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Le spectateur condamné à mort et autres pièces
Visniec Matéi
ESPACE INSTANT
24,99 €
Épuisé
EAN :9782915037807
Voici enfin réunies en un seul volume les dernières pièces écrites par Matéi Visniec dans son pays d'origine, la Roumanie, avant qu'il ne la quitte en 1987, et les premières qu'il a écrites en France. Une anthologie qui tient lieu d'arc dans le temps, reliant une période très sombre et le début d'une reconstruction, pour un théâtre à la frontière entre deux langues et deux cultures, entre deux mondes et deux époques historiques. Si les relations entre l'individu et le pouvoir, ainsi que la dénonciation de toute forme de manipulation idéologique, y sont des thèmes récurrents, l'écriture de la période roumaine fait se côtoyer fable philosophique, métaphore et allégorie, quand, en France, l'auteur choisit une écriture fragmentaire et un travail sur la dimension abyssale du mot. Un théâtre qui agit comme un passeur, nous aide à décrypter le monde comme à plonger en nous-mêmes, tout en gardant intactes autant sa fraîcheur poétique que sa force de frappe sociale.Matéi Visniec est né en 1956 en Roumanie. Dramaturge face à la dictature, il dénonce dans ses pièces la machine totalitaire, puis choisit l'exil en France en 1987. Ses pièces sont aujourd'hui jouées sur quatre continents, du Piccolo Teatro de Milan au Théâtre Maxim-Gorki de Berlin, en passant par Avignon, Limoges, Paris, Téhéran et Hollywood. Une vingtaine de ses pièces ont été éditées en français.Avec des textes de Georges Banu, Jean-Claude Drouot, Gilles Losseroy et Benoit Vitse.
Dupa in plein les Poches: Deux hommes se chamaillent au-dessus d'un puits où un chien est tombé. Ils veulent savoir qui a fait ça, pourquoi et comment le sauver... Paralysés par l'indécision, la nuit tombe, ils se couchent près du puits. Il se met à pleuvoir du pain blanc. Le Dernier Godot: Beckett et son dernier spectateur se retrouvent tous les deux à la rue le jour où les acteurs de la pièce refusent de jouer et ferment le théâtre. Le dernier spectateur s'avère être Godot lui-même, furieux contre cet auteur qui l'a privé à jamais de toute réplique. L'Araignée dans la plaie: Le Christ et deux voyous croupissent sur leurs croix respectives. Les deux voyous voudraient bien croire, pour ne pas mourir, mais le Christ ne fait rien, pas un seul miracle. Le Deuxième Tilleul à gauche: Un homme et une femme se livrent à un manège de gestes à distance tous les jours depuis des années, chacun croyant être le maître, le marionnettiste de l'autre.
A travers la métaphore d'un train de luxe qui ne circule plus (c'est le célèbre Orient-Express), l'auteur nous fait découvrir les fantasmes de ceux qui, à l'Est, ne pensent qu'aux "merveilles" de l'Ouest. Oh, l'Occident et sa démocratie accomplie ! Cet Eldorado tant rêvé ! Avec tendresse et humour, Matéi Visniec nous propose une galerie de personnages qui brûlent de partir, de goûter à l'abondance occidentale, de profiter de la société de consommation, de sentir enfin (au moins une fois dans leur vie) l'extase de la liberté et de la réussite... Occident-Express est aussi, à rebours, un voyage initiatique dans les Balkans (si loin, si méconnus et si mal-aimés), la radiographie lucide du capitalisme sauvage qui a remplacé à l'Est l'utopie communiste. Cette pièce est enfin une réflexion sur le difficile rapprochement entre les deux Europes séparées par un demi-siècle d'histoire mouvementée.
Hécube, reine tragique dépeinte par Euripide, mère meurtrie, symbole de la douleur absolue, interpelle encore. Toujours en deuil, jamais résignée, elle apostrophe les dieux, questionnant l'Olympe d'un mot, simple et essentiel, pour connaître enfin les raisons de son malheur : "Pourquoi ? " Furieux, irrité par son insistance, Zeus s'indigne de cette mortelle qui a tant d'impudence. Un dieu lui explique alors : " Lors de la création du monde, cette règle fut inscrite dans ses fondations : lorsque le poids de la douleur d'une mère devient plus lourd que le poids du monde, elle a le droit de demander des comptes. "
Beslan, 1er septembre 2004. Plus d'un millier d'enfants et d'adultes sont pris en otage le jour de la rentrée scolaire dans une école d'Ossétie-du-Nord, dans le Caucase, par un groupe de terroristes réclamant le retrait des troupes russes de Tchétchénie. Pendant trois jours, les otages sont entassés dans un gymnase, dans une chaleur étouffante, sans eau ni nourriture. Refusant toute négociation, les forces russes finissent par donner l'assaut en tirant à l'arme lourde. Le bilan sera de 334 morts, dont 186 enfants. Tous les preneurs d'otages sont tués, sauf un. Traduit en justice, il plaide innocent. Ce procès sera le seul mené concernant ces événements. Malgré les demandes des familles des victimes, aucun responsable politique ou militaire ne répondra de cet assaut devant la justice. Cette pièce de théâtre documentaire, commande de la Maison d'Europe et d'Orient, a été écrite d'après les minutes de ce procès, qui a permis un travail d'analyse du processus qui avait déjà mené à une tragédie similaire dans un théâtre de Moscou en 2002. Elle est une contribution à la recherche de la vérité et à la mémoire des victimes.
La Trilogia Albanica est une traversée de l'Albanie contemporaine, celle qui a suivi un demi-siècle de dictature communiste avant d'entrer avec fracas dans un capitalisme des plus sauvages. L'ensemble est un chaos, un théâtre de paradoxes, une danse entre modernité et identité. I am from Albania, monologue pour une jeune fonctionnaire, croise la condition féminine et la géopolitique dans un cauchemar grotesque. Mais bien plus que de l'Albanie, c'est le sort de n'importe quel pays émergent qui est ici mis en jeu. Allegretto Albania, comédie noire, confronte deux réalités antagonistes : d'une part celle de la télévision, qui ne cesse de claironner les formidables progrès du pays, et d'autre part celle d'une famille, qui vit recluse sous la menace d'une vengeance coutumière plus ou moins imaginaire. Made in Albania, tragédie comique, joue de la même dualité : dans l'atelier au sous-sol, on partage la vie des esclaves de la délocalisation, tandis qu'au-dessus, dans la rue au soleil, le carnaval bat son plein. Dans ce triptyque détonant, on lit évidemment le destin d'un pays tout entier, où la pratique de l'isolationnisme radical pendant un demi-siècle a bouleversé la relation à l'autre et rendu possible l'engloutissement de 80 % de l'économie nationale dans une pyramide de Ponzi. Le bateau coule, mais l'orchestre continue à jouer.
Début 2013, Plamen Goranov, photographe et alpiniste bulgare, est l'un des chefs de file des manifestations qui se déroulent en Bulgarie, en protestation contre la pauvreté, la corruption et la faillite de l'Etat. Le 19 février, à Varna, il déclare publiquement qu'il s'immolera le lendemain à 17 heures si l'administration locale refuse de démissionner. Le lendemain, il met ses menaces à exécution, avec plusieurs heures d'avance, sans laisser aucune lettre. Plus d'une douzaine d'immolations dans l'espace public suivront. Son destin évoque naturellement ceux de Jan Palach, après l'écrasement du printemps de Prague, ou du Tunisien Mohamed Bouazizi, déclencheur des printemps arabes. L'Etat parle de Plamen Goranov, le premier à s'être immolé en Bulgarie, mais parle de nous aussi, des Etats que nous créons et de l'état dans lequel nous sommes aujourd'hui.