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Alain Badiou. Vivre en immortel
Vinolo Stéphane
L'HARMATTAN
21,50 €
Épuisé
EAN :9782343050874
Alain Badiou est le dernier dinosaure d'un moment glorieux de la philosophie française. Mais à la différence de penseurs comme Deleuze ou Derrida, c'est un philosophe classique, cherchant à apporter des réponses aux questions les plus anciennes de la philosophie : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que l'amour ? qu'est-ce qu'une vérité ? qu'est-ce que la philosophie ? Dans cette position classique, Badiou ne cède sur rien : ni sur la construction d'un système, ni sur l'existence de vérités, ni sur la centralité du Sujet. Autant de points insupportables au regard des philosophies contemporaines. Toutefois, bien que classique, Badiou opère aussi de nombreux déplacements conceptuels dont le plus important est que la philosophie n'est plus au coeur du processus de production des vérités. Elle n'est que leur "vieille maquerelle" : l'entremetteuse des rencontres entre les vérités. La philosophie ne peut donc exister que sous condition de quatre procédures de vérités. Le philosophe est ainsi amant, militant politique, passionné de sciences et d'art. C'est en expérimentant les vérités de ces quatre champs qu'il pourra abandonner sa petite individualité et se laisser porter par l'élan de l'universel. Toute la pensée de Badiou nous enjoint donc à cesser d'être des animaux humains pour devenir des Sujets, à ne plus survivre à l'aune de nos seuls intérêts pour vivre pleinement, c'est-à-dire vivre enfin, comme des immortels.
Les phénomènes saturés (événement, idole, chair, icône et phénomènes de révélation) font violence, par excès, aux capacités réceptrices du Sujet. Ils apparaissent donc selon une modalité particulière qui n'est pas celle de la visibilité commune. En effet, ils ne se donnent que pour un Sujet sachant se rendre disponible à leur surgissement, et donc capable de se penser comme secondaire, témoin et donataire. L'auteur montre que cette visibilité paradoxale suppose de penser une nouvelle modalité de l'invisible qu'il nomme "inexistence". Du fond de son invisibilité, l'inexistence détermine tout ce qui apparaît. Or, cela n'est possible qu'à condition de faire de la perception une écriture capable de porter positivement une absence. La phénoménologie de la donation est donc fondamentalement une phénoménologie discursive qui porte la langue de la déclaration (et donc l'amour et la louange) au coeur de l'apparaître.
Le processus d'hominisation n'est ni plus ni moins que la solution à la violence engendrée par l'imitation des désirs. Si l'Homme s'arrache à la Nature, c'est parce qu'il accède à un mode de gestion particulier de la violence. Ne pouvant l'affronter face à face sans risquer d'amplifier ses dégâts, il la déplace sans cesse sur des boucs émissaires dont la veine commune rassemble. Ce modèle girardien nous aide à comprendre comment l'origine de la Culture n'est autre que l'apparition d'un mode de gestion particulier de la violence.
Depuis 1960, Clément Rosset creuse un même sillon philosophique : celui de la déconstruction de l'ontologie au profit de l'affirmation de l'identité de ce qui est et de ce qui existe. L'être et l'être-là se confondent dans le seul concept de réel. Pourtant, face à ce réel toujours simple, univoque, cruel et tragique, les Hommes inventent - avec les moyens conceptuels les plus puissants - ou se construisent - avec les outils les plus banals - des doubles rassurants et protecteurs : arrière-mondes, monde intelligible, vie après la mort, Etre derrière les Etants, mais aussi devoir-être derrière l'être, identité profonde derrière l'identité sociale, visages derrière les masques, intentions derrière les actions, ou tout simplement refus de voir ; presque l'essentiel de la vie humaine consiste dans la création de doubles illusoires afin de nous protéger de la simplicité du réel. La duplication est donc le mécanisme protecteur essentiel face au tragique. Dans sa lecture de Rosset, Stéphane Vinolo revient sur les fondements mais aussi sur les conséquences ontologiques, psychologiques et politiques de cette duplication, non seulement en la mettant en perspective dans l'histoire de la philosophie, mais aussi en la questionnant de l'intérieur même du texte afin de pointer un paradoxe auquel Rosset ne peut échapper. Si l'on accepte de créer une anti-ontologie qui non seulement renverse mais de plus annule la distinction entre l'être et l'être-là, il se pourrait bien que nous soyons forcés d'affirmer, in fine, que paradoxalement il n'y a de réel que les doubles.
Parmi toutes les critiques dont a fait l'objet la psychanalyse freudienne, celles de Jean-Paul Sartre sont particulièrement prégnantes. Non content de s'opposer à Freud, il propose une psychanalyse inversée : la psychanalyse existentielle, qui se veut une psychanalyse de la conscience. En parcourant les conceptions sartriennes de la conscience, des processus de signification, du langage, des émotions, du désir ou encore du rêve, Stéphane Vinolo montre que toute la philosophie sartrienne se trouve engagée dans la psychanalyse existentielle. Loin d'une simple opposition, la distance qui sépare Freud et Sartre est donc à penser en termes de déplacement et de différence de la sexualité vers l'ontologie.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.