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Une esthétique de l'outrage ?
Lachaud Jean-Marc ; Neveux Olivier
L'HARMATTAN
33,50 €
Épuisé
EAN :9782296963382
Face à des productions scandaleuses, les critiques usent aisément d'un vocabulaire adapté en les qualifiant d'impertinentes, d'irrévérencieuses, de blasphématoires, de sacrilèges, voire de subversives. Certes, régulièrement, ces propositions dont les auteurs revendiquent le caractère radical font l'objet de polémiques. Certaines d'entre elles se confrontent à des procédures d'interdiction. Comment appréhender et comprendre ces foucades artistiques ? Comment approcher leur éventuel (relatif ?) potentiel critique ? Comment distinguer les démarches et les oeuvres qui répondent simplement aux exigences du spectacle et celles qui, malgré tout (tout en évaluant le risque d'être récupérées), relèvent franchement d'un parti pris rebelle ? Mais encore, franchir les limites et bafouer les valeurs suffit-il pour déstabiliser les idées reçues et convenues, pour fragiliser l'ordre existant, pour faire que l'art échappe à ce que Noam Chomsky appelle la "fabrication du consentement" ? Au-delà, en invoquant une absolue liberté artistique, les artistes peuvent-ils s'affranchir de toute loi et de toute morale, se prévaloir du principe d'irresponsabilité ? En analysant quelques exemples significatifs, il s'agira d'évaluer les enjeux liés à de tels parti pris et, en pointillés, d'esquisser ce qui pourrait être une authentique esthétique de l'outrage.
Si les termes "rite" et "rituel" demeurent des mots fort répandus et souvent décriés, au risque d'en perdre aujourd'hui leur sens initial et leur efficience sémantique, il est une formule qui fleurit dans notre société de manière récurrente, celle de performance comme expression générique, sociale, politique, sportive, médiatique, technologique, économique, financière, sexuelle et artistique. Le monde performe sans cesse, afin qu'aujourd'hui, comme le souligne Pierre Legendre, "l'homme occidental arrive au monde dans une mise en scène scientifique et rationnelle ; il naît dans un théâtre chirurgical". Mais la performance, elle, à travers les "souvenirs" d'Arnaud Labelle-Rojoux, interroge l'art et, par ce biais, des rituels contemporains fort étonnants. Cet ouvrage consacre une possible réponse à de nombreux écrits qui considèrent que, dans les champs de l'action artistique, du théâtre, de la chorégraphie et/ou de la vidéo-performance, tout est la même chose, et donc que tout a la même pertinence, sans distinction aucune. Il nous paraît donc nécessaire de cadrer cet espace singulier qu'est la performance-action, terme que nous mettons en jeu.
La création artistique est aujourd'hui profondément marquée par le développement accéléré de ce que l'on nomme les nouvelles technologies (de la vidéo au numérique). De nombreux artistes, loin d'être impressionnés par ce mouvement d'innovation technologique sans cesse évolutif. s'approprient les possibilités inédites que celui-ci leur offre pour développer leurs intentions esthétiques et renouveler leurs pratiques artistiques. En expérimentant les promesses et en évaluant simultanément les limites propres à l'usage artistique de ces nouvelles technologies. ces artistes aventureux proposent des ?uvres novatrices. étranges et surprenantes qui nous obligent à repenser l'art et ses frontières et qui brouillent notre perception et notre compréhension convenues du monde. En évoquant différents arts (arts visuels et arts de la scène), les textes rassemblés ici interrogent quelques enjeux soulevés par les liaisons, parfois dangereuses, qu'entretiennent ces arts au risque des nouvelles technologies.
Lachaud Jean-Marc ; Jimenez Marc ; Beaumont Matthe
Il était de bon ton, il y a encore quelques années, d'affirmer, puisque les grands récits critiques et utopiques du XXe siècle s'étaient effondrés, que les artistes étaient désengagés et que leurs œuvres étaient dépolitisées, que la question des rapports entre l'art et le/la politique n'était donc plus d'actualité. Cependant, l'art, aujourd'hui comme hier, entretient de fait, à différents niveaux, d'évidentes relations avec le champ du/de la politique. Les textes ici rassemblés s'attachent sans a priori à clarifier les rapports, certes souvent complexes, qui se nouent entre art et politique et qui se manifestent au cœur des démarches et des productions artistiques. Mais, en quel sens est-il possible d'identifier- la dimension politique d'une œuvre d'art ? Sans négliger les enjeux historiques de cette problématique, mais en discutant certaines propositions artistiques significatives, tel est le chantier que cet ouvrage collectif souhaite ouvrir.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.