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La Corse et les Amériques. Dix-huitièmes Journées universitaires d'histoire maritime de Bonifacio, m
Vergé-Franceschi Michel
ALAIN PIAZZOLA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782364790612
D'un côté de l'Atlantique, le mot de "Libertà" résonne dans l'île de Corse comme le symbole des cinq ou six derniers siècles. De l'autre, les Etats-Unis d'Amérique vous accueillent au pied de la statue de la Liberté. En 1790, le pays des Droits de l'Homme et du citoyen accueille Paoli : "Monsieur vous avez inventé la Liberté à une époque où nous n'osions même pas prononcer son nom" (Robespierre). Il était donc tentant de réunir une douzaine d'universitaires et d'historiens reconnus, hommes et femmes, pour éclairer les rapports corso-américains de Christophe Colomb à la Seconde Guerre mondiale. C'est ce qu'a fait Michel Vergé-Franceschi. Si Colomb n'est pas né à Calvi, les Corses néanmoins sont légion aux Amériques dès les années 1540 et ils participent à la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) à une époque où on porte depuis 1767 des toasts à Pascal Paoli sur le sol américain. Côté corse, les maisons dites "d'Américains" fleurissent au cap Corse dès les années 1750 et se multiplient au XIXe siècle. Marins corses à Boston et Philadelphie et planteurs insulaires en Martinique ou à Porto-Rico côtoient l'inventeur corse du premier Coca-Cola dans cette épopée qui s'achève avec une visite des Etats-Unis par les élèves actuels du Lycée de Corte ! Epopée où l'on voit l'intérêt des Bonaparte pour les Etats-Unis ; où l'on apprend que l'impératrice Eugénie descend en ligne directe de Cortès, le conquistador du Mexique ; où l'on voit que si Napoléon épouse une belle créole native de Martinique, Joséphine, Paoli lui-même fut troublé par une autre créole, marquise de la Jamaïque !
La Corse dans ses rapports avec Gênes est un sujet historiographique particulièrement fouillé depuis près de deux-cents ans. Michel Vergé-Franceschi, directeur scientifique des Journées universitaires de Bonifacio a donc entrepris depuis plus de dix ans une série de travaux qui étudient - au sein de cette collection - les rapports de l'île avec d'autres partenaires : la Corse et l'Angleterre, la Corse et l'Ecosse, la Corse et Venise, la Corse et le monde musulman. Cet ouvrage est consacré à la Corse dans ses rapports avec les Espagnes. Pour cela, une dizaine d'auteurs se sont réunis pour donner des éclairages précis à travers les siècles : Philippe Colombani, professeur d'histoire à Ajaccio et Antoine Franzini, auteur d'une thèse de doctorat qui fait autorité, ont consacré leurs travaux à la Corse à l'époque du siège de Bonifacio par Alphonse d'Aragon qui a laissé son nom à l'Escalier du roi d'Aragon. Michel Vergé-Franceschi, Professeur à l'Université de Tours, ancien Directeur du Laboratoire d'Histoire et d'Archéologie maritime du CNRS/Paris-IV-Sorbonne/Musée national de la Marine, aujourd'hui membre de l'Equipe de recherches EMAM (Monde arabe et méditerranéen), s'est intéressé aux Bonaparte dans leurs relations avec l'Espagne depuis l'époque où l'aïeul bonifacien de Napoléon (Cataccioli) recevait l'aïeul hashourgeois de Marie-Louise (Charles Quint) jusqu'à celle où l'aïeul d'Eugénie de Montijo (Fernando Cortés) débarquait à Bonifacio (1541). Luigi Migliorini, Professeur à l'Université de Naples, Dominique Taddei, Président d'université honoraire, donnent de leur côté un éclairage novateur sur les rapports de la Corse avec Naples - cité paoline - et sur la politique espagnole des premiers révolutionnaires corses lors des débuts de la Révolution corse. François Moureau, Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne, Directeur du CRLV, Directeur des Presses universitaires de Paris IV-Sorbonne, Jacques-Olivier Houdon, Professeur à l'Université de Paris 1V-Sorbonne, éminent spécialiste de Napoléon, David Chanteranne, à travers L'intervention de Napoléon après les événements de Madrid de mai 1808 peints par Gova contribuent à faire de cet ouvrage novateur un livre de référence qui n'aurait pas été complet sans la contribution de Philippe Lucchetti, historien cap corsin dont le travail Le drapeau à tête de maure : une origine autre qu'aragonaise, a eu les honneurs récents de la presse régionale. Cette recherche est enrichie d'une chronologie, La Corse et les Espagnes, due à Michel Vergé-Franceschi, qui va de Sénèque (natif de Cordoue), prisonnier à Luri, jusqu'à la mort d'Eugénie de Montijo (native de Grenade) et veuve de Napoléon III.
Cette île de Corse, si éloignée de la civilisation de l'Europe, si différente de la Barbarie d'Afrique, a ouvert des fenêtres sur mon intelligence, m'a fait entrevoir d'autres rapports". Ainsi s'exprime Napoléon au soir de sa vie. Pourtant, longtemps, les travaux sur Napoléon se sont contentés de signaler l'enfance corse pour mieux l'oublier ensuite, comme si ces années de jeunesse n'avaient en rien marqué la vie et la pensée de l'Empereur des Français. Or comme l'écrit Jean Tulard, dans son avant-propos, "on ne peut comprendre la personnalité de Napoléon si on le coupe de ses origines". Explorer le contexte politique de l'île à l'époque, ressusciter les mentalités du temps, ou bien encore analyser les coutumes ancestrales, tel est l'objet de ce livre, qui nous permet de comprendre comment s'est formé le génie napoléonien. C'est également l'occasion de redonner toute sa place et son importance à Letizia Bonaparte, "madame Mère", dont Napoléon disait qu'il lui devait toute sa fortune et tout ce qu'il avait fait de bien...
La société de l'Ancien Régime - et particulièrement celle du XVIIe siècle - nous est aujourd'hui à peu près aussi exotique que celle de l'Antiquité classique ou de l'Amérique précolombienne... Nous avons d'elle une vision figée par les trois siècles qui nous en séparent, et longtemps une lecture idéologique du passé de la France a stérilisé les recherches des historiens. Il n'en va heureusement plus ainsi de nos jours, car de nombreux travaux d'érudition ont fait "bouger les lignes": les synthèses deviennent possibles. De cette "société d'ordres" - et en aucun cas de classes! - Michel Vergé-Franceschi dresse ici un tableau complet et vivant, l'analysant sous un triple prisme: celui de la tradition (avec ses charges de grand veneur, grand louvetier, grand fauconnier, etc.); celui de l'innovation (avec par exemple ses chirurgiens qui ne sont plus barbiers, ses ingénieurs, ses officiers de marine...), enfin celui de l'ouverture, car, sous louis XIV, et contrairement aux idées reçues, un fils de pêcheur illettré peut devenir officier général (Jean Bart), le descendant de simples artisans champenois ministre (Colbert), le rejeton de grenetiers au grenier à sel chanceliers de France et gardes des Sceaux (les d'Aligre père et fils), etc. Pour reposer sur des fondements radicalement différents de ceux que nous connaissons, la société française du XVIIe siècle n'en a pas moins été, à sa manière, une société ouverte.