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Clément Rosset, la philosophie comme anti-ontologie
Vinolo Stéphane ; Ramond Charles
L'HARMATTAN
30,00 €
Épuisé
EAN :9782296960817
Depuis 1960, Clément Rosset creuse un même sillon philosophique : celui de la déconstruction de l'ontologie au profit de l'affirmation de l'identité de ce qui est et de ce qui existe. L'être et l'être-là se confondent dans le seul concept de réel. Pourtant, face à ce réel toujours simple, univoque, cruel et tragique, les Hommes inventent - avec les moyens conceptuels les plus puissants - ou se construisent - avec les outils les plus banals - des doubles rassurants et protecteurs : arrière-mondes, monde intelligible, vie après la mort, Etre derrière les Etants, mais aussi devoir-être derrière l'être, identité profonde derrière l'identité sociale, visages derrière les masques, intentions derrière les actions, ou tout simplement refus de voir ; presque l'essentiel de la vie humaine consiste dans la création de doubles illusoires afin de nous protéger de la simplicité du réel. La duplication est donc le mécanisme protecteur essentiel face au tragique. Dans sa lecture de Rosset, Stéphane Vinolo revient sur les fondements mais aussi sur les conséquences ontologiques, psychologiques et politiques de cette duplication, non seulement en la mettant en perspective dans l'histoire de la philosophie, mais aussi en la questionnant de l'intérieur même du texte afin de pointer un paradoxe auquel Rosset ne peut échapper. Si l'on accepte de créer une anti-ontologie qui non seulement renverse mais de plus annule la distinction entre l'être et l'être-là, il se pourrait bien que nous soyons forcés d'affirmer, in fine, que paradoxalement il n'y a de réel que les doubles.
La critique contemporaine présente généralement René Girard comme un penseur chrétien, ni plus ni moins, et l'essentiel de ses théories comme une apologie pure et simple du christianisme. Certains lecteurs s'en réjouissent trouvant là un socle rationnel et anthropologique à leur foi chrétienne, et d'autres au contraire le dénigrent lui et ses travaux de ce simple fait. Afin de comprendre pleinement son geste et la différence fondamentale que celui-ci place entre le religieux archaïque et le christianisme, il faut redessiner tout le chemin de l'histoire du sacré. Si le religieux est consubstantiel a l'humanité, c'est parce que celui-ci fut toujours une auto-transcendance de la violence de la communauté, une mise à distance de la violence intestine qui trouve sa solution dans un meurtre collectif et fondateur. Le christianisme ne semble pas échapper à cela puisqu'il propose bien lui aussi une résurrection divine qui suit un meurtre collectif. Toutefois, au-delà de cette similarité de structure entre tous les Dieux, c'est le discours sur ce processus divinisant qui est totalement renversé par le christianisme. Pour la première fois, le christianisme met à mal ce mouvement en dénonçant le caractère strictement mécanique et mimétique de la violence qui frappe la victime ainsi que son innocence. Afin de montrer la pertinence de la thèse de Girard tout en limitant la rupture que pose celui-ci entre l'archaïque et le judéo-chrétien, les thèses girardiennes sont ici confrontées à celles de Régis Debray, Walter Burkert, Jan Assmann ou encore d'Eugen Drewermann.
Le processus d'hominisation n'est ni plus ni moins que la solution à la violence engendrée par l'imitation des désirs. Si l'Homme s'arrache à la Nature, c'est parce qu'il accède à un mode de gestion particulier de la violence. Ne pouvant l'affronter face à face sans risquer d'amplifier ses dégâts, il la déplace sans cesse sur des boucs émissaires dont la veine commune rassemble. Ce modèle girardien nous aide à comprendre comment l'origine de la Culture n'est autre que l'apparition d'un mode de gestion particulier de la violence.
Les collectifs spontanés peuvent prendre plusieurs formes : foules, masses, multitudes, groupes. Les théories classiques nous présentent ceux-ci comme reposant sur un point qui leur est extérieur (chef, ennemi, rareté du monde, Dieu) et qui est par ailleurs intérieur aux individus (amour, haine, besoin, foi). Ainsi, la relation horizontale qui soude les individus entre eux est la conséquence d'une relation individuelle verticale avec ce point externe. La reconnaissance d'une même extériorité justifie la reconnaissance des membres du collectif entre eux. Contre cette vision, l'auteur montre que les collectifs spontanés obéissent à une seule et même logique : celle de la méconnaissance de la structure collective qui prend la forme paradoxale d'une "désocialisadon désindividualisante". Plus nous nous éloignons des autres individus, plus les liens se resserrent. C'est dans la panique que ce phénomène se manifeste de la façon la plus forte, panique lors de laquelle nous voyons que les liens de la foule se défont, puisque chacun fait désormais passer son intérêt individuel au-dessus de celui du groupe, afin de se sauver, et que pourtant rien n'est plus mimétique et homogène qu'une foule qui panique. Il y a donc, au coeur des collectifs spontanés, une structure oraculaire et tragique selon laquelle c'est en cherchant à éviter notre destin que nous le réalisons.
Résumé : La philosophie de Jean-Luc Marion est phénoménologique. À ce titre, elle décrit et interroge les manifestations phénoménales qui tissent notre condition. Mais le point de vue suivi est radical : il pousse philosophie et phénoménologie au c?ur de la manifestation des choses, au lieu de leur déconcertante donation. Les phénomènes se donnent sans se soumettre au sujet qui les reçoit et sous la forme d?un don sans limite. Ainsi de l?événement, de l?idole, de l?icône et de la chair, phénomènes exemplaires de la donation, telle que la pense Marion. Il n?est pas étonnant dès lors que cette phénoménologie se confronte à une certaine théologie. En mettant au jour le caractère conceptuel et idolâtrique du Dieu de la métaphysique, Marion nous aide à penser un Dieu d?amour totalement délié du problème de l?être. L?amour en effet est don et donation purs. Il se donne antérieurement à l?être, voire en son absence. Sur le chemin de cette philosophie, nous croisons les objets techniques, la peinture, l?invisibilité, le don, la caresse, la confession, la prière? À chaque fois, il s?agit de décrire ce qui nous dépasse et par conséquent nous appelle.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.