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Jean-Luc Marion, apologie de l'inexistence. Tome 2, Une phénoménologie discursive
Vinolo Stéphane
L'HARMATTAN
32,50 €
Épuisé
EAN :9782343176642
Les phénomènes saturés (événement, idole, chair, icône et phénomènes de révélation) font violence, par excès, aux capacités réceptrices du Sujet. Ils apparaissent donc selon une modalité particulière qui n'est pas celle de la visibilité commune. En effet, ils ne se donnent que pour un Sujet sachant se rendre disponible à leur surgissement, et donc capable de se penser comme secondaire, témoin et donataire. L'auteur montre que cette visibilité paradoxale suppose de penser une nouvelle modalité de l'invisible qu'il nomme "inexistence". Du fond de son invisibilité, l'inexistence détermine tout ce qui apparaît. Or, cela n'est possible qu'à condition de faire de la perception une écriture capable de porter positivement une absence. La phénoménologie de la donation est donc fondamentalement une phénoménologie discursive qui porte la langue de la déclaration (et donc l'amour et la louange) au coeur de l'apparaître.
Nombreux sont les auteurs contemporains qui dénoncent l'individualisme auquel nous livre le marché. En un sens, ils n'ont pas tort. Mais il est tout à fait remarquable que les penseurs du marché aient toujours fait de celui-ci un système social, une structure paradoxale dans laquelle c'est au moment même où chacun ne pense qu'à ses seuls intérêts que le collectif est le plus solide et le plus compact. Ainsi, c'est par un mouvement de retrait hors du collectif, et donc par une méconnaissance de la présence des autres et de leurs intérêts, que chacun participe malgré lui à la formation du marché en tant que structure collective. La méconnaissance fonde et permet la reconnaissance. Le marché nous impose donc de penser le paradoxe d'une structure individualiste qui se socialise en différant les relations sociales entre les hommes sur des relations individuelles avec les choses. Cela ne peut s'expliquer qu'à la seule condition de comprendre que bien au-delà de leurs seuls intérêts, les individus, sur le marché, poursuivent avant tout des biens spirituels, et donc de la reconnaissance. Ce n'est que parce que tout le monde pense que la poursuite des richesses nous rend sympathiques que cette sympathie s'auto-réalise dans la valorisation sociale réelle de notre image.
Parmi toutes les critiques dont a fait l'objet la psychanalyse freudienne, celles de Jean-Paul Sartre sont particulièrement prégnantes. Non content de s'opposer à Freud, il propose une psychanalyse inversée : la psychanalyse existentielle, qui se veut une psychanalyse de la conscience. En parcourant les conceptions sartriennes de la conscience, des processus de signification, du langage, des émotions, du désir ou encore du rêve, Stéphane Vinolo montre que toute la philosophie sartrienne se trouve engagée dans la psychanalyse existentielle. Loin d'une simple opposition, la distance qui sépare Freud et Sartre est donc à penser en termes de déplacement et de différence de la sexualité vers l'ontologie.
La modernité politique abandonne les Hommes à leur propre sort afin que ceux-ci construisent seuls les collectifs qu'ils habitent. Ils ne peuvent plus compter sur un point stabilisateur externe les faisant tenir ensemble sous l'autorité d'un Dieu ou d'une tendance naturelle. Par la structure du contrat, se construit une boucle épistémologique selon laquelle les individus sont les créateurs de la créature politique à laquelle ils se soumettent. Chacun est ainsi à la fois la voix et l'oreille de la Loi. Cette structure contractuelle suppose alors que le projet de collectif soit explicite et connu de tous, en même temps que cette connaissance du projet d'union trace les frontières de la reconnaissance entre les citoyens y prenant part. Pourtant, avec Hobbes et Rousseau, l'auteur montre que ces deux phénomènes cognitifs (connaissance et reconnaissance) se fondent sur une méconnaissance première, bien plus essentielle et originaire. Ce n'est que par une prise de distance cognitive des individus qu'ils peuvent tisser un lien social paradoxal qui les fait tenir ensemble. Ainsi, loin que le contrat ouvre l'espace du dialogue, de la négociation et du compromis, il n'est que la simulation publique d'un phénomène de prise de distance, qui, dans l'ombre de la méconnaissance, de façon purement rituelle et externe, garantit le lien social.
La critique contemporaine présente généralement René Girard comme un penseur chrétien, ni plus ni moins, et l'essentiel de ses théories comme une apologie pure et simple du christianisme. Certains lecteurs s'en réjouissent trouvant là un socle rationnel et anthropologique à leur foi chrétienne, et d'autres au contraire le dénigrent lui et ses travaux de ce simple fait. Afin de comprendre pleinement son geste et la différence fondamentale que celui-ci place entre le religieux archaïque et le christianisme, il faut redessiner tout le chemin de l'histoire du sacré. Si le religieux est consubstantiel a l'humanité, c'est parce que celui-ci fut toujours une auto-transcendance de la violence de la communauté, une mise à distance de la violence intestine qui trouve sa solution dans un meurtre collectif et fondateur. Le christianisme ne semble pas échapper à cela puisqu'il propose bien lui aussi une résurrection divine qui suit un meurtre collectif. Toutefois, au-delà de cette similarité de structure entre tous les Dieux, c'est le discours sur ce processus divinisant qui est totalement renversé par le christianisme. Pour la première fois, le christianisme met à mal ce mouvement en dénonçant le caractère strictement mécanique et mimétique de la violence qui frappe la victime ainsi que son innocence. Afin de montrer la pertinence de la thèse de Girard tout en limitant la rupture que pose celui-ci entre l'archaïque et le judéo-chrétien, les thèses girardiennes sont ici confrontées à celles de Régis Debray, Walter Burkert, Jan Assmann ou encore d'Eugen Drewermann.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.