Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Du pain plein les poches suivi et autres pièces courtes
Visniec Matéi
ACTES SUD
15,30 €
Épuisé
EAN :9782742749485
Dupa in plein les Poches: Deux hommes se chamaillent au-dessus d'un puits où un chien est tombé. Ils veulent savoir qui a fait ça, pourquoi et comment le sauver... Paralysés par l'indécision, la nuit tombe, ils se couchent près du puits. Il se met à pleuvoir du pain blanc. Le Dernier Godot: Beckett et son dernier spectateur se retrouvent tous les deux à la rue le jour où les acteurs de la pièce refusent de jouer et ferment le théâtre. Le dernier spectateur s'avère être Godot lui-même, furieux contre cet auteur qui l'a privé à jamais de toute réplique. L'Araignée dans la plaie: Le Christ et deux voyous croupissent sur leurs croix respectives. Les deux voyous voudraient bien croire, pour ne pas mourir, mais le Christ ne fait rien, pas un seul miracle. Le Deuxième Tilleul à gauche: Un homme et une femme se livrent à un manège de gestes à distance tous les jours depuis des années, chacun croyant être le maître, le marionnettiste de l'autre.
Comment j'ai dressé un escargot sur tes seins ouvre la composition par les monologues de Gérard, écrivain. Il nous raconte les épisodes de son histoire d'amour avec Madame, de leur rencontre à la dégradation de leurs rapports emmêlés dans un érotisme fétichiste. C'est seul qu'il réalise enfin que son inspiration était en elle. A l'occasion d'un mariage impérial chinois, à travers cette fois-ci, un échange épistolaire à deux voix, Lettres d'amour à une princesse chinoise raconte deux sociétés qui se disputent l'habillage floral des festivités. Elles vont alors confronter violemment leurs positions, l'une se revendiquant de la tradition pure, l'autre proposant des innovations par la manipulation de la nature. Mais finalement elles fusionnent pour assurer ensemble la prestation. Viennent ensuite Le Voyageur dans la pluie et Les Yeux de la falaise, sortes de contes mélancoliques à plusieurs voix qui évoquent les confrontations d'une petite fille, d'abord avec la question de la mort à travers sa rencontre avec un vagabond, puis avec l'art et sa transmission au cours d'un rendez-vous avec un sculpteur solitaire. Cette forme d'émotion qui est l'acquisition temporaire d'une paire de chaussures fait revenir l'érotisme présent dans la première pièce avec le monologue d'un marchand de chaussures. Il propose à une acheteuse imaginaire de louer des modèles uniques portés par des célébrités. On ne vend pas, on échange le port provisoire d'une paire de chaussures contre un sacrifice sensuel, chaque paire ayant son prix. La cliente muette semble se plier à la règle et accepte d'entrer, nue, dans la première cabine, où le vendeur va la rejoindre. La mort fait son retour dans les deux dernières pièces. Une baignoire révolutionnaire s'ouvre sur un chant rebelle; deux hommes et une femme sont dans une baignoire et mettent en scène la vanité des révolutions. Repas avec la mort termine cet ensemble théâtral en compagnie de cinq enfants et d'un ch?ur d'ombres qui croisent leur perception de la mort, tout en caressant l'espoir qu'elle trépasse elle-même un jour. Matéi Visniec revient avec un ensemble de courtes pièces aux allures de recueil de nouvelles. Il nous livre un patchwork de tableaux aux procédés divers. Monologues, scènes, choralité et mêlées épistolaires entourent les êtres de cette partition tant engagée que poétique.
Hécube, reine tragique dépeinte par Euripide, mère meurtrie, symbole de la douleur absolue, interpelle encore. Toujours en deuil, jamais résignée, elle apostrophe les dieux, questionnant l'Olympe d'un mot, simple et essentiel, pour connaître enfin les raisons de son malheur : "Pourquoi ? " Furieux, irrité par son insistance, Zeus s'indigne de cette mortelle qui a tant d'impudence. Un dieu lui explique alors : " Lors de la création du monde, cette règle fut inscrite dans ses fondations : lorsque le poids de la douleur d'une mère devient plus lourd que le poids du monde, elle a le droit de demander des comptes. "
Résumé : Une vieille dame seule dans un restaurant de bord de mer ; un piano mystérieux qui perturbe le quotidien des résidents d'une rue piétonne un commissaire, timide et maladroit, l'assassin et ses victimes qui parlent sereinement, comme s'ils étaient tous complices de quelque chose qui les dépassent ; des rencontres, des oublis, des interrogatoires, la guerre, les paillassons, l'herbe, les barbelés, bref, l'humanité tout entière, vue par les hérissons. Les textes réunis dans ce recueil pourraient avoir comme sous-titre Scènes de folie et de tendresse dans le monde d'aujourd'hui et depuis toujours. Avec toute la finesse de son écriture, Matéi Visniec nous encourage d explorer ce qu'il nomme lui-même le "théâtre vague", au travers d'une suite de tableaux, de "miroirs humains brisés". Ce sont autant de scènes du quotidien qui repoussent les limites du réel en jouant d'un absurde aux ambiances oniriques. Avec bienveillance et une certaine curiosité sociale, Mate Visniec interroge le monde d'aujourd'hui au travers de situations dont la puissance révélatrice se dégage de leur caractère anodin en apparence.
A travers la métaphore d'un train de luxe qui ne circule plus (c'est le célèbre Orient-Express), l'auteur nous fait découvrir les fantasmes de ceux qui, à l'Est, ne pensent qu'aux "merveilles" de l'Ouest. Oh, l'Occident et sa démocratie accomplie ! Cet Eldorado tant rêvé ! Avec tendresse et humour, Matéi Visniec nous propose une galerie de personnages qui brûlent de partir, de goûter à l'abondance occidentale, de profiter de la société de consommation, de sentir enfin (au moins une fois dans leur vie) l'extase de la liberté et de la réussite... Occident-Express est aussi, à rebours, un voyage initiatique dans les Balkans (si loin, si méconnus et si mal-aimés), la radiographie lucide du capitalisme sauvage qui a remplacé à l'Est l'utopie communiste. Cette pièce est enfin une réflexion sur le difficile rapprochement entre les deux Europes séparées par un demi-siècle d'histoire mouvementée.
Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n?est pas la première fois qu?il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu?on lui fche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s?intéresser particulièrement à lui; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfn à faire craquer la glace qui l?enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil.
Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d?amour et le lendemain? Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse? Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l?homme qu?elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l?enquêtrice de la vie d?une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C?est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l?amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l?existence.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.