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Vieux Carré
Williams Tennessee ; Augier Bertrand
ANTIGONE14
14,80 €
Épuisé
EAN :9782372330428
1938. Vieux Carré, à la Nouvelle Orléans, c'est le quartier français, ses immeubles délabrés, sa vie de bohème, et sa faune. Au 722 de la rue Toulouse, la fantasque Mrs Wire tient d'une main de fer sa minable pension pour désargentés de tous poils. Parmi eux, fraîchement débarqué, "l'Ecrivain" ne perd rien des faits et gestes de ces habitants ballotés par la vie : Jane, la New-Yorkaise en rupture de ban, qu'attire autant qu'il la révulse le brutal mais sexuellement performant Tye ; Mary Maude et Miss Carrie, les vieilles excentriques au chic de façade ; et Nightingale, le peintre raté, malade, qui trompe sa solitude avec de jeunes hommes d'un soir, et se verrait bien accompagner l'Ecrivain dans sa découverte des choses de l'amour - du corps comme du coeur.
Combien de temps onze punaises d'un collège baptiste peuvent-elles tenir dans un car arrêté en plein soleil par 40° à l'ombre?" Telle est la question que se pose Shannon, lorsque le rideau s'ouvre sur le décor d'un hôtel miteux, le Costa Verde, frappé par la canicule mexicaine. Révérend défroqué, Larry Shannon s'est reconverti dans l'animation de voyages touristiques. Mais il se trouve que son groupe n'est pas prêt à accepter ses pratiques plus que douteuses et mensongères, d'autant qu'il a, comme à son habitude, cédé à la tentation de suborner une des innocentes jeunes filles dont il avait la garde. Cherchant de l'aide auprès de la propriétaire (et amie) du Costa Verde pour faire entendre raison à ses troupes, le révérend vagabond va, le temps de quelques heures, se rendre coupable de nouveaux péchés.
Nous vivons tous dans une maison en feu, et personne pour éteindre celui-ci, et pas la moindre issue, uniquement les fenêtres du dernier étage, par lesquelles regarder au-dehors, pendant que le feu consume la maison et nous-mêmes qui y sommes enfermés, pris au piège..." Ayant perdu le bon "usage" de l'amour et de la haine, les personnages de Tennessee Williams se débattent dans l'enfer des autres. Parce que "la vérité est au fond d'un puits sans fond..." "Personne aussi bien que Williams ne sera parvenu à rendre présent jusqu'à l'indécence cet univers de désolation où même les rêves sont poisseux à force d'avoir trôné dans des cuisines mal tenues." François-Olivier Rousseau
Blanche, une femme d'une trentaine d'années aux allures de grande dame, arrive dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans pour rendre visite à sa soeur Stella. Là, elle découvre que sa cadette a épousé un ouvrier fruste et qu'ils vivent dans un sordide appartement. Après plusieurs semaines de lutte, de résistance, de mensonges, le papillon de nuit qu'elle est s'y brûlera les ailes.De cet infernal ménage à trois, composé de " gens ni bons ni méchants, juste d'individus qui ne se comprennent pas les uns les autres " et à jamais incarné au cinéma par Vivien Leigh, Marlon Brando et Kim Hunter, Tennessee Williams a tiré l'une des pièces majeures du XXe siècle, couronnée du prix Pulitzer.
Williams Tennessee ; Laville Pierre ; Fruchon-Tous
La Ménagerie de verre est une "pièce de la mémoire", dit Tennessee Williams. "Mémoire" que l'on peut interpréter à la fois comme le souvenir d'un temps passé et l'hommage à une personne. Et en effet, construite en sept scènes, cette pièce s'inspire du vécu de Thomas (dit Tennessee) dans les années 1930 et témoigne surtout de son amour infini pour sa soeur, à laquelle il redonne humanité par ce texte. Dans la mémoire de Tom se rejoue devant nos yeux un passé familial qui le hante, entre une mère obsédée par sa jeunesse perdue et une soeur maladivement fragile, qui collectionne les animaux miniatures, constituant ainsi sa plus précieuse possession : une ménagerie de verre.
Ce livre revisite d'une façon très ingénieuse le "roman dans le roman", donnant de la densité et une pointe de mystère à un texte qui reste néanmoins parfaitement clair et structure ; brosse des tableaux extrêmement justes, sensibles et vivants de personnages "réels" et fictifs, créant entre eux des passerelles et des résonances qui contribuent à donner au texte de la profondeur et une forte tension dramatique ; est remarquablement écrit, avec une capacité exceptionnelle à traduire les lumières, les couleurs et les émotions, tout en donnant aux scènes d'action une rare puissance expressive ; propose de très nombreuses scènes dialoguées d'un naturel et d'une justesse exceptionnels, avec pour le lecteur un effet d'immersion totale dans le monde et l'atmosphère du roman.
Salomé veut la tête de Iokanaan (Saint-Jean-Baptiste). Cette Salomé est à la fois monstrueuse et follement attirante, car son regard transfigure totalement ce qu'elle voit et le bascule dans un autre monde, son monde à elle, elle voit « au travers », et si finalement elle ordonne le meurtre de Iokanaan, c'est qu'en refusant ses avances ce dernier a rompu le charme qui le rendait désirable par Salomé, le rejetant dans son monde réel où il n'est rien pour elle. Salomé pourrait être parnassienne, symboliste, surréaliste… elle a de tout cela en elle, c'est une pièce qui résonne étrangement et magnifiquement.
Sésame et les Lys, c'est une sorte de palimpseste, deux livres en un. Il y a, d'abord, le texte de Ruskin, transcription de deux conférences données dans les années 1860. Derrière les thèmes affichés : l'usage de la lecture dans l'éducation et l'éducation des filles, c'est un sévère réquisitoire que livre Ruskin contre les m?urs et la morale ambiants, témoignage édifiant sur l'époque victorienne et ses pratiques socio-politiques, et une prise de position progressiste ? pour l'époque ! ? sur le rôle de la femme. Et puis il y a le texte de Proust, notamment la préface, qui n'est que littérature et art, sorte de transcription de la conférence qu'il aurait pu donner sur les mécanismes créatifs de la Recherche?
Ils sont quatre chez les Doucet : le père, velléitaire et violent, parce que faible, la mère, autoritaire et manipulatrice, Gérard, le petit frère, vers qui seul vont toutes les attentions, et enfin Sophie, rainée, à qui sa mère voue une haine implacable et destructrice ; Sophie, qui découvre, observe, et tente de comprendre, pour l'apprivoiser, ce monde étrange qui l'environne. Témoin de son propre parcours initiatique, Sophie se fait narratrice pour nous livrer la chronique aigre-douce des tribulations de la famille Doucet, du petit village de Brulefart, perdu dans une Drôme profonde où le temps parfois semble s'être arrêté, et que peuplent des personnages truculents et inquiétants, aux avenues d'Avignon, décor plus citadin pour une vie familiale toujours chaotique, autre galerie de portraits, aussi, pittoresques ou tristement réels... Mais ce que Sophie nous livre, en filigrane de ce livre aux images colorées d'une France rurale et provinciale de l'après-guerre et des années 60, c'est aussi - surtout - une chronique tourmentée de ces années initiatiques où la vie se joue et où parfois la jeunesse se brise, dévorée jour après jour par l'acidité d'un monde humiliant et féroce, un monde dont les sphinx les plus terribles empruntent parfois leurs traits à un père, ou à une mère... Même l'amour, que croisera pourtant Sophie, en portera les stigmates - mais il vivra.