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Changer l'art, transformer la société. Art et politique 2
Lachaud Jean-Marc ; Neveux Olivier
L'HARMATTAN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782296075283
En analysant la complexité, non dépourvue de contradictions, des relations entre art et politique, hier et aujourd'hui, les contributions de ce volume réaffirment que la création artistique, par l'originalité décapante des formes qu'elle expérimente et par l'expérience perturbatrice qu'elle provoque, peut encore faire résonner, ici et maintenant, l'urgent désir de l'émancipation. Autour de cinq entrées (Engagement, engagements "," Refus et contestation "." Représentation et transformation du monde "," Art, culture et industries culturelles "et" Marxisme et esthétique "), les auteurs rassemblés au sein de cet ouvrage s'attachent en effet, en exerçant une vigilance lucide face aux démarches et aux oeuvres interpellées, à montrer que l'oeuvre d'art, comme la rébellion selon André Breton, reste toujours susceptible d'être cette" étincelle qui cherche la poudrière ". Biographie de l'auteur Jean-Marc Lachaud, Docteur en Philosophie et Docteur d'État ès Lettres et Sciences humaines, est Professeur des Universités et enseigne l'esthétique au sein de l'UFR Arts de l'Université de Strasbourg. Il est également chercheur au sein du Laboratoire Approches contemporaines de la création et de la réflexion artistiques (EA 3402, Université de Strasbourg) et du Laboratoire d'Esthétique Théorique et Appliquée (Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne) Membre du Comité de rédaction d'Actuel Marx. il est l'auteur de plusieurs essais et articles sur les théories esthétiques et sur les démarches artistiques du XXe siècle. Olivier Neveux est Maître de Conférences en Arts du spectacle à l'Université de Strasbourg et enseignant à l'École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT), section écriture. Il est notamment l'auteur de Théâtres en lutte, Le théâtre militant en France des années 1960 à aujourd'hui (La Découverte, 2007) et a co-dirigé avec Christian Biet l'ouvrage Une histoire du spectacle militant (1968-1978), Théâtre et cinéma (L'Entretemps, 2007)."
Face à des productions scandaleuses, les critiques usent aisément d'un vocabulaire adapté en les qualifiant d'impertinentes, d'irrévérencieuses, de blasphématoires, de sacrilèges, voire de subversives. Certes, régulièrement, ces propositions dont les auteurs revendiquent le caractère radical font l'objet de polémiques. Certaines d'entre elles se confrontent à des procédures d'interdiction. Comment appréhender et comprendre ces foucades artistiques ? Comment approcher leur éventuel (relatif ?) potentiel critique ? Comment distinguer les démarches et les oeuvres qui répondent simplement aux exigences du spectacle et celles qui, malgré tout (tout en évaluant le risque d'être récupérées), relèvent franchement d'un parti pris rebelle ? Mais encore, franchir les limites et bafouer les valeurs suffit-il pour déstabiliser les idées reçues et convenues, pour fragiliser l'ordre existant, pour faire que l'art échappe à ce que Noam Chomsky appelle la "fabrication du consentement" ? Au-delà, en invoquant une absolue liberté artistique, les artistes peuvent-ils s'affranchir de toute loi et de toute morale, se prévaloir du principe d'irresponsabilité ? En analysant quelques exemples significatifs, il s'agira d'évaluer les enjeux liés à de tels parti pris et, en pointillés, d'esquisser ce qui pourrait être une authentique esthétique de l'outrage.
Entre 1910 et 1980, en résonance étroite avec les utopies esthétiques et politiques de la modernité, de nombreux artistes et écrivains proposent, sans modèles normatifs, des oeuvres conçues en collant, montant et assemblant des matériaux-fragments hétérogènes. L'auteur montre que le processus de déconstruction et de reconstruction mis en mouvement au sein de ces productions concrétise une efficace esthétique du choc, proposant des images-situations en décalage et des projections aléatoires qui nous précipitent aux confins d'autres mondes à habiter. L'art du collage est pensé comme un parti pris faisant surgir ici et maintenant le merveilleux et la perturbation, contestant ainsi l'ordre établi. Ces productions hérétiques évoquent de salutaires et intempestives reconfigurations possibles-impossibles à explorer. Pour l'auteur, ces oeuvres-constellations polyphoniques relèvent d'une esthétique de la non- cohérence, qui a à voir avec l'utopie concrète, donc avec la perspective de l'émancipation (individuelle et collective).
Si les termes "rite" et "rituel" demeurent des mots fort répandus et souvent décriés, au risque d'en perdre aujourd'hui leur sens initial et leur efficience sémantique, il est une formule qui fleurit dans notre société de manière récurrente, celle de performance comme expression générique, sociale, politique, sportive, médiatique, technologique, économique, financière, sexuelle et artistique. Le monde performe sans cesse, afin qu'aujourd'hui, comme le souligne Pierre Legendre, "l'homme occidental arrive au monde dans une mise en scène scientifique et rationnelle ; il naît dans un théâtre chirurgical". Mais la performance, elle, à travers les "souvenirs" d'Arnaud Labelle-Rojoux, interroge l'art et, par ce biais, des rituels contemporains fort étonnants. Cet ouvrage consacre une possible réponse à de nombreux écrits qui considèrent que, dans les champs de l'action artistique, du théâtre, de la chorégraphie et/ou de la vidéo-performance, tout est la même chose, et donc que tout a la même pertinence, sans distinction aucune. Il nous paraît donc nécessaire de cadrer cet espace singulier qu'est la performance-action, terme que nous mettons en jeu.
L'art ouvre des brèches et nous précipite au cœur de passages inattendus, nous incite à explorer des vides susceptibles d'être comblés et à expérimenter de fulgurants décalages; instaurant, selon la formule d'Adorno, « le chaos dans l'ordre ». Dès lors, l'art est un appel à l'émergence de ce qui n'est pas encore, ébauchant non l'irréalisable mais l'irréalisé. Alors si comme le pense Olivier Neveux, « ce monde est insupportable » il n' est d'autre solution que sa révolution et l'art y peut quelque chose, malgré tout.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.