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Des humains confiants et dociles
Vincent Hubert
L'HARMATTAN
27,00 €
Épuisé
EAN :9782343112343
La confiance : soit on la considère comme une donnée naturelle, allant de soi ou devant aller de soi : "n'est-il pas normal que les enfants fassent confiance et aiment leurs parents ? " Soit on la considère comme le résultat de nos efforts ou intentions. Dans les deux cas, on oublie une chose essentielle, à savoir qu'elle est un résultat, résultat des modes d'être et d'apparaître que nous sommes. Ni naturelle ni fabriquée, elle naît à l'interaction des modes d'être ordinaires ou extraordinaires dont nous sommes ou non capables. C'est en ce sens que l'on dira qu'elle relève d'une genèse. Quant à la docilité susceptible de résulter de cette genèse, qui est aussi un objet central de cet ouvrage, elle est tout autre que ce à quoi on la réduit habituellement : crédulité, soumission, dépendance, absence de tout usage d'esprit critique. "Avoir bon esprit", ne fait pourtant pas de nous des gens aveugles et stupides. Nous disons et déplorons des temps incertains et violents. Et certainement le sont-ils par bien des aspects qu'il nous faut endurer et comprendre, et contre lesquels il est aussi nécessaire de nous dresser. De là à ne plus rien pouvoir entendre et recueillir de ce goût du monde qui nous a constitué, il y a une marge qui, si on l'ignore, nous porterait à méconnaître les sources mêmes de nos possibilités critiques : c'est bien parce que nous avons pu aimer ce monde et y prendre goût, c'est bien parce que nous pouvons régulièrement en refaire l'expérience, qu'il nous est possible de combattre tout ce qui l'empêche et nous en détourne.
Comment comprendre cette notion de citoyen du monde, et comment surtout nous situer par rapport à elle, nous qui sommes citoyens d'un État, habitants d'un pays, soucieux de droit et de nos droits, et soucieux de nos luttes ? Nous qui sommes aussi engagés dans nos activités professionnelles, définis par de multiples particularismes, et d'abord par nos langues ? Dans ces conditions, de qui le citoyen du monde peut-il être l'ami ? Sur quoi veille-t-il ? Que prend-il en garde ? Soit que cela soit au-delà de ses particularismes, de ses droits et de ses luttes, soit que cela soit entre eux, soit que cela soit enfin ce qui était avant eux. Dans quelle mesure également peut-il être l'homme ou la femme d'un collectif capable d'une action commune ? Ou bien son lot est-il celui d'une solitude silencieuse ou bavarde, toujours un peu mélancolique et rêveuse ? Ce livre veut apporter des éléments de réponse et d'éclaircissements à ces différentes questions, au moins dans le but de dessiner nettement les contours de cette notion de citoyenneté du monde ainsi que ses enjeux. Si la tradition culturelle y est requise, c'est dans le but d'éclairer véritablement notre présent. Ce livre est le résultat d'un colloque organisé en mars 2002 par l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres du Nord-Pas-de-Calais, avec le soutien de l'École Normale Supérieure-Lettres et Sciences Humaines de Lyon ainsi que du Centre d'Études en Rhétorique Philosophie et Histoire des Idées, de l'Institut d'Études Politiques de Lille et de la Mairie de Lille.
La question générale qui est posée ici est bien : qu'est-ce qu'enseigner, et qu'est-ce qu'en devenir capable aujourd'hui ? Une telle question n'est pas simple, tant il semble que les enseignants soient exposés à différents discours supposés leur dire comment ils doivent orienter leur activité. La première partie de l'ouvrage analyse ces différents discours. La seconde trouve dans la notion de méthode, largement retravaillée et fondée sur la notion de risque, les ressources d'une réponse à cette question de l'orientation, et s'attache à en développer toutes les conséquences. La troisième, à travers l'analyse patiente d'un bref passage du Sophiste de Platon, veut analyser un certain nombre de gestes constitutifs de tout enseignement. Les analyses proposées ici sont celles d'un enseignant qui, revenant sur son propre parcours d'étudiant et de professeur, prend le parti de dire et d'analyser ses embarras, pour exposer ensuite comment il a cherché à en sortir en trouvant appui aussi bien sur certaines orientations pratiques que sur certaines ressources culturelles.
Le projet général de ces Lieux et usages du monde, - dont ce livre constitue les trois premiers échantillons -, est de dessiner une anthropologie sans humanisme respectant la diversité des champs de l'expérience. A chaque fois, et selon les exigences propres de ces champs, on y repose la question de l'émancipation. Ici, l'auteur s'interroge sur le sens et l'importance que l'on doit attacher à l'expérience d'avoir été mal nommé. Que signifie que l'on devienne capable de travailler et contre quelles résistances, autant internes qu'externes, cela est-il possible ? Que signifie enfin être citoyen aujourd'hui, dans un temps où nous sommes si fortement conviés à le devenir ? C'est à travers une écriture qui articule la mise en jeu de soi - selon la figure de l'aveu - et des ressources théoriques, principalement philosophiques, que ces questions sont abordées ici.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.