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Avortées clandestines
Gauthier Xavière
MAUCONDUIT
19,50 €
Épuisé
EAN :9791090566149
La faiseuse d'anges a commencé avec des queues de persil. J'étais allongée sur la table de la cuisine, j'ai fini par faire une septicémie" raconte Maryse. Et Elisabeth : "Elle a pris très cher, plus du salaire que j'ai eu ensuite au SMIC." Et encore Michelle : "J'étais prête à aller jusqu'au bout, jusqu'à la mort." Anne : "Elle m'a mis un mouchoir dans la bouche pour qu'on n'entende pas mes cris." Jeanne : "Quand je suis arrivée au sixième étage, des hommes m'attendaient, ils m'ont montré leur carte de police, ils m'ont emmenée au poste." Ces femmes avaient 20 ans dans les années 1960, c'était hier. Elles sont les survivantes des avortements clandestins qui tuaient une à dix femmes par jour, en France, avant la loi Veil. L'écrivaine Xavière Gauthier a écouté leurs voix bouleversées raconter par quel chemin de douleur elles sont passées et a consigné ces témoignages essentiels pour que "les jeunes générations mesurent la valeur de la légalisation de l'avortement et se mobilisent contre le retour de cette barbarie". Car aujourd'hui cet acquis fondamental est menacé. En France, 40 ans après la loi Veil consacrant la liberté d'avortement, des pressions insidieuses se font jour et certains élus renâclent au remboursement de l'IVG. En Europe, l'Espagne a bien failli rejoindre en 2014 les trois pays d'Europe qui interdisent plus ou moins l'avortement - l'Irlande, la Pologne et Malte - et son projet de loi serait passé s'il n'y avait eu de très nombreuses manifestations de protestation. On y a vu ressurgir ces mots qu'on pensait à jamais enfouis dans le passé : aiguilles à tricoter, faiseuses d'anges, bidons d'eau de javel, cintres, queues de persil... Des manoeuvres abortives qui sévissent encore de manière catastrophique dans le monde aujourd'hui : 50 000 femmes en meurent chaque année !
Monstre-chien de la terreur cannibale ou chien-chien-à-sa-mémère-donne-la-baballe ? Une crainte insidieuse se distille, proche d'une attente haletante, monte en véritable hantise. Témoignage, qui glace le sang, d'une maladie rare de l'âme : la cynophobie. Mais quand la victime passe à l'attaque, tous crocs dehors, les charlatans psy et médecins, les véto-vermifugeurs, toutounet et royal-canin n'ont qu'à bien se tenir ! Au fil de pages désopilantes à la drôlerie sarcastique, pages tragiques au souffle trouble d'une nuit d'enfance, Xavière Gauthier compose une étonnante symphonie du chien, ses désastres et ses méfaits, qui pousse finalement le lecteur à aboyer ! Et il faut bien convoquer tous les genres : autofiction, récit, réflexion ethnologique, psychanalytique, dans la course au chien, depuis l'Antarctique jusque dans les rayons des animaleries, chien littéraire, chien mythologique, chien du voisin, jusqu'à la bête qui sommeille en nous. Car le but secret de cette écriture n'est-il pas de voir compris et entendu le cri de solitude devant les énigmes du monde ?
Louise Michel (1830-1905), héroïne de la Commune de Paris, est l'auteur d'une abondante correspondance. Parmi ses interlocuteurs, un illustre destinataire : Victor Hugo. En 1850, Louise a vingt ans : provinciale, pieuse et tourmentée, royaliste et désespérée, elle n'a qu'un désir, être poète ; elle adresse au "Maître" des lettres fleuves exaltées. Quelques années plus tard, changement de décor : Louise, institutrice, est présidente du Comité de vigilance des femmes du XVIIIe arrondissement ; ses lettres de Montmartre (de 1862 à 1870) exposent à Hugo ses idées révolutionnaires : premières divergences politiques. Arrêtée en 1871, la "pasionaria" de la Commune continue d'écrire depuis les prisons de Versailles et d'Auberive, mais plaide surtout auprès du poète, sourd à ses requêtes, la cause de Théophile Ferré. Dernière période : depuis le bagne de Nouvelle-Calédonie où Louise est exilée à partir de 1873, ce sont des lettres enfin apaisées qui parviennent à Victor Hugo...
Cette oeuvre poétique publiée initialement en 1974 fut l'un des premiers textes portés par la toute jeune maison d'édition des femmes-Antoinette Fouque. Profondément novatrice, polymorphe et anticonformiste, elle trouve une résonance particulière auprès des jeunes générations féminines et féministes, avides d'apprendre de leurs aînées. Cette nouvelle édition est enrichie de deux textes inédits retraçant la genèse et les conditions d'écriture de cette fiction ainsi que sa réception dans les années 1970. De la mythique Istanbul à d'autres rivages, l'errance de plusieurs personnages compose la trame narrative de ce texte qui peut se lire comme un roman traversé de lambeaux oniriques, d'images. C'est la saison en enfer d'une femme. Pour " avoir un sexe ", être la reine des hommes qui n'aiment que les hommes, il faut mettre leurs masques de fard, leurs voiles, et tuer, avec eux, la mère. L'écriture est alors perçue comme une tentative de vivre une rébellion de femme, exigeante et transgressive. " Ce texte poétique travaillé dans la violence et la douleur de l'érotisme et de la mort, apparenté en ses paroxysmes à l'univers de Bataille, zébré d'éclairs rimbaldiens et surréalistes, ce texte donc, de femme, mais blessé, mais stigmatisé par la nomination masculine, est comme irrigué par l'impertinence rutilante, manuscrite, déréglée, des sinuosités sur le vécu des règles, métaphore d'une traversée de "la mère rouge", voie "d'une seconde naissance ". Françoise Clédat Extrait " Je me soulève/les mots sont là, très existants/Je fais venir le temps/où tombant de douleur/les branches des grands arbres/une à une se détachent/(J'ai tard veillé dans la nuit longue/pour que sinueux les crocodiles/descendent aux mers englouties)/baisent mes mains, sucent ma peau/je picorais des vulves chaudes/sur ces rochers bouillants de cris/la peau de mes pieds durcissait/noircissait : /j'étais un bandit aux yeux clairs/(et Jésus-Christ se faisait femme) " X.G.
Résumé : "Je n'ai pas ma place." "Je ne vis pas ma vie, je fais semblant." "Je ne sers à rien." "Je ne mérite pas qu'on m'aime." "Je ne peux pas quitter ma mère, elle est seule..." Combien de jeunes en proie à des sentiments de mal-être et d'angoisse aimeraient savoir où puiser leurs ressources pour aller mieux ? Ce livre, né de l'expérience quotidienne de la psychanalyse avec des adolescents et des jeunes adultes, leur propose des clés de compréhension pour élargir leur espace de liberté et prendre leur vie en main. Chacun pourra le lire, dans l'ordre ou le désordre, en piochant à son gré parmi : les paroles des jeunes exprimant leurs conflits quotidiens, leurs doutes et leurs difficultés. Les éclairages sur Freud, Jung, Winnicott et ce que ces psychanalystes nous expliquent des blocages intérieurs. Des points d'appui concrets pour permettre à chacun de devenir plus attentif à soi-même. Les questions sont abordées simplement et sans fausse pudeur. Qu'elles se posent dans la vie quotidienne (comment décider, apprendre à dire non, mobiliser son énergie et sa volonté...) ou qu'elles concernent des sujets plus graves (la honte, les fragilités familiales, la peur de la dépression, l'alcool, la drogue, la violence, l'autodestruction, la tentation du suicide...). Se déployer et oser enfin vivre sa vie : un des rares ouvrages qui s'adresse aux adolescents et aux jeunes adultes avec autant de ferveur et d'empathie et qui les encourage à développer leur élan vital, leur fougue et leur créativité.
Est-ce que, moi, la petite fille de l'épicerie de la rue du Clos - des - Parts, immergée enfant et adolescente dans une langue parlée populaire, un monde populaire. je vais écrire, prendre mes modèles, dans la langue littéraire acquise, apprise, la langue que j'enseigne puisque je suis devenue professeur de lettres ? Est-ce que. sans me poser de questions, je vais écrire dans la langue littéraire où je suis entrée par effraction, " la langue de l'ennemi " comme disait Jean Genet, entendez l'ennemi de ma classe sociale ? Comment puis-je écrire, moi, en quelque sorte immigrée de l'intérieur ? Depuis le début j'ai été prise dans une tension, un déchirement même, entre la langue littéraire, celle que j'ai étudiée, aimée, et la langue d'origine. la langue de la maison, de mes parents, la langue des dominés. celle dont j'ai eu honte ensuite mais qui restera toujours en moi-même. Tout au fond la question est : comment en écrivant, ne pas trahir le monde dont je suis issue ?
Résumé : C'est une histoire d'amour et de dialogue impossible entre un fils et sa mère. Lui, 37 ans, né en Algérie, habite en France depuis quatorze ans. Elle, vit en Algérie. Il est intellectuel. Elle ne sait ni lire ni écrire. Il est homosexuel. Elle aimerait qu'il se marie avec une musulmane. Comme elle aime les histoires, il lui raconte, jour après jour, Le Livre de ma mère d'Albert Cohen. Il espère que les questions abordées dans le livre de cet écrivain juif, qu'il admire, susciteront un échange avec sa mère. Ma mère et moi, merveilleux texte à la langue épurée, s'adresse à la fois au coeur et à la raison. C'est une mélopée lancinante et mélancolique qui vous prend à la gorge. Une fable moderne sur des sujets brûlants de notre société actuelle : la confrontation des cultures, la sexualité, la judéité et l'islam, le vivre-ensemble...