Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
René Girard : épistémologie du sacré. "En vérité, je vous le dis"
Vinolo Stéphane
L'HARMATTAN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782296032675
La critique contemporaine présente généralement René Girard comme un penseur chrétien, ni plus ni moins, et l'essentiel de ses théories comme une apologie pure et simple du christianisme. Certains lecteurs s'en réjouissent trouvant là un socle rationnel et anthropologique à leur foi chrétienne, et d'autres au contraire le dénigrent lui et ses travaux de ce simple fait. Afin de comprendre pleinement son geste et la différence fondamentale que celui-ci place entre le religieux archaïque et le christianisme, il faut redessiner tout le chemin de l'histoire du sacré. Si le religieux est consubstantiel a l'humanité, c'est parce que celui-ci fut toujours une auto-transcendance de la violence de la communauté, une mise à distance de la violence intestine qui trouve sa solution dans un meurtre collectif et fondateur. Le christianisme ne semble pas échapper à cela puisqu'il propose bien lui aussi une résurrection divine qui suit un meurtre collectif. Toutefois, au-delà de cette similarité de structure entre tous les Dieux, c'est le discours sur ce processus divinisant qui est totalement renversé par le christianisme. Pour la première fois, le christianisme met à mal ce mouvement en dénonçant le caractère strictement mécanique et mimétique de la violence qui frappe la victime ainsi que son innocence. Afin de montrer la pertinence de la thèse de Girard tout en limitant la rupture que pose celui-ci entre l'archaïque et le judéo-chrétien, les thèses girardiennes sont ici confrontées à celles de Régis Debray, Walter Burkert, Jan Assmann ou encore d'Eugen Drewermann.
Les phénomènes saturés (événement, idole, chair, icône et phénomènes de révélation) font violence, par excès, aux capacités réceptrices du Sujet. Ils apparaissent donc selon une modalité particulière qui n'est pas celle de la visibilité commune. En effet, ils ne se donnent que pour un Sujet sachant se rendre disponible à leur surgissement, et donc capable de se penser comme secondaire, témoin et donataire. L'auteur montre que cette visibilité paradoxale suppose de penser une nouvelle modalité de l'invisible qu'il nomme "inexistence". Du fond de son invisibilité, l'inexistence détermine tout ce qui apparaît. Or, cela n'est possible qu'à condition de faire de la perception une écriture capable de porter positivement une absence. La phénoménologie de la donation est donc fondamentalement une phénoménologie discursive qui porte la langue de la déclaration (et donc l'amour et la louange) au coeur de l'apparaître.
Alain Badiou est le dernier dinosaure d'un moment glorieux de la philosophie française. Mais à la différence de penseurs comme Deleuze ou Derrida, c'est un philosophe classique, cherchant à apporter des réponses aux questions les plus anciennes de la philosophie : qu'est-ce que l'être ? qu'est-ce que l'amour ? qu'est-ce qu'une vérité ? qu'est-ce que la philosophie ? Dans cette position classique, Badiou ne cède sur rien : ni sur la construction d'un système, ni sur l'existence de vérités, ni sur la centralité du Sujet. Autant de points insupportables au regard des philosophies contemporaines. Toutefois, bien que classique, Badiou opère aussi de nombreux déplacements conceptuels dont le plus important est que la philosophie n'est plus au coeur du processus de production des vérités. Elle n'est que leur "vieille maquerelle" : l'entremetteuse des rencontres entre les vérités. La philosophie ne peut donc exister que sous condition de quatre procédures de vérités. Le philosophe est ainsi amant, militant politique, passionné de sciences et d'art. C'est en expérimentant les vérités de ces quatre champs qu'il pourra abandonner sa petite individualité et se laisser porter par l'élan de l'universel. Toute la pensée de Badiou nous enjoint donc à cesser d'être des animaux humains pour devenir des Sujets, à ne plus survivre à l'aune de nos seuls intérêts pour vivre pleinement, c'est-à-dire vivre enfin, comme des immortels.
Résumé : La philosophie de Jean-Luc Marion est phénoménologique. À ce titre, elle décrit et interroge les manifestations phénoménales qui tissent notre condition. Mais le point de vue suivi est radical : il pousse philosophie et phénoménologie au c?ur de la manifestation des choses, au lieu de leur déconcertante donation. Les phénomènes se donnent sans se soumettre au sujet qui les reçoit et sous la forme d?un don sans limite. Ainsi de l?événement, de l?idole, de l?icône et de la chair, phénomènes exemplaires de la donation, telle que la pense Marion. Il n?est pas étonnant dès lors que cette phénoménologie se confronte à une certaine théologie. En mettant au jour le caractère conceptuel et idolâtrique du Dieu de la métaphysique, Marion nous aide à penser un Dieu d?amour totalement délié du problème de l?être. L?amour en effet est don et donation purs. Il se donne antérieurement à l?être, voire en son absence. Sur le chemin de cette philosophie, nous croisons les objets techniques, la peinture, l?invisibilité, le don, la caresse, la confession, la prière? À chaque fois, il s?agit de décrire ce qui nous dépasse et par conséquent nous appelle.
La modernité politique abandonne les Hommes à leur propre sort afin que ceux-ci construisent seuls les collectifs qu'ils habitent. Ils ne peuvent plus compter sur un point stabilisateur externe les faisant tenir ensemble sous l'autorité d'un Dieu ou d'une tendance naturelle. Par la structure du contrat, se construit une boucle épistémologique selon laquelle les individus sont les créateurs de la créature politique à laquelle ils se soumettent. Chacun est ainsi à la fois la voix et l'oreille de la Loi. Cette structure contractuelle suppose alors que le projet de collectif soit explicite et connu de tous, en même temps que cette connaissance du projet d'union trace les frontières de la reconnaissance entre les citoyens y prenant part. Pourtant, avec Hobbes et Rousseau, l'auteur montre que ces deux phénomènes cognitifs (connaissance et reconnaissance) se fondent sur une méconnaissance première, bien plus essentielle et originaire. Ce n'est que par une prise de distance cognitive des individus qu'ils peuvent tisser un lien social paradoxal qui les fait tenir ensemble. Ainsi, loin que le contrat ouvre l'espace du dialogue, de la négociation et du compromis, il n'est que la simulation publique d'un phénomène de prise de distance, qui, dans l'ombre de la méconnaissance, de façon purement rituelle et externe, garantit le lien social.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.