma, publicité, peinture, photographie sont abordés à partir de questionnements divers. Ce livre se situe dans la continuité de La question des œuvres en sociologie des arts paru en 2007.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.