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Les seigneurs gentile face a l'histoire 2 tomes
Vergé-Franceschi Michel
ALAIN PIAZZOLA
30,00 €
Épuisé
EAN :9782364790681
Les Gentile sont une famille de seigneurs feudataires corses connus à Gênes puis dans l'île depuis environ un millénaire. Cette dynastie d'extraction chevaleresque est issue des Avogari devenus Avogari de Gentile plus communément appelés Gentile. Seigneurs des fiefs cap corsins de Brando, de Nonza, de Canari et d'Erbalunga, leurs possessions se situent au nord de Bastia et au sud de l'autre seigneurie cap corsine, celle des Da Mare, seigneurs de San Colombano (villages de Rogliano, Ersa, Centuri, Morsiglia). Alliés aux meilleures maisons patriciennes de Gênes, de Piombino (les princes Appiani), parents des Médicis de Florence, ils furent avant tout des combattants, d'abord sur le sol corse, puis sur tous les champs de bataille européens du XVIe au XVIIIe siècle. A la veille de la Révolution, l'un d'eux, Jean-Noël, émigre comme jeune officier aux Amériques et fonde la branche prolifique de Martinique. Si le tome I de cette somme relate leur vie de siècle en siècle, le tome II, sous forme de Dictionnaire, retrace les biographies des Gentile les plus connus sur les deux mille individus du nom qui sont recensés et étudiés ici, à partir d'archives corses mais aussi européennes.
La société de l'Ancien Régime - et particulièrement celle du XVIIe siècle - nous est aujourd'hui à peu près aussi exotique que celle de l'Antiquité classique ou de l'Amérique précolombienne... Nous avons d'elle une vision figée par les trois siècles qui nous en séparent, et longtemps une lecture idéologique du passé de la France a stérilisé les recherches des historiens. Il n'en va heureusement plus ainsi de nos jours, car de nombreux travaux d'érudition ont fait "bouger les lignes": les synthèses deviennent possibles. De cette "société d'ordres" - et en aucun cas de classes! - Michel Vergé-Franceschi dresse ici un tableau complet et vivant, l'analysant sous un triple prisme: celui de la tradition (avec ses charges de grand veneur, grand louvetier, grand fauconnier, etc.); celui de l'innovation (avec par exemple ses chirurgiens qui ne sont plus barbiers, ses ingénieurs, ses officiers de marine...), enfin celui de l'ouverture, car, sous louis XIV, et contrairement aux idées reçues, un fils de pêcheur illettré peut devenir officier général (Jean Bart), le descendant de simples artisans champenois ministre (Colbert), le rejeton de grenetiers au grenier à sel chanceliers de France et gardes des Sceaux (les d'Aligre père et fils), etc. Pour reposer sur des fondements radicalement différents de ceux que nous connaissons, la société française du XVIIe siècle n'en a pas moins été, à sa manière, une société ouverte.
Les liens de l'île de Corse avec la péninsule italienne sont anciens - ils remontent à l'Antiquité et même au-delà - et Michel Vergé-Franceschi, professeur d'Histoire moderne, a volontairement choisi de limiter ici le sujet aux périodes médiévales et modernes, ne voulant ni remonter trop haut dans le temps, ni descendre trop bas, au-delà du XIXe siècle. Pour cela, il a réuni une dizaine d'universitaires confirmés qui nous offrent ici une synthèse qui va du XVe au XIXe siècle. Damien Broc, Doctorant de l'Université de Corse en Histoire médiévale, s'est intéressé à L'insertion de la Corse dans l'espace économique de l'Italie entre Moyen Age tardif et période moderne (c 1480 - c 1540). Michel Vergé-Franceschi retrace ici l'histoire des Gardes corses du pape, notamment sous Louis XIV lors de la célèbre rixe qui les opposa aux gardes de l'ambassadeur de France duc de Créquy. Lucien Bély, professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne, grand spécialiste des relations internationales au XVIIIe siècle, fait le lien entre les débuts de la "modernité" et L'italianité de Pascal Paoli, traitée ici par Francis Beretti, Professeur émérite à l'Université Pascal Paoli. David Chanteranne, historien du Premier Empire, directeur de la revue Napoléon, nous brosse un émouvant portrait de Madame Mère qui s'éteint à Rome en 1836 après son fils et son petit-fils l'Aiglon. Mickaël Broers, Professeur à Oxford, nous donne l'opinion d'un grand chercheur britannique sur Napoléon et l'Italie. Marie-Jean Vinciguerra, Inspecteur général de l'Education nationale, agrégé d'italien, nous livre pour conclure une belle synthèse sur Garibaldi et la Corse alors que François Moureau, Professeur émérite à l'Université de Paris IV-Sorbonne, Directeur du C.R.L.V., ancien Directeur des Presses universitaires de Paris-Sorbonne, nous entraîne sur le sentier des "Iles oubliées" de Gaston Vuillier (1893) : de la Corse à la Sardaigne.
La Corse n'a jamais été un monde clos et isolé. Par définition une île est une zone de passage où l'on vient et d'où l'on part. Inscrite au coeur du bassin méditerranéen ses liens avec les Phocéens les Lestrygons les Romains les Etrusques les Pisans les Génois les Provençaux les Marseillais les Catalans rythment les siècles. Michel Vergé- Franceschi a réuni ici une dizaine d'auteurs pour évoquer la Corse et la Toscane. Livourne fut avec Marseille la plus importante ville corse de Méditerranée. Les Corses y avaient un autel dit "l'autel des Corses". Ils y avaient des charpentiers des marins des marchands des facteurs des négociants des immeubles des terres. Nombre de Corses entretenaient des rapports constants avec la Toscane. Maria Cosway native de Florence fut la meilleure amie de Paoli à Londres. Leonetto Cipriani né à Centuri élevé à Pise fut l'un des grands acteurs de l'unité italienne. Les Médicis autrefois recherchés par les Gentile cap corsins au XVIe siècle s'intéressaient beaucoup au sort de l'île sur l'échiquier diplomatique européen. Salvatore Viale comme Cipriani procédait des deux cultures : Corse et Toscane. Rien d'étonnant à ce que la soeur de Napoléon devienne reine d'Etrurie et que Livourne ait acclamé Paoli en 1769 autant que Marseille en 1790.
L'affaire du "masque de fer" fait partie de ces dix ou douze énigmes qui défraient la chronique, génération d'historiens (les uns fantaisistes, les autres rigoureux) après génération d'historiens. Sans parler du roman historique. Comment trouver, comment dire du nouveau sur un sujet battu et rebattu? Y a-t-il des documents inédits ou faut-il attendre la lumière de nouvelles interprétations ou "lectures"? Recensant, la plupart des hypothèses recevables sur la véritable identité de l'"homme au masque de fer", Michel Vergé-Franceschi, en une approche convaincante, rend cette vieille histoire aussi vivante qu'une intrigue politico-policière survenue de nos jours.
Une terre exotique aux moeurs archaïques, peuplée de bandits et marquée par la vendetta : c'est ainsi qu'a principalement été représentée la Sardaigne, pendant de nombreuses années, par un cinéma dit "sarde" s'inspirant des classiques de la littérature deleddienne et de certains faits divers, et le plus souvent réalisé par des non Sardes. L'image de l'île et de ses habitants a été forgée par le recours à un grand nombre de stéréotypes, parfois perçus comme outranciers par les spectateurs sardes. A la fin des années 80 apparaissent les premiers signes significatifs d'une "réappropriation" du cinéma sarde par les Sardes eux-mêmes. Progressivement (et surtout dans les années 2000), plusieurs réalisateurs proposent de nouvelles approches des représentations filmées de leur île, jusqu'à la constitution plus ou moins consciente d'un mouvement non officiel appelé "nouveau cinéma sarde" : G. Cabiddu, G. Columbu, P. Sanna, S. Mereu et E. Pau en sont les représentants. Cette étude se propose d'analyser, par le traitement des oeuvres significatives et une approche sociologique du mouvement, le phénomène collectif du "nouveau cinéma sarde" et les démarches individuelles des auteurs qui le composent, plaçant l'identité au coeur de la question.