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La transparence est l'obstacle. Tome 3, Par-dessus le marché : Spinoza, Smith, Derrida, Girard
Vinolo Stéphane
L'HARMATTAN
28,01 €
Épuisé
EAN :9782343150789
Nombreux sont les auteurs contemporains qui dénoncent l'individualisme auquel nous livre le marché. En un sens, ils n'ont pas tort. Mais il est tout à fait remarquable que les penseurs du marché aient toujours fait de celui-ci un système social, une structure paradoxale dans laquelle c'est au moment même où chacun ne pense qu'à ses seuls intérêts que le collectif est le plus solide et le plus compact. Ainsi, c'est par un mouvement de retrait hors du collectif, et donc par une méconnaissance de la présence des autres et de leurs intérêts, que chacun participe malgré lui à la formation du marché en tant que structure collective. La méconnaissance fonde et permet la reconnaissance. Le marché nous impose donc de penser le paradoxe d'une structure individualiste qui se socialise en différant les relations sociales entre les hommes sur des relations individuelles avec les choses. Cela ne peut s'expliquer qu'à la seule condition de comprendre que bien au-delà de leurs seuls intérêts, les individus, sur le marché, poursuivent avant tout des biens spirituels, et donc de la reconnaissance. Ce n'est que parce que tout le monde pense que la poursuite des richesses nous rend sympathiques que cette sympathie s'auto-réalise dans la valorisation sociale réelle de notre image.
Parmi toutes les critiques dont a fait l'objet la psychanalyse freudienne, celles de Jean-Paul Sartre sont particulièrement prégnantes. Non content de s'opposer à Freud, il propose une psychanalyse inversée : la psychanalyse existentielle, qui se veut une psychanalyse de la conscience. En parcourant les conceptions sartriennes de la conscience, des processus de signification, du langage, des émotions, du désir ou encore du rêve, Stéphane Vinolo montre que toute la philosophie sartrienne se trouve engagée dans la psychanalyse existentielle. Loin d'une simple opposition, la distance qui sépare Freud et Sartre est donc à penser en termes de déplacement et de différence de la sexualité vers l'ontologie.
Alain Badiou est le dernier dinosaure d'un moment glorieux de la philosophie française. Mais à la différence de penseurs comme Deleuze ou Derrida, c'est un philosophe classique, cherchant à apporter des réponses aux questions les plus anciennes de la philosophie : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que l'amour ? qu'est-ce qu'une vérité ? qu'est-ce que la philosophie ? Dans cette position classique, Badiou ne cède sur rien : ni sur la construction d'un système, ni sur l'existence de vérités, ni sur la centralité du Sujet. Autant de points insupportables au regard des philosophies contemporaines. Toutefois, bien que classique, Badiou opère aussi de nombreux déplacements conceptuels dont le plus important est que la philosophie n'est plus au coeur du processus de production des vérités. Elle n'est que leur "vieille maquerelle" : l'entremetteuse des rencontres entre les vérités. La philosophie ne peut donc exister que sous condition de quatre procédures de vérités. Le philosophe est ainsi amant, militant politique, passionné de sciences et d'art. C'est en expérimentant les vérités de ces quatre champs qu'il pourra abandonner sa petite individualité et se laisser porter par l'élan de l'universel. Toute la pensée de Badiou nous enjoint donc à cesser d'être des animaux humains pour devenir des Sujets, à ne plus survivre à l'aune de nos seuls intérêts pour vivre pleinement, c'est-à-dire vivre enfin, comme des immortels.
Résumé : La philosophie de Jean-Luc Marion est phénoménologique. À ce titre, elle décrit et interroge les manifestations phénoménales qui tissent notre condition. Mais le point de vue suivi est radical : il pousse philosophie et phénoménologie au c?ur de la manifestation des choses, au lieu de leur déconcertante donation. Les phénomènes se donnent sans se soumettre au sujet qui les reçoit et sous la forme d?un don sans limite. Ainsi de l?événement, de l?idole, de l?icône et de la chair, phénomènes exemplaires de la donation, telle que la pense Marion. Il n?est pas étonnant dès lors que cette phénoménologie se confronte à une certaine théologie. En mettant au jour le caractère conceptuel et idolâtrique du Dieu de la métaphysique, Marion nous aide à penser un Dieu d?amour totalement délié du problème de l?être. L?amour en effet est don et donation purs. Il se donne antérieurement à l?être, voire en son absence. Sur le chemin de cette philosophie, nous croisons les objets techniques, la peinture, l?invisibilité, le don, la caresse, la confession, la prière? À chaque fois, il s?agit de décrire ce qui nous dépasse et par conséquent nous appelle.
La critique contemporaine présente généralement René Girard comme un penseur chrétien, ni plus ni moins, et l'essentiel de ses théories comme une apologie pure et simple du christianisme. Certains lecteurs s'en réjouissent trouvant là un socle rationnel et anthropologique à leur foi chrétienne, et d'autres au contraire le dénigrent lui et ses travaux de ce simple fait. Afin de comprendre pleinement son geste et la différence fondamentale que celui-ci place entre le religieux archaïque et le christianisme, il faut redessiner tout le chemin de l'histoire du sacré. Si le religieux est consubstantiel a l'humanité, c'est parce que celui-ci fut toujours une auto-transcendance de la violence de la communauté, une mise à distance de la violence intestine qui trouve sa solution dans un meurtre collectif et fondateur. Le christianisme ne semble pas échapper à cela puisqu'il propose bien lui aussi une résurrection divine qui suit un meurtre collectif. Toutefois, au-delà de cette similarité de structure entre tous les Dieux, c'est le discours sur ce processus divinisant qui est totalement renversé par le christianisme. Pour la première fois, le christianisme met à mal ce mouvement en dénonçant le caractère strictement mécanique et mimétique de la violence qui frappe la victime ainsi que son innocence. Afin de montrer la pertinence de la thèse de Girard tout en limitant la rupture que pose celui-ci entre l'archaïque et le judéo-chrétien, les thèses girardiennes sont ici confrontées à celles de Régis Debray, Walter Burkert, Jan Assmann ou encore d'Eugen Drewermann.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.