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Lettres inédites à Jean Charles-Brun (1900-1909)
Vivien Renée ; Sanchez Nelly ; Bartholomot Bessou
MAUCONDUIT
24,99 €
Épuisé
EAN :9791090566323
Voilà enfin publiées les lettres de Renée Vivien à Jean Charles-Brun. Ces 500 lettres inédites montrent les coulisses de la vie mondaine et littéraire du début du XXe siècle - Colette, Anna de Noailles, Natalie Barney (avec laquelle Renée Vivien eut une liaison tumultueuse)... Provocantes à l'époque, ces lettres semblent aujourd'hui d'une étonnante actualité, cultivant l'ambiguïté entre les sexes - déconstruction du genre avant l'heure ? Ainsi surnomme-t-elle son conseiller littéraire devenu ami "Chère Suzanne" . Elles offrent de nouvelles pistes de recherches aux spécialistes et montrent un autre visage de la poétesse, souvent réduite à une égérie du lesbianisme sous le nom de "Sapho 2" . Figure majeure et atypique de la littérature féminine de la Belle Epoque, Renée Vivien, après une longue éclipse, semble sortie de son purgatoire grâce à des travaux universitaires et des rééditions qui ont vu le jour depuis une quarantaine d'années. Ces Lettres participent à cette renaissance.
Le Vent des vaisseaux" , recueil de poésies publié en 1910 par Renée Vivien, est une oeuvre majeure de la littérature symboliste française. Dans ce recueil empreint de sensualité et de mélancolie, l'auteure nous embarque dans un voyage poétique où l'amour saphique se mêle aux mythes grecs et aux paysages oniriques. Vivien, surnommée la "Sapho 1900" , déploie dans ces vers une maîtrise exceptionnelle de la langue française, jouant avec les sonorités et les images pour créer une atmosphère à la fois éthérée et profondément émouvante. Chaque poème est une invitation à explorer les méandres de l'âme féminine, ses désirs, ses peines et ses espoirs. Le recueil s'ouvre sur le poème éponyme, "Le Vent des vaisseaux" , qui donne immédiatement le ton de l'ensemble. Vivien y évoque le départ et l'errance, thèmes récurrents de son oeuvre, avec une puissance évocatrice saisissante. Au fil des pages, elle aborde des sujets aussi variés que l'amour entre femmes, la beauté de la nature, la solitude et la quête d'identité. Ce recueil s'inscrit parfaitement dans la catégorie des "Classiques de la poésie française" , offrant une plongée fascinante dans l'univers littéraire de la Belle Epoque. Les amateurs de "Littérature féministe" apprécieront la force et l'audace avec lesquelles Vivien affirme son identité et ses désirs, tandis que les passionnés de "Poésie symboliste" seront séduits par la richesse des images et la musicalité des vers. Vivien excelle dans l'art de créer des tableaux vivants où chaque mot est choisi avec soin pour son pouvoir évocateur. Son écriture, à la fois lyrique et incisive, explore les thèmes de l'amour, de la mort et de la transcendance avec une intensité rare. "Le Vent des vaisseaux" n'est pas qu'un simple recueil de poèmes, c'est une expérience sensorielle qui interroge les fondements de l'existence et de l'identité. A travers ses vers libres et ses formes poétiques innovantes, Renée Vivien s'affirme comme une voix unique dans le paysage littéraire de son époque. Ce recueil, qui fit sensation à sa parution, reste d'une étonnante modernité, offrant une réflexion profonde sur l'amour, la liberté et la place des femmes dans la société.
Il s'agit de cette femme, ou plutôt de cette jeune fille, enfin de cette Anglaise dont le curieux visage m'a plu pendant une heure. C'était un être bizarre. Lorsque je m'approchai d'elle pour la première fois, une grande bête dormait dans les plis traînants de sa jupe. La grande bête, dressant le museau, grogna de manière sinistre, au moment même où j'abordai l'intéressante inconnue. Malgré moi, je reculai d'un pas." Connue en littérature sous le nom de Renée Vivien, Pauline Tarn (1877-1909) est née en Angleterre de père anglais et de mère américaine. Définitivement installée à Paris à sa majorité, elle devait produire en français une oeuvre poétique originale, quelques romans et contes ainsi que des traductions de textes de Sapho et d'autres poétesses de l'Antiquité grecque. En 1904, sous le titre La Dame à la louve, elle a publié un ensemble de nouvelles "fin de siècle", fantastiques et cruelles, où le rôle des hommes et des femmes est brutalement remis en cause.
Résumé : "La faiseuse d'anges a commencé avec des queues de persil. J'étais allongée sur la table de la cuisine, j'ai fini par faire une septicémie" raconte Maryse. Et Elisabeth : "Elle a pris très cher, plus du salaire que j'ai eu ensuite au SMIC." Et encore Michelle : "J'étais prête à aller jusqu'au bout, jusqu'à la mort." Anne : "Elle m'a mis un mouchoir dans la bouche pour qu'on n'entende pas mes cris." Jeanne : "Quand je suis arrivée au sixième étage, des hommes m'attendaient, ils m'ont montré leur carte de police, ils m'ont emmenée au poste." Ces femmes avaient 20 ans dans les années 1960, c'était hier. Elles sont les survivantes des avortements clandestins qui tuaient une à dix femmes par jour, en France, avant la loi Veil. L'écrivaine Xavière Gauthier a écouté leurs voix bouleversées raconter par quel chemin de douleur elles sont passées et a consigné ces témoignages essentiels pour que "les jeunes générations mesurent la valeur de la légalisation de l'avortement et se mobilisent contre le retour de cette barbarie". Car aujourd'hui cet acquis fondamental est menacé. En France, 40 ans après la loi Veil consacrant la liberté d'avortement, des pressions insidieuses se font jour et certains élus renâclent au remboursement de l'IVG. En Europe, l'Espagne a bien failli rejoindre en 2014 les trois pays d'Europe qui interdisent plus ou moins l'avortement - l'Irlande, la Pologne et Malte - et son projet de loi serait passé s'il n'y avait eu de très nombreuses manifestations de protestation. On y a vu ressurgir ces mots qu'on pensait à jamais enfouis dans le passé : aiguilles à tricoter, faiseuses d'anges, bidons d'eau de javel, cintres, queues de persil... Des manoeuvres abortives qui sévissent encore de manière catastrophique dans le monde aujourd'hui : 50 000 femmes en meurent chaque année !
Frappier Alain ; Frappier Désirée ; Stora Benjamin
Résumé : Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. Après 8 ans de guerre, l'indépendance de l'Algérie devient inéluctable. L'OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d'un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de " OAS assassins ", " Paix en Algérie ". La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l'impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C'est une véritable histoire dans l'Histoire à laquelle nous invite l'auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l'ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.
Dans un récit foisonnant qui met en scène trois générations, Anne-Marie Sandrini évoque la famille de danseurs dont elle est l'héritière : sa grand-mère, Emma, célèbre danseuse étoile de l'Opéra de Paris, son père, Pierre Sandrini, qui étudie la danse à Garnier avant de bifurquer vers le music-hall et de créer le Bal Tabarin - cabaret qui attira le Tout-Paris des années trente -, mais aussi sa mère, Andrée Rapo, magnifique danseuse classique convertie au cancan, ou encore son mystérieux grand-père... A travers ce témoignage émouvant, la "petite Sandrini" fait bien plus que raconter une saga familiale : en allant à la recherche de ses "racines dansantes", elle analyse son propre parcours de danseuse, sa démission de l'Opéra Garnier où son nom devenait trop lourd à porter, et son engagement passionné, des années plus tard, pour l'enseignement et la transmission de la danse auprès des jeunes générations.
Une jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée dans un accident de voiture, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l’assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre "normalement". Animée d’une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l’université, développe des talents de conteuse et d’écrivaine. Tout cela au prix d’un long calvaire et d’une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l’autre, souvent scandalisé qu’une femme autant handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C’est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d’un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman. Ce récit, cru et violent, a été refusé par plusieurs éditeurs qui l’ont jugé trop dur, dérangeant, voire culpabilisant. Les éditions du Mauconduit estiment au contraire que la force et la dignité de ce témoignage l’emporte sur l’horreur, qu’il questionne tout un chacun sur sa propre force de vie et sur sa relation à l’humain.