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La Corse et la Toscane. Dix-neuvièmes Journées universitaires d'histoire maritime de Bonifaccio
Vergé-Franceschi Michel
ALAIN PIAZZOLA
12,00 €
Épuisé
EAN :9782364790803
La Corse n'a jamais été un monde clos et isolé. Par définition une île est une zone de passage où l'on vient et d'où l'on part. Inscrite au coeur du bassin méditerranéen ses liens avec les Phocéens les Lestrygons les Romains les Etrusques les Pisans les Génois les Provençaux les Marseillais les Catalans rythment les siècles. Michel Vergé- Franceschi a réuni ici une dizaine d'auteurs pour évoquer la Corse et la Toscane. Livourne fut avec Marseille la plus importante ville corse de Méditerranée. Les Corses y avaient un autel dit "l'autel des Corses". Ils y avaient des charpentiers des marins des marchands des facteurs des négociants des immeubles des terres. Nombre de Corses entretenaient des rapports constants avec la Toscane. Maria Cosway native de Florence fut la meilleure amie de Paoli à Londres. Leonetto Cipriani né à Centuri élevé à Pise fut l'un des grands acteurs de l'unité italienne. Les Médicis autrefois recherchés par les Gentile cap corsins au XVIe siècle s'intéressaient beaucoup au sort de l'île sur l'échiquier diplomatique européen. Salvatore Viale comme Cipriani procédait des deux cultures : Corse et Toscane. Rien d'étonnant à ce que la soeur de Napoléon devienne reine d'Etrurie et que Livourne ait acclamé Paoli en 1769 autant que Marseille en 1790.
Résumé : Né dans un hameau peuplé d'une centaine d'âmes, le Père de la patrie corse est mort dans la plus grande capitale européenne de son temps, Londres. Né en 1725, élevé à Naples, rentré pour moins de quinze ans de " pouvoir " (1755-1769), exilé en Angleterre jusqu'en 1790, revenu à Corte pour quatre ans, retourné à Londres de 1794 à sa mort en 1807, celui qui fut enterré à l'ombre de Westminster a vécu trente-deux ans en Corse, trente-quatre années en Angleterre, seize années de jeunesse italiennes et quelques semaines parisiennes. Corse de Corse, Paoli est aussi Corse de la diaspora, comme Sampiero Corso avant lui et Napoléon Bonaparte après lui. Paoli surprend, étonne, séduit, révolte parfois. Quel est-il ? Philosophe du siècle des Lumières ? Religieux comme son frère, tertiaire franciscain mort au couvent ? Franc-maçon précocement affilié à une loge italienne ? Ou tardivement affilié à une loge anglaise à Londres ? Humaniste ou soldat ? Homme de plume ou d'épée ? Homme d'action ou de réflexion ? Les sources sont si abondantes que la synthèse est malaisée et que l'on néglige presque toujours les trente premières années de sa vie, celles qui pourtant permettent de saisir l'enracinement du personnage dans une terre, une tradition, une généalogie ; c'est l'un des apports décisifs de ce livre que d'évoquer la genèse de l'homme d'État et de lui redonner ainsi sa cohérence et sa vigueur. Cette première biographie exhaustive replace Paoli dans son contexte historique et rend le personnage passionnant.
Cette île de Corse, si éloignée de la civilisation de l'Europe, si différente de la Barbarie d'Afrique, a ouvert des fenêtres sur mon intelligence, m'a fait entrevoir d'autres rapports". Ainsi s'exprime Napoléon au soir de sa vie. Pourtant, longtemps, les travaux sur Napoléon se sont contentés de signaler l'enfance corse pour mieux l'oublier ensuite, comme si ces années de jeunesse n'avaient en rien marqué la vie et la pensée de l'Empereur des Français. Or comme l'écrit Jean Tulard, dans son avant-propos, "on ne peut comprendre la personnalité de Napoléon si on le coupe de ses origines". Explorer le contexte politique de l'île à l'époque, ressusciter les mentalités du temps, ou bien encore analyser les coutumes ancestrales, tel est l'objet de ce livre, qui nous permet de comprendre comment s'est formé le génie napoléonien. C'est également l'occasion de redonner toute sa place et son importance à Letizia Bonaparte, "madame Mère", dont Napoléon disait qu'il lui devait toute sa fortune et tout ce qu'il avait fait de bien...
D'un côté de l'Atlantique, le mot de "Libertà" résonne dans l'île de Corse comme le symbole des cinq ou six derniers siècles. De l'autre, les Etats-Unis d'Amérique vous accueillent au pied de la statue de la Liberté. En 1790, le pays des Droits de l'Homme et du citoyen accueille Paoli : "Monsieur vous avez inventé la Liberté à une époque où nous n'osions même pas prononcer son nom" (Robespierre). Il était donc tentant de réunir une douzaine d'universitaires et d'historiens reconnus, hommes et femmes, pour éclairer les rapports corso-américains de Christophe Colomb à la Seconde Guerre mondiale. C'est ce qu'a fait Michel Vergé-Franceschi. Si Colomb n'est pas né à Calvi, les Corses néanmoins sont légion aux Amériques dès les années 1540 et ils participent à la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) à une époque où on porte depuis 1767 des toasts à Pascal Paoli sur le sol américain. Côté corse, les maisons dites "d'Américains" fleurissent au cap Corse dès les années 1750 et se multiplient au XIXe siècle. Marins corses à Boston et Philadelphie et planteurs insulaires en Martinique ou à Porto-Rico côtoient l'inventeur corse du premier Coca-Cola dans cette épopée qui s'achève avec une visite des Etats-Unis par les élèves actuels du Lycée de Corte ! Epopée où l'on voit l'intérêt des Bonaparte pour les Etats-Unis ; où l'on apprend que l'impératrice Eugénie descend en ligne directe de Cortès, le conquistador du Mexique ; où l'on voit que si Napoléon épouse une belle créole native de Martinique, Joséphine, Paoli lui-même fut troublé par une autre créole, marquise de la Jamaïque !
Résumé : Statufié et mythifié, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) est sûrement l'un des ministres de la France qui a le plus marqué la postérité. Apprécié de Louis XIV, qui en fit son homme de confiance, détesté de Fouquet, dont il causa la perte, et de Mme de Sévigné, qui le surnommait "le Nord" en raison de son attitude glaciale, érigé en modèle de travail par le XIXe siècle républicain qui a vu en lui la probité récompensée et le labeur incarné. Toute l'originalité de ce livre réside dans l'analyse du succès de ce tout-puissant serviteur de l'Etat qui, assez peu religieux et fort tolérant à l'égard d'autres confessions, eut à affronter vingt ans durant une cabale de dévots, composée de chevaliers de Malte, d'ecclésiastiques et d'amis de Fouquet. Héritiers des Frondeurs, voire des Ligueurs, ils tentèrent d'entraîner le Roi Très Chrétien dans une nouvelle guerre sainte contre les Turcs à laquelle Colbert opposa une politique de conciliation héritée de François Ier. Centrées sur cet axe majeur, les grandes "affaires" du règne de Louis XIV prennent un autre visage : la disgrâce de Fouquet, l'affaire des Poisons et l'internement du Masque de fer ne sont plus des histoires séparées, comme on les présente souvent, mais une seule et même histoire, celle qui oppose le temps révolu des croisades à celle de l'État moderne en construction. Ainsi traité, ce portrait de Colbert revisité reflète sa véritable personnalité : non pas celle d'un "souple commis" mais celle d'un authentique homme d'État.